10 octobre 2009

Excentricité

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Au temps où l'on croyait que la terre était un disque plat, entouré par le ciel à l'horizon, chacun devait imaginer qu'il était le véritable centre du monde. Une certaine résistance s'opposa à l'idée que le centre de la terre pouvait se trouver en un lieu relativement éloigné de nos propres pieds. Aussi les anciens juifs étaient tous persuadés que Jérusalem était le centre de la terre et en situaient le centre exact à l'intérieur du temple. De la même façon, les grecs étaient persuadés que Delphes était le centre de la terre et avaient placé le point central là où la pythie inhalait des vapeurs et proférait des sons incompréhensibles traduits en prophéties. Ce petit jeu dût cesser lorsqu'on comprit que la terre n'était pas plate mais sphérique. Pas exactement sphérique d'ailleurs (mais ne soyons pas mesquins, oublions les accidents de surface, arrondissons...)

Or, nous répète le grand Isaac ASIMOV : "la surface d'une sphère n'a pas de centre, le véritable centre, le centre mort est équidistant de chaque point de la surface, le centre de la terre se trouve à 6371 km de la surface quelque soit l'endroit où vous vous trouvez". (Cette thèse est d'ailleurs contestée ICI, mais soit ! restons dans l'univers du "comme si" et suivons (sans broncher, svp), I. ASIMOV, ce qui nous permettra de passer de la centro-centricité à l'excentricité puisque tel est notre sujet d'aujourd'hui (et d'hier ;-) ...

En considérant que la terre est une sphère et une sphère parfaite et en ignorant donc les renflements équatoriaux et les quelques irrégularités de surface (broutilles!), personne d'entre nous n'est plus proche de ce centre ou plus éloigné qu'un autre, de manière significative. Ainsi conclut (certes un peu cavalièrement) ASIMOV, mais l'idée quoique controversée a le charme d'un monde plus juste et quelque peu réenchanté, je cite :

"Si nous sommes excentriques au sens littéral du terme, nous le sommes tous au même degré"

Source : Isaac ASIMOV : "X comme inconnu". Editions Londreys 1984.

Retour sur Isaