02.12.2008
Doux oiseaux, fil amant
"Au début des temps, les Hommes et les Animaux utilisaient le même langage"...
"Jeanne Jeannette Ninette nini ninon nichon
Mimi mamour ma poupoule mon Pérou
Dodo dondon
Carotte ma crotte
Chouchou p'tit coeur
Cocotte
Chérie p'tite chèvre
Mon p'tit péché mignon
Concon
Coucou
Elle dort"
BLAISE CENDRARS
Ref: "La prose du Transsibérien et de la petite Jeanne de France" - Dédiée aux musiciens - Poésies complètes - "Du monde entier au coeur du monde"/ Gallimard 2006.
Photo: D'amour tendre, deux oiseaux... vus rue Pierre Blanc, sur les pentes la Croix-Rousse à Lyon. Décembre 2008 ©.
23:16 Publié dans A tribute to, Art contemporain sauvage, Ballades, Ciels, De visu, Impromptus, Mémoire collective, Objets sonores | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : oiseaux, fil, ciel, blaise cendrars, langage, chants d'oiseaux, amants
27.11.2008
Cordes magiques
Bois d'Amour sculpté
D'un phénix d'or qui danse
Les sourcils froncés à chaque syllabe
Elle pince une corde
Elle invite les étoiles et les esprits
A vider coupes et plateaux
Et lorsque mangent les lutins
On tremble et on se tait.
LI-HO (780-816)
Extr: "La montagne vide"
Anthologie de la poésie chinoise III em - XIem siècle. Traduite et présentée par P. CARRE et Z. BIANU. ED. Albin -Michel 1987.

Photo: Branches magiques dans la nuit, rue Denfert-Rochereau sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon. Novembre 2008 ©.
23:40 Publié dans A tribute to, Ballades, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, poésie chinoise, li-ho, la montagne vide, nuit, nature, de visu
Adieux aux cordes magiques
Dans la Montagne au sud
Un cannelier est mort pour toi
Au coeur de ses fleurs,
ta robe de nuées
doucement se rougit.
LI-HO (790-816)
Extr. de "La montagne vide".
Anthologie de la poésie chinoise IIIe et XIem s. Traduite et présentée par P. Carré et Z. Bianu. Albin-Michel 1987.

Photo: Composition sauvage sous l'arbre presque nu. Fleurs et feuilles d'automne, vues dans le jardin d'un presbytère autour d'une petite église de la Croix-Rousse à Lyon. Novembre 2008 ©
21:07 Publié dans A tribute to, Ballades, De visu | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : poésie, adieux, synesthésies, poésie chinoise, li-ho, rêverie, fleurs
26.11.2008
Comme un mercredi de 27 "
22:15 Publié dans A tribute to, De la musique avant toute chose, Impromptus, Le vieux Monde, Mémoire collective, Objets sonores, Pépites | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : voix illustres, certains jours, mercredi, archives, objets sonores, radiophonie
4 ' 33 " forever
"De lui même, le monde est sonore,
Et le vide à jamais silence.
Ce qui se lève au coeur du calme
Au coeur du calme se dissout"
WEI YING-WOU (737-835) : "Le son".
Extr: "La montagne vide"/ Anthologie de la poésie chinoise (III em siècle- XIem siècle.). Traduite et présentée par P. CARRE et Z.BIANU. Editions Albin-Michel (1987)

Lien : JOHN CAGE → 4' 33" : HERE
Antithèse : Noise → HERE
+ Parcours Sonore d'un des plus grand compositeur de paysages sonores contemporain: feu, LUC FERRARI. A Visiter ABSOLUMENT : ICI
Photo: Bruissements sur les flots, de l'étang de Montrouan et clapotis presque inaudibles. 2008 ©.
20:03 Publié dans A tribute to, Ballades, De la musique avant toute chose, De visu, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : le son, poésie, poésie chinoise, wei ying-wou, john cage, 4' 33", luc ferrari
25.11.2008
La fille qui venait du froid
Un an après la mort de Fred CHICHIN, son compagnon, à la ville comme à la scène, l'autre Rita MITSOUKO revient. Le rythme à cran vissé dans la musique, elle remonte seule sur scène (24 novembre, hier à a Cigale, un jour avant la ste Catherine), elle sort deux disques, et en prépare un autre. Total respect pour une artiste dont on savait, au fond que la mort ne l'assassinerait pas.
Il y a un an, Catherine RINGER perdait sa moitié, Fred CHICHIN emporté par un cancer foudroyant à l'âge de 53 ans. Avec lui, disparaissaient les Rita MITSOUKO, pas leur voix, mais Fred, l'élément discret (guitare, compo, arrangements) qui n'était pas pour autant le moins présent. En mars, la chanteuse, bouleversée, confiait officiellement à la presse, son envie de continuer. Elle le fît lors de concerts magnifiques jusqu'à la fin juillet, qui font l'objet d'un album live sorti hier. Live = vivant. Tout est là...
