25.11.2008
La fille qui venait du froid
Un an après la mort de Fred CHICHIN, son compagnon, à la ville comme à la scène, l'autre Rita MITSOUKO revient. Le rythme à cran vissé dans la musique, elle remonte seule sur scène (24 novembre, hier à a Cigale, un jour avant la ste Catherine), elle sort deux disques, et en prépare un autre. Total respect pour une artiste dont on savait, au fond que la mort ne l'assassinerait pas.
Il y a un an, Catherine RINGER perdait sa moitié, Fred CHICHIN emporté par un cancer foudroyant à l'âge de 53 ans. Avec lui, disparaissaient les Rita MITSOUKO, pas leur voix, mais Fred, l'élément discret (guitare, compo, arrangements) qui n'était pas pour autant le moins présent. En mars, la chanteuse, bouleversée, confiait officiellement à la presse, son envie de continuer. Elle le fît lors de concerts magnifiques jusqu'à la fin juillet, qui font l'objet d'un album live sorti hier. Live = vivant. Tout est là...
La vie, rien d'autre... Après la disparition de Fred CHICHIN, Catherine RINGER entama des répétitions difficiles, elle perdit un temps la voix et même si elle avait déjà joué seule, avec son groupe, quand Fred trop malade, ne pouvait plus se produire sur scène, elle eût besoin de toute l'énergie du groupe pour ne pas arrêter. Après la mort de Fred, beaucoup pensèrent que c'était la fin des "Rita". C'est mal connaître Catherine RINGER qui décida de se tourner vers l'avenir et de défendre à nouveau les chansons jouées et crées à deux. Au début des premiers concerts sans Fred, C. RINGER se confia un peu à la presse : "Même pour le public, il y avait quelquechose d'émouvant tant Fred Chichin "brillait" par son absence"... Mais il fallait aussi passer à autre chose, rire, jouer avec ceux qui formaient encore le groupe. Le public soutint Catherine, fervent, ému, partageant cette intimité, ce retour endeuillé, une tendresse qui était déjà là, et que la mort de Fred accentua. "J'ai fait mon deuil avec le public" (sic) C. RINGER, " pas comme une thérapie, juste pour continuer, (...) "pour moi les artistes ne sont pas là pour raconter à tout le monde leurs journaux intimes ou il faut que cela amène quelque chose de beau à partager" C.R.
Plus tard, Catherine s'est remise au travail. Le producteur américain du dernier album: Mark PLATI, (également producteur de D.BOWIE) lui a demandé si elle désirait encore faire de la musique, poursuivre les compositions. banco! et, à deux, ils se remirent à écrire de nouvelles chansons. Parfois elle faisait un texte, lui, la musique, parfois Catherine travaillait seule. "on improvisait dans le jardin et puis on enregistrait dans le studio avec la guitare, basse batterie". Six chansons en sont sorties dans l'esprit du dernier album. Catherine en tournée s'est également remise à composer.
"J'ai l'impression que quand on connaît la mort de près, cela redonne un amour de la vie, on parle beaucoup d'aller à l'essentiel, de ne pas perdre son temps. Depuis la mort de Fred, je suis dans l'urgence, après être tombée, je suis remontée, fière de ce qu'on a construit, de ce que Fred a fait, de tout ce qu'il m'a appris, je me sens beaucoup plus forte aujourd'hui pour aborder la situation. Je suis contente de vivre."
De la part de quelque autre artiste, tout cela ne laisserait pas grand chose... Mais voilà, C. RINGER force l'admiration et le mouvement perpétuel de son talent à fleur de peau, nous glisse toujours un peu dans le satin de Marcia, dans l'ironie des histoire d'A. et la poésie tragique "du petit train". Catherine RINGER est une belle une très belle artiste. Par delà Fred et les Rita il y a la musique... Après quoi tout vivra.
A écouter: Le premier titre extrait de la galette : "Rendez-vous avec moi-même" et à puis l'intérieur, toujours les chers succès, tels "les histoires d'A." "Andy" ou "Marcia baila" ou d'autres moins connus tous envoûtants. Histoire a suivre. Nous suivrons coeur battant...
Photo: Sur les murs de la ville. Affiche du retour des Rita alone. Novembre 2008 ©.
Hommage: EXTR de "SOIGNE TA DROITE" de JL GODARD avec les RITA MITSOUKO
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21.11.2008
Drôle de bête, drôles de gens ...
" Les affiches se fichent de toi... "
Blaise CENDRARS (Nov 1916) - Extr: "Académie Médrano" in "19 poèmes élastiques". "Du monde entier/au coeur du monde". Editions Gallimard 1967.

