20 septembre 2009
Schizophonie
Sachant que le préfixe grec "schizo" veut dire, fendre, séparer, et que "phôné" signifie voix (en grec), la schizophonie serait selon RAYMOND MURRAY SCHAFER, la séparation d'un son original de sa transmission ou de sa reproduction acoustique. Au départ, chaque son étant original, il ne se reproduisait qu'à un seul moment et dans un seul lieu à la fois, indissolublement lié au mécanisme qui le produisait. La voix humaine ne voyageait pas plus loin qu'à la limite permise du cri. Les sons impossibles à reproduire étaient uniques, inimitables. Ils pouvaient se ressembler comme les phonèmes d'un mot que l'on répète mais n'étaient jamais identiques. La preuve a été faite de l'impossibilité physique pour l'être le plus rationnel et le plus réfléchi à reproduire un seul phonème de son propre nom deux fois de la même manière, (si vous en doutez, mettez-vous à l'épreuve d'essayer, si un seul d'entre vous y parvient, je brûle ce blog et rejoins les bénédictine de Chantelle). Depuis l'invention des techniques électroacoustiques de transmission et de conservation, tout son, si infime soit il, peut être envoyé dans tous les coins du monde ou gardé sur un disque, bande magnétiques, fichiers son, etc... Nous avons dissocié le son de sa source, nous l'avons arraché à son orbite naturelle. Nous lui avons donné une existence amplifiée et indépendante. Le son de la voix par exemple, n'est plus lié à une cavité du crâne, il est bien libre de surgir de n'importe où dans le paysage sonore. Il peut jaillir de millions d'orifices dans des millions de lieux publics ou privés, ou être conservé en vue d'une diffusion postérieure.
"Nous n'aurions pas conquis l'Allemagne sans [...] le haut-parleur", écrivait HITLER en 1938. Nous savons aussi que l'expansion territoriale des sons post-industriels a servi les "ambitions impérialistes des nations occidentales". Le haut-parleur fût aussi, une invention impérialiste, car il répond au désir des autres par la voix. Tout comme le cri est porteur de détresse, le haut-parleur peut aussi communiquer l'angoisse. Je n'ose pas évoquer en détail, ce que les futurs paysages (impérialistes ?) nous réservent, encore une idée piquée aux artistes, sans vouloir jouer les rabats-joie, je me demande ce que ceci donnerait soudain multiplié à l'échelle d'une ville et toujours du point de vue du récepteur parcourant son paysage sonore... (So funny vraiment ?).
R. MURRAY SCHAFER, compositeur canadien né en 1933 (ne pas confondre avec Pierre SCHAEFFER), a publié en 1977 (Paru en 79 en France), un ouvrage "Le paysage sonore", (Original :"The tuning of the world"), où il développe ce concept de "paysage sonore" (ou "Soundscape"), c'est là que se lit aussi pour la première fois ce terme de "Schizophonie" : "En forgeant ce thème de "schizophonie", j'ai voulu souligner le caractère pathologique du phénomène voisin de schizophrénie, je le chargeais même du sens d'aberration et de coupure de la réalité, en fait le massacre opéré par les gadgets Hi-fi, non seulement contribue à aggraver le problème Lo-fi mais crée un paysage sonore synthétique dans lequel les sons naturels sont de plus en plus remplacés par des sons artficiels et où les signaux qui ponctuent la vie moderne ne sont plus que des substituts fabriqués par des machines"...
Nota : Evidemment ce texte écrit en 1977, 78 pourrait encore se discutter, ou plus précisément s'ajuster en 2009, où l'environnement sonore s'est peut être encore densifié (tout autant que la schizophonie ? Question.). Par ailleurs, R.MURRAY SCHAFER, qui composa et enseigna, pût aussi mettre sur pied fin des années 60, (grâce à des subventions de l'UNESCO et de la Donner Canadian Fondation) : le "World Soundcape Project", un projet mondial d'environnement sonore, (rattaché à l'université Simon Fraser) consacré à l'étude des rapports de l'être humain avec son environnement acoustique. Ce nom même de "World Soundscape Project", résume à lui seul l'idée qui est au centre du projet : en dehors de nos sens, un "paysage sonore", n'a pas plus de réalité ontologique qu'un paysage "classique", mais le terme permet de désigner la façon dont les êtres perçoivent leur environnement. En tant que récepteur, il est admis que les individus agissent sur les sons " On part du principe que les individus agissent sur les sons dès qu'ils pénètrent dans un espace donné. Produit par l'homme le paysage sonore est la manifestation acoustique du lieu. Les empreintes sonores, analogues aux particularités d'un paysage sont des objets sonores uniques bien localisés. L'objet sonore fût bien décrit par Pierre SCHAEFFER comme "Un objet auquel peuvent s'appliquer nos sens et non un objet mathématique ou électroacoustique à synthétiser". Il s'agit de la plus petite particule autonome du paysage... mais de cela, je parlerai peut être un autre (certain) jour....
