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Tuxedomoon: "Half Mute"

Tuxedomoon: "Half Mute"

Artiste : Tuxedomoon

Éditeur : Ralph Records

Année : 1980

Lancé dans l'arène post-punk par une première partie de Devo et un formidable single épileptique ("No Tears"), Tuxedomoon avait sans doute à l'époque des relents de 'the next big thing' commercial. Mais c'était mal connaître nos californiens savants, rapidement signés après deux EP sur le label des Residents, Ralph. Ne dépareillant pas de la production avant-gardiste du label, Tuxedomoon offre sur son premier album une musique expérimentale où jazz et electronique se mélangent allègrement, l'atelier est de mise (les 80's so "Dark) = hangar désaffecté. Froid et urbain tel que pouvait l'être la trilogie berlinoise de Bowie, Half Mute sera disque de chevet idéal pour le dépressif (qui aime se faire "ce" mal) ou fêtard robotique. Et oui, malgré des ambitions estampillées avant-gardistes, Half Mute a su donner (et encore) l'envie sur au moins sa moitié de sortir ses fesses du bon canapé. Evident sur "What's Use" mais on peut aussi se trémousser au rythme du violon échappé d'une caravane tzigane de "Volo Vivace" ou sur le beat hip-hop de "59 To 1". Croisement hirsute, entre le funk saccadé de James Chance et Grandmaster Flash, quoique ce "59 To 1" contient sans doute la meilleure réplique qu'un chômeur de longue durée décomplexé pourra tenir devant les fiers stakhanovistes qui se sont fortifiés, imposés même reproduits, depuis :

'No I don't work, I don't want to get a job you kidding? / Look there's two reasons why people work / One, to take their minds off the frightening possibility of / What they would do with all their free time if they weren't working and two / To buy enought things to keep their minds / Off the frightening possibility of what they do if they weren't working..."

Capable de paroles foutrement intelligentes, Tuxedomoon préfère cependant s'en passer, une bonne part des morceaux d'Half Mute étant instrumentaux. Notamment ces compos à la beauté lugubre qui font rencontrer dans une rue poisseuse Miles Davis et Brian Eno ("Nazca", "Filfth Column").

Premier album parfait et qui, bien que marqué par le son d'une époque, pionnière de l' électro, défricheuse, riche en thèmes, n'a absolument rien perdu de son étrangeté fascinante.

Chronique inspirée par Sirius via Silence.net:

http://www.xsilence.net/disque-5420.htm

A découvrir par ICI, (en passant sur la pub, of course)

Publié dans Electrophone | Lien permanent