A l'origine le poème "Académie Médrano" (dont est extraite cette courte phrase), fût dédié à Conrad MORICAND CLICK astrologue d'origine suisse, qui fût un des amis de B.CENDRARS, rencontré à Montparnasse. C.MORICAND écrivit quelques ouvrages : "Les interprètes"(1919), " Miroir d'astrologie" (1928) dont il publiera une nouvelle édition sous le pseudonyme de Claude VALENCE avec Max JACOB (Gallimard 1949). On trouve aussi dans ses "Portraits astrologiques" aux éditions du Sans pareil (1930) celui de B. CENDRARS. MORICAND et CENDRARS se brouillèrent en 1930. En 1947, MORICAND, toujours sans le sou est invité à Big Sur en californie, chez Henry MILLER qui décrira férocement son hôte sous le nom de "TERICAND" dans "Un diable au Paradis" en 1956 CLICK . Histoire à suivre ...
Photo : Affichage sauvage et sourire de la bête, vus, Montée de la grande Côte à Lyon sur les pentes de la Croix-Rousse. Novembre 2008 ©.
19:38 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : affiches, blaise cendrars, conrad moricand, littérature, citation; henry miller, murs
20.11.2008
Où est la rose ?
La rose est dans sa chambre. Elle ne veut plus se souvenir...
La rose n'ayant pas toujours été celle que l'on sait aujourd'hui: Petit rappel de mémoire :ICI
19:55 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, De visu, Impromptus, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : enseigne, rue, réséda, mémoire, double sens, louis aragon, la rose et le réséda
15.11.2008
Parti parti
"(...) Nous aurons tellement besoin les uns des autres que nous finirons bien par nous aimer un tout petit peu…"
Ségolène ROYAL : Congrès de Reims, 15 Novembre 2008.

En dépit de l'apostolat, à méditer le charme qui vacille de ce : "un tout petit peu"...
Photo : La "France plus juste", quelques mois après l'élection présidentielle de 2007 (qui a donné ce qu'on sait). Vestiges (prémonitoires?), idéaux déchirés, miettes de l'unité, et chocolats glacés emportés par le vent. Vus à Villeurbanne en novembre 2007.
23:50 Publié dans Affiches,panneaux,vitrines, De visu, Mémoire collective, Pépites | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : politique, ségolène royale, pépite, parti, parti socialiste français, déchirer, opposition
11.11.2008
Chez Albert ( tête à l'envers )
Albert va mal. "Glacé comme un marron", nous dit LA DAME DE L'EVENTAIL. Et si, pour consoler Albert, nous l'invitions au restaurant ?
J'ai testé pour vous, il y quelques temps, le restaurant Albert qui se trouve 10, place Fernand Rey à Lyon (pas loin de la place Sathonay ). Je n'ai ni actions, ni ronds de serviette à mon nom chez monsieur Albert, mais je sais qu'on y est cordialement reçu, et qu'on y mange très bien . Avec un tel prénom à l'enseigne, on s'attendrait plutôt au rituel bouchon, sa quenelle, son clapion, que nenni, mes amis, c'est du chic et de l'invention, mais du chic des plus décontracts, de la fraîche cuisine aux petits oignons. De préférence, pour les fauchés, il vaut mieux se faire inviter, le menu est sûrement aujourd'hui à plus de 30 euros, mais ce bon Albert Thibaudet en serait ressucité dès le premier apéro, ensuite tout va très bien jusqu'au café + digestifs, c'est loin d'être "la fin des haricots". Enfin, je suppose car, pour tout dire, je ne me souviens plus du tout du menu, je n'y ai pas touché. L'invitation m'était venue d'un monsieur si beau et si interessant, (un certain Jean, avec un visage de voyou au regard tendre et bleu), que j'en oubliais de manger... (Lui aussi d'ailleurs il me semble, sans vouloir me vanter) - Tout devient si troublant dès qu'on entre dans ce restaurant - C'est là entre deux petites grenouilles sur leur nid de pommes sautées (Albert va me tuer, je sens, pardon monsieur le restaurateur) que le Jean mystérieux, au velours capiteux, me dit d'une voix très assurée: "T'as de beaux yeux tu sais !". Alors évidemment dans ce cas de boniment, il y a pour les dames une réponse toute trouvée qu'on n'hésite pas à dire deux fois de peur que le monsieur n'ait pas bien entendu ... Hors d'oeuvres et plats du jour, le tout à l'avenant. Un grand classique du genre ! ( Heureusement, qu'un ami caché derrière un miroir sans tain avait filmé la scène de mon premier bout de chemin avec Jean, (grâce à la fonction vidéo de son téléphone portable). Comme ça je peux vous la montrer, de l'extime! rien que la vérité. Il est des jours où la vie est un roman qu'on peut se repasser en boucle ad vitam eternam, il est des soirs où ma ville retrouve ses brumes... CLICK HERE
23:05 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, De visu, Impromptus, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : restaurant, albert, impromptus, façades, lyon, film, quais des brumes
07.11.2008
No chemins
Toujours sur une palissade, une question. Celle ci étant particulièrement tarabiscotée, on peut toujours essayer de la relire, à l'endroit, à l'envers, et d'y répondre, encore faudrait-il savoir d'où viennent "les chemins sans fin qui ne mènent pas " et à quoi ils ne mènent pas. Je compte sur le lecteur charitable pour s'essayer à l'exercice de style. La vérité étant toujours derrière la palissade... Il faudra de bonnes âmes, des têtes bien faites et des gros bras. Le premier qui trouvera, gagnera la médaille du mérite de CERTAINS JOURS ainsi que les félicitations de la crémière qui lui remettra en personne son gros paquet d'estime, et un bouquet de violettes( si elle en trouve)... Je sens que ce genre de billet s'expose à un bide véritable, mais comme disait Pierre DE COUBERTIN...
Qu'est ce qu'il disait Pierre DE COUBERTIN ?

Ca, c'est la question subsidiaire... Je ramasse dans cinq minutes. Et on ne copie pas sur son voisin !
Photo: Montée de la grande Côte, sur les pentes de la Croix-Rousse à Lyon. Novembre 2008 ©
21:03 Publié dans ???????????, Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note | Tags : graff, palissade, street art, question, de visu, art contemporain sauvage, expression spontanée
06.11.2008
Nous sommes incas... (suite)

Autre fragment d'un vrai travail d'artiste ( à visée éphémère) sur le format géant de la même palissade en bois. Juste à côté (hors champ) clair et cryptés ces trois mots : " Air - Rice - Fur " ...
Photo : Rue de Vauzelles pas très loin du boulevard de la Croix-Rousse à Lyon. Novembre 2008 ©
00:23 Publié dans Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, Arts visuels, De visu, Le nouveau Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : graffs, street art, beaux arts, rue, croix-rousse, incas, art contemporain sauvage
25.10.2008
Tempo fugit...

Le temps agité nous apparaît comme du temps vivant, par opposition au temps lent qui nous semble mort. C'est l'inverse qui est vrai, et nous avons sans doute perdu l'art de faire alterner les deux temps.
Aller plus vite, ce n’est qu’affaire de bonne "gestion" du temps, tous les spécialistes vous le diront. Cours éclairs, séminaires accélérés, livres en gros caractères avec passages clés surlignés, agendas papier ou électroniques pour les plus pros. 10,000 adresses, 3,000 rendez-vous et 400 courriels sans compter les centaines de têtes qu'il faut croiser dont une vingtaine ou plus, à saluer. Combiner, morceller les tâches, déléguer, rediriger... Abrégés, sommaires, résumés, statistiques, narratifs coulés dans le moule des catégories obligées. Gérer le temps c'est jongler. Tout est dans l'art de ne consacrer à l'objet que l'attention nécessaire pour le remettre vite en circulation. Une fois organisés, évitons que les évènements (ou les autres) ne nous désorganisent. Contacts personnels, conversations trop longues, remplaçons! il y a des messageries, des courriels. Evitons les questions ouvertes qui appellent des réponses élaborées. Si quelqu'un nous demande si ça va. répondons que "ça va". Pas la peine nous étendre trop sur le sujet... Essayons de prendre RV pendant le déjeûner, c'est toujours ça de gagné. Après tout, par le passé, presque tous les rois le faisaient, donnant même rendez-vous sur leur chaise percée...
Dans Faster, un livre écrit rapidement, qui traite de la question des méfaits de notre engouement pour la vitesse, en 37 courts chapitres faits pour être parcourus - le mot le dit - à la course, l’auteur, GLEICK, s’amuse de l’étonnement des musiciens contemporains confrontés à ce symbole que les compositeurs classiques aimaient chapeauter d’un point d’orgue: comment, et surtout pourquoi étirer un temps d’arrêt ?
Le présent n’a de sens qu’en rapport avec un idéal, un absolu intemporel. Cet absolu, le ciel étoilé, avec ses lents mouvements réguliers qui toujours recommencent, en fournit le plus ancien modèle; et la première mesure du mouvement comme de la stabilité du temps. C’est aussi le temps de PARMENIDE CLICK où reste suspendue la flèche ailée de ZENON (voire paradoxe de ZENON) qui n’atteindra jamais le but puisqu’elle doit, avant d’arriver, toujours parcourir la moitié de ce qui lui reste à courir et que toute distance peut toujours être divisée par deux. Temps arrêté par la pensée. Silences et points d’orgue: une musique peut-elle faire autre chose que se détacher d’un fond de silence pour y retourner ensuite? Il lui faut pour être, cette trame immobile, ce temps pulsé, bruit de fond de l’univers...
Sources: Notes de lecture: Dominique COLLIN. Extr "Temps mort, temps vivant". Art Web.
00:24 Publié dans Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : temps, vitesse, ville, dominique collin, notes de lecture, parménide, zénon
24.10.2008
Mur vu de dos

Plus raffinée la déchirure corne la peau du mur. De multiples altérations créent sur la pierre, des carrés gris sur fond sablé (Plus proche peut-être, de DUBUFFET que de MALEVITCH "échos carrés", et encore...) A droite le papier remue l'air, un bras lui échappe. Il faut se battre. Rien n'est gagné.
Photo:" Ecorché de mur". Vu Rue Neyret près des anciens bâtiments des Beaux-Arts à Lyon. Octobre 2008.
04:47 Publié dans ???????????, Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : murs, affiche, dos, question, déchirure, papiers collés, lyon
Allez savoir ...
L'extp serait quoi ? ? ?

Vue rue Neyret côté pair à Lyon, sous un porche creusé dans un immeuble, une parfaite déchirure ...
02:36 Publié dans Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, De visu, Le nouveau Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : affiche, murs, de visu, extradiction, affichage sauvage, ville, art visuel