Source : R. MURRAY SCHAFER : "Le paysage sonore". Editions J.C Lattès. 1979.
A écouter sur Arte radio : "Une rue à l'oreille de MURRAY SCHAFER" (de Anthony Carcone) où le compositeur M.S. commente le paysage sonore d'une rue parisienne, en ambiance et en anglais : http://www.arteradio.com/son.html?22427
Photo : Paradoxe de la schizophonie: le piano muet de l'avenue Salengro, tandis que partout les rues et les murs bruitent... Vu à Villeurbanne en Septembre 2009. © Frb.
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02 août 2009
L'heure du thé
06:23 Publié dans Art contemporain sauvage, Balades, Ciels, De la musique avant toute chose, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (16) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : bleu, couleur, été, variations, l'heure du thé, ondoiements, lac, reflets, ciel, tryptique, musique, mrcien
01 août 2009
Billet d'août
L’étang reflète,
Profond miroir,
La silhouette du saule noir
Où le vent pleure...
Rêvons, c’est l’heure.
PAUL VERLAINE. Extr : "La lune blanche" in "La bonne chanson".
Si vous avez loupé l’épisode précédent...
Les vingt et une pièces qui composent "la bonne chanson" ont été spécialement composées pour Mathilde MAUTE DE FLEURVILLE avec laquelle VERLAINE vient juste de se fiancer. Une jeune fille âgée de seize ans, bourgeoise, naïve, pas spécialement attirée par la poésie, mais qui lit les poèmes de son bien-aimé avec les yeux de l’Amour. Aussi déclare-t-elle : "qu’ils sont peut-être... Trop forts pour elle". De crainte de ne pas être bien compris par sa jeune fiancée, le poète va amener tout son style à une plus grande simplicité. Certains critiques ne liront dans "la bonne chanson", qu’une simplification, un art de la rime banale, très "en deça", sur le plan strictement poètique, des recueils précédents. Il faut dire que "La bonne chanson" paraît en 1870 , après "les Poèmes Saturniens" ( 1866) : des "eaux fortes" ou tableaux, dans le goût du Parnasse, et les "Fêtes galantes" (1869) : vingt deux poèmes inspirés de WATTEAU évoquant les plaisirs élégants d'une société frivole. Mais dans "La bonne chanson" le message est sincère, l’Amour vient... Ce n’est pas un rêve ! VERLAINE, clame tout son bonheur, imagine une vie conjugale rien que tranquille :
Le foyer, la lueur étroite de la lampe ;
La rêverie avec le doigt contre la tempe
Et les yeux se perdant parmi les yeux aimés ;
L’heure du thé fumant et les livres fermés ;
La douceur de sentir la fin de la soirée [...]
VERLAINE souhaite ardemment chasser les forces maléfiques qui tentent sa chair, tourmentent son âme (l’alcool, son attirance pour les jeunes garçons). La destinée maudite l’emportera sur cette simple vie d'homme, sur l'harmonie d'un couple si tendrement rêvé . La trop jeune et fraîche Mathilde, dans l’innocence de ses seize ans ne saura pas apaiser les tourments de son fiancé, ni le protéger. L'illusion se délitera. Mais "La bonne chanson" joue encore les sons de la balade. L' Amour se voue à l’heure exquise, porte son chant à l'élément. Tandis que, pas très loin, la silhouette sombre d'un saule annonce le déclin. La belle saison s'étire encore un peu dans les reflets. Quelquechose doute...
Photo : Fin d'après-midi aux reflets de l'étang des clefs, à l'ombre d'un arbre (plus ou moins saule) qui augure majestueusement premier billet d'Août 2009. © Frb.
18:08 Publié dans A tribute to, Balades, De la musique avant toute chose, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (10) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : paul verlaine, la bonne chanson, août, saisons, rêverie, amour, flots, sérénité, étang des clefs, ombres, clarté, poésie, recueil
23 juillet 2009
Tulipia Pliasantae
Nous vînmes au jardin fleuri pour la cueillette.
Belle, sais-tu combien de fleurs, de roses-thé,
Roses pâles d'amour qui couronnent ta tête,
S'effeuillent chaque été ?
Guillaume APOLLINAIRE (1880-1918). Extr. "La cueillette" tirée du recueil "Il y a".
Elle ne sait pas, la belle ! elle qui croit que la pluie la visite chaque soir et se plaît à orner sa tête de perles rares, celles dont personne n'a pu arracher le secret, ni rouler dans ses mains pour en faire des colliers. Elle qui n'a pour couronne qu'un peu d'eau chaque soir que le jardinier porte dans un grand arrosoir. Elle qui croit qu'il l'adore au point de la couvrir de ces diamants bizarres, tandis qu'il est payé pour lui donner à boire.
Des pétales de rose ont chu dans le chemin.
Ô Belle, cueille-les, puisque nos fleurs de rêve
Se faneront demain !
C'est ce qu'on dit au jardin... Elle qui ne cueille rien. Elle qui croit à demain, elle qui n'entend pas le jardinier qui vient, avec ses gants de jardin, une bêche, un sécateur.
Et les fleurs vont mourir dans la chambre profane.
Nos roses tour à tour effeuillent leur douleur.
Belle, sanglote un peu... Chaque fleur qui se fane,
C'est un amour qui meurt !
The ZOMBIES : "Summertime"
Photo: Les sanglots de la Tulipia pliasantae vue dans le Nabirosina en Juillet 2009. © Frb.
note du lecteur : - Comment ? des tulipes au jardin ? en plein mois de Juillet mais...
Réponse de la cueilleuse: - Y'a pas de mais ! des tulipes en Juillet. C'est comme ça. A prendre ou à laisser...
04:51 Publié dans ???????????, Balades, De la musique avant toute chose, De visu, Impromptus, Le vieux Monde, Mémoire collective, Parlez vous Charmillon ? | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fleurs, apollinaire, la cueillette, poésie, tulipe, roses, temps, briéveté de la vie, mélancolioe, mélancolie, nabirosina, illusion, plaisance
15 juin 2009
Ou finalement ça ...
Le plan d'une ville bluesée ( par HOZAN KEBO, coloriste)
"Victoire du Blues par K.O."
La couleur prend le son... De dessous les pavés, monte la sueur du blues.
VERA HALL : "Natural blues" / ("Trouble so hard")

Photo : "Sound and vision". Radicale Hozanisation du plan de St Jean. Juin 2009. Conception : (HK/ LR).
16:02 Publié dans Art contemporain sauvage, De la musique avant toute chose, De visu, Impromptus, Le nouveau Monde, Mémoire collective, Tapis rouge ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : hozan kebo, intervention, blues, impromptus, couleur, son, musique, blue is the color, vera hall, tapis rouge, tapis bleu, pavés, transformation
05 mai 2009
En effeuillant les Contrerimes...
A un aimable aimant rire seul ou accompagné, et que le "Dieu Dindon" tient doucement son son aile.
Les ponts s'effondrent tous
au cri du paon qui pond
Et les pans de ponts
transforment les rivières
Aux lacs des lacs
meurent les paons
Enlisés dans la gomme laque
ROBERT DESNOS. Extr. "Blanc seing" in "corps et biens". Ed. Gallimard 1953
En parcourant le beau domaine dit "Vaste blogue", j'y ai retrouvé un ami PAUL-JEAN TOULET, qu'un autre ami, (TANGYU, pour ne pas le nommer, même si on rend à CESAR...) avait croqué, par une drôle de coïncidence en flagrant délit de dindons et de paons (par contrerimes, dite XIV.) Lisez plutôt:
http://tangleding.hautetfort.com/archive/2009/04/09/paul-...
Le lecteur assidu aura remarqué en cette ère où doucement le charmillon glisse son vecheu sur la guanle de toute la naplète, une volonté dans l'air du temps à rendre au dandinnant dindon ses lettres de noblesse, inspiré par le même TANGYU, le parti du dindon allait d'un pas tranquille balayer le règne du paon...
Pour mémoire (Vraiment, on ne s'en lasse pas, à ne pas foncondre avec le très livian "où sont les Femmes" du très livian Taprick VUJET)
http://tangleding.hautetfort.com/archive/2009/03/22/ou-vo...
Autre coïncidence en écho au bellit du blone ima Guytan : le poème de DESNOS, que je silais reseine dans la mare de motré m'anemant à la monsai où vougerne en rytan chornophage, une biadolique déesse ailes... DESNOS non dindonnant n'a d'yeux que pour le paon, et, cassant un brin le rêve de la roue, puis de l'étrange chant "Léon" ; il nous livre un paon sans mystère, pas plus malin qu'une poule, mais dont personnellement je n'ai jamais vu les oeufs (au rayon produits frais de l'Hyper-Rion de Nyol, ni dans aucun charmé ). Faites l'expérience, demandez aux vendeuses où se trouvent les oeufs de paon vous nous en donnerez des nouvelles. Et pourtant R.DESNOS l'écrit en toutes lettres "les pans de ponts transforment les rivières" quand le paon pond.
Les poites sont des oiseaux berelles comme l'Aroum. Les sumiciens aussi, J'espère que la lecture (pomcarative, bien rûs !) des 2 poèmes lovatiles vous aura tout à fait convaincus. Et piuqsue tout finit par des sanchons, je vous propose de soupper le bonchou, avec deux versions qui vous feront mieux distinguer la différence entre les dindons et les paons et ainsi beni pomcrendre quourpoi nous préférons aux paons les laveureux dindons...
Version d'une vermeilleuse et ullistre dindonne: Ramia LLACAS tanchant ZIBET pour le plisiar des tepits et des drangs:
http://www.youtube.com/watch?v=lspRhX5Vhhg
Version très paon, ou paonne, de dame de Ficilety TOLT tanchant l'égélant Edran Magesset (de l'école sans fraises d'orépettes calssiques s'il vous plaît ! veler de reaudix, atontien les roseilles ! Quand la paonne pond les ponts baillent aux croneilles...
http://www.youtube.com/watch?v=KknI0Wlt3r8
Topho: Rame aux dindons (et aux cranads), avec sa remmocandatoin. Les paons sont dans la gamme loque... Rame pemtêtueuse vatrersée en braque, au parc de la Tordette à Gnyol. Le 50 ami 9020. © Rfb
04:48 Publié dans A tribute to, Balades, De la musique avant toute chose, De visu, Impromptus, Le vieux Monde, Mémoire collective, Parlez vous Charmillon ? | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dindons, paons, vaste blogue, paul-jean toulet, robert desnos, poésie, ballade, balade, charmillon, parc de la tête d'or, musique, oiseau rebelle, impromptus
14 avril 2009
Ici bas...
"En pleine mer
Vers les quatre-vingts îles
A la rame je vogue.
Dites le au pays,
Bateaux de pêcheurs !"
ONO NO TAKAMURA (802-852) in "Anthologie de la poésie japonaise classique". Ed. Poésie/ Gallimard. Unesco 1971.
Un peu plus intimiste que le lac de LAMARTINE, beaucoup plus chatoyant que l'étang de Montrouan, voici un coin gentil où j'ai choisi de vivre. Sur ma barque, au printemps...
Gabriel Fauré "Ici bas" op 8 N° 3
Photo : Parc de la tête d'Or. Entre la grande allée pas si loin de la roseraie, et le lac romantique (celui de Lamartine) juste un petit chemin sous les ombrages, avec vue sur le pacifique. Lyon. Avril 2009. © Frb
04:13 Publié dans A tribute to, Balades, De la musique avant toute chose, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : parc de la tête d'or, lyon, rives, gabriel fauré, poésie, ono no takamura, ballade, tranquillité, eaux, chemins, mélodie française, nature, printemps
05 avril 2009
Before my birth
COMME UN DIMANCHE AU XV em SIECLE ET AILLEURS...
"Enfin je puis quitter ce pays plein de bruit.
D'innombrables fouets claquent, parfois seuls, parfois tous ensembles. Ils claquent jour et nuit.