La vie, rien d'autre... Après la disparition de Fred CHICHIN, Catherine RINGER entama des répétitions difficiles, elle perdit un temps la voix et même si elle avait déjà joué seule, avec son groupe, quand Fred trop malade, ne pouvait plus se produire sur scène, elle eût besoin de toute l'énergie du groupe pour ne pas arrêter. Après la mort de Fred, beaucoup pensèrent que c'était la fin des "Rita". C'est mal connaître Catherine RINGER qui décida de se tourner vers l'avenir et de défendre à nouveau les chansons jouées et crées à deux. Au début des premiers concerts sans Fred, C. RINGER se confia un peu à la presse : "Même pour le public, il y avait quelquechose d'émouvant tant Fred Chichin "brillait" par son absence"... Mais il fallait aussi passer à autre chose, rire, jouer avec ceux qui formaient encore le groupe. Le public soutint Catherine, fervent, ému, partageant cette intimité, ce retour endeuillé, une tendresse qui était déjà là, et que la mort de Fred accentua. "J'ai fait mon deuil avec le public" (sic) C. RINGER, " pas comme une thérapie, juste pour continuer, (...) "pour moi les artistes ne sont pas là pour raconter à tout le monde leurs journaux intimes ou il faut que cela amène quelque chose de beau à partager" C.R.
Plus tard, Catherine s'est remise au travail. Le producteur américain du dernier album: Mark PLATI, (également producteur de D.BOWIE) lui a demandé si elle désirait encore faire de la musique, poursuivre les compositions. banco! et, à deux, ils se remirent à écrire de nouvelles chansons. Parfois elle faisait un texte, lui, la musique, parfois Catherine travaillait seule. "on improvisait dans le jardin et puis on enregistrait dans le studio avec la guitare, basse batterie". Six chansons en sont sorties dans l'esprit du dernier album. Catherine en tournée s'est également remise à composer.
"J'ai l'impression que quand on connaît la mort de près, cela redonne un amour de la vie, on parle beaucoup d'aller à l'essentiel, de ne pas perdre son temps. Depuis la mort de Fred, je suis dans l'urgence, après être tombée, je suis remontée, fière de ce qu'on a construit, de ce que Fred a fait, de tout ce qu'il m'a appris, je me sens beaucoup plus forte aujourd'hui pour aborder la situation. Je suis contente de vivre."
De la part de quelque autre artiste, tout cela ne laisserait pas grand chose... Mais voilà, C. RINGER force l'admiration et le mouvement perpétuel de son talent à fleur de peau, nous glisse toujours un peu dans le satin de Marcia, dans l'ironie des histoire d'A. et la poésie tragique "du petit train". Catherine RINGER est une belle une très belle artiste. Par delà Fred et les Rita il y a la musique... Après quoi tout vivra.
A écouter: Le premier titre extrait de la galette : "Rendez-vous avec moi-même" et à puis l'intérieur, toujours les chers succès, tels "les histoires d'A." "Andy" ou "Marcia baila" ou d'autres moins connus tous envoûtants. Histoire a suivre. Nous suivrons coeur battant...
Photo: Sur les murs de la ville. Affiche du retour des Rita alone. Novembre 2008 ©.
Hommage: EXTR de "SOIGNE TA DROITE" de JL GODARD avec les RITA MITSOUKO
21:47 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, De la musique avant toute chose, De visu, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : musique, rock, rita mitsouko, catherine ringer, fred chichin, come back, de visu
22.11.2008
Tandis que nous coulons...
Pris sur le vif, un soir de pluie, à quelques centimètres de la terre ferme, un graff rouge, très héroïque...
Tous les héros savent nager, on le sait bien (sauf peut être "ceusses" en première ligne (d'un parti incertain )... Mais ce ne sont pas tant des héros et nous mettrons ce soir, la tête dans le sable (pour garder notre "ligne ;-) et mieux apprécier près de nous ces "vrais" héros "HAMLET", ou plus étonnamment : Blaise CENDRARS... Nous naviguerons donc hors des cirques et remonterons les flots, tout autant que le cours du temps...
Blaise CENDRARS, en effet, au début du siècle dernier, écrivit dans ses "documentaires" un poème intitulé "JE NAGE" d'une onctueuse limpidité pour un homme qui en avait vu tant. Je ne résiste pas à vous livrer ici cette prose comme un voyage, correspondance vague et poétique à notre graff (sang et eau) "Shakespearien"... Ou, par ce froid, juste peut-être, un ultime supplément d'été avant l'hiver :
" Jusqu'à la ligne
c'était l'hiver
maintenant c'est l'été.
Le commandant a fait installer une piscine
sur le pont supérieur
Je plonge, je nage,
je fais la planche.
Je n'écris plus, il fait bon vivre"
Photo: Rue Denfert-Rochereau sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon. Novembre 2008 ©.
19:01 Publié dans A tribute to, Art contemporain sauvage, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note | Tags : hamlet, nage, graff, de visu, poésie, art contemporain sauvage, étrangeté
21.11.2008
Drôle de bête, drôles de gens ...
" Les affiches se fichent de toi... "
Blaise CENDRARS (Nov 1916) - Extr: "Académie Médrano" in "19 poèmes élastiques". "Du monde entier/au coeur du monde". Editions Gallimard 1967.

A l'origine le poème "Académie Médrano" (dont est extraite cette courte phrase), fût dédié à Conrad MORICAND CLICK astrologue d'origine suisse, qui fût un des amis de B.CENDRARS, rencontré à Montparnasse. C.MORICAND écrivit quelques ouvrages : "Les interprètes"(1919), " Miroir d'astrologie" (1928) dont il publiera une nouvelle édition sous le pseudonyme de Claude VALENCE avec Max JACOB (Gallimard 1949). On trouve aussi dans ses "Portraits astrologiques" aux éditions du Sans pareil (1930) celui de B. CENDRARS. MORICAND et CENDRARS se brouillèrent en 1930. En 1947, MORICAND, toujours sans le sou est invité à Big Sur en californie, chez Henry MILLER qui décrira férocement son hôte sous le nom de "TERICAND" dans "Un diable au Paradis" en 1956 CLICK . Histoire à suivre ...
Photo : Affichage sauvage et sourire de la bête, vus, Montée de la grande Côte à Lyon sur les pentes de la Croix-Rousse. Novembre 2008 ©.
19:38 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : affiches, blaise cendrars, conrad moricand, littérature, citation; henry miller, murs
20.11.2008
Où est la rose ?
La rose est dans sa chambre. Elle ne veut plus se souvenir...
La rose n'ayant pas toujours été celle que l'on sait aujourd'hui: Petit rappel de mémoire :ICI
19:55 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, De visu, Impromptus, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : enseigne, rue, réséda, mémoire, double sens, louis aragon, la rose et le réséda
18.11.2008
voltigeur au rameau
"Je songeais ce matin que j'étais à l'entrée
Du beau verger d'Amour et qu'un désir ardent
me fit entrer au fond où j'allais regardant
cent arbres inconnus en toute autre contrée
Entre autres un rameau d'un fruit d'or se bravait;
tel que l'Hespérien ainsi qu'on dit avait.
Soudain pour le cueillir dessus l'arbre je monte.
Mais une branche alors se rompit dessous moi;
tellement qu'accroché à l'arbre en grand émoi
je béais à ce fruit avecque peine et honte"
Jean GODARD (1564- 1630). Extr: "Anthologie de la poésie amoureuse de l'âge baroque" (1570-1640).
Jean GODARD est un poète satirique et heroïque, auteur dramatique, linguiste et grammairien ("La langue françoise 1620), Jean GODARD, parisien , a laissé outre des "Mélanges", de belles poésies amoureuses: ("Les prémioces de la flore" 1587), et "La Lucresse ou les secondes Amours" dans "oeuves, 1594), influencé par RONSARD, il aime comme lui, les scènes familières, les glissades sur la Seine gelée, une sieste où la belle dévoile quelques charmes CLICK, et il reprend de nombreux thèmes du lyrisme "mignard", mais sa préciosité est toujours tempérée par un léger humour. Ainsi corrige-t-il la mignardise de thème folâtre par une très discrète ouverture aux thèmes baroques. Les métamorphoses, les songes érotiques et leurs images mouvantes, les déguisements qui troublent l'identité sexuelle CLICK , les jeux de reflets et d'échos. Jean GODARD se contente de dire en sourdine, sans jamais hausser le ton, la terreur que suscite parfois Eros et le délicieux rêve de mutilation qui le hante.
Source: "Anthologie de la poésie Amoureuse et baroque " et notes de Gisèle MATHIEU-CASTELLANI. Librairie générale française 1990
Photo: Un peu plus qu'un rameau de feuilles pourpres dans le jardin, qui conduit en haut de l'esplanade à deux pas du plateau de la Croix-Rousse à Lyon. Novembre 2008 ©
22:50 Publié dans A tribute to, Ballades, Ciels, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie baroque, jean godard, amours, nature, notes de lecture, ballades, rêveries