Un vent furieux souffle sans cesse et fait battre la grandiloquence des drapeaux et des fanions du pays qui portent des crécelles.
A tout cela s'ajoute encore l'étrange habitude de faire éclater constamment d'énormes sacs gonflés d'air à craquer. Avec des borborygmes incongrus le vent se décharge des sacs qui se déchirent en chiffons
Comment suis-je donc venu dans ce pays niais, tapageur ?
Je franchis la frontière, accompagné de chants stupides, déclamatoires.
Je cours. Enfin je pénètre dans le loin, dans l'insonore bleu des nostalgies."
JEAN ARP (1886-1966) in "Jours effeuillés" 1938. Editions Gallimard 1966
Effeuillage des jours au bleu de science silencieuse. Tel est le paradoxe de Jean dont le nom fait encore écho aux couleurs qui se pincent du bout des doigts.
Et l'insonore des nostalgies se glissera dans le bruit... Tel le "Lux Aeterna" du "Requiem" de Michel CHION ...
Blues éternel des esplanades vides, fondu sur les maisons où jadis, de bruyantes machines remontaient le temps à coups de manivelle...
Photo : Des ombres noires du XVem siècle coupent et collent les "ciels", pas très loin de la tour de Charles le Téméraire où le silence, pèse encore de sa terrible histoire. Tapage qui ne se dit. Quand le bleu qui revient nous mène après la course, au seuil de l'horizon, où commence l'endroit, qu'ARP nomme : "dans le loin"...
Et sur la balustrade, comme une peau de chagrin, je reconnais, plus près, (mais toujours "dans le loin"), cette chose oubliée il y a tant d'années : mon petit sac à main dont j'ai perdu le son.
Vu à Charolles. En avril 2008.© Frb
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17 mars 2009
Prélude
" La beauté du prélude, chez les plus grands auteurs, (Fauré, Debussy) est que justement, il ne prélude à rien, se suffit à lui même c'est une forme brève, qui ne s'impose pas à l'oreille, mais propose ses finesses, ses hésitations, ses nuances, inépuisablement..."
STEPHANE AUDEGUY. Extr. "Préludes" in "Petit éloge de la douceur". Editions Gallimard 2007
De retour du "charmé", rencontre inattendue avec un tout petit buisson; déjà les fleurs ? Et je me suis glissée dans cette jungle d'or en songeant au poème de S.Mallarmé, à ce point toujours flou où se meuvent les désirs d'un faune dans la chaleur d'un bel après-midi... (Non, pas d'été !)
"Ô bords siciliens d’un calme marécage
Qu’à l’envi des soleils ma vanité saccage,
Tacites sous les fleurs d’étincelles, CONTEZ (...)"
200 milliards d'étoiles ouvrent un livre : 110 alexandrins illustrés par MANET. Mis en musique par DEBUSSY...
Une clef. Combien de notes ?
http://www.mallarme.net/site/Mallarme/LApresMidiDUnFaune
chorégraphiés par V. NIJINSKI. Le tout dans l'effeuillage :
http://www.dailymotion.com/video/x7vxa6_nijinsky-lapresmi...
"Ces nymphes, je les veux perpétuer
Si clair,
Leur incarnat léger, qu'il voltige dans l'air
Assoupi de sommeil touffus ..."
Prélude.
Et le N°3, dans l'esprit de FAURE, volant comme un pollen...(un poème, j'veux dire!)
http://www.youtube.com/watch?v=oDwElky0Adc
Doux préludes.
Photo : Les premiers "Mimosas de Lyon" (toujours imités, jamais égalés), cueillis rue Denfert-Rochereau pas très loin d'une auberge nommée "Les enfants du Paradis", à deux pas de la Tabareau. Des fleurs, des feuilles et puis des branches. Il y a des jours presque parfaits où tout est luxe, calme, etc... Vu à Lyon sur la colline travailleuse le 17 mars 2009. © Frb
04:37 Publié dans A tribute to, Balades, De la musique avant toute chose, De visu, Impromptus, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (17) | Envoyer cette note | Tags : prélude, fleurs, printemps, debussy, nijinsky, fauré, colline, jaune, couleur, stephane audeguy, douceur, ballade, lyon
14 mars 2009
Madame rêvait
ALAIN BASHUNG : 1947-2009
Merci à lui...
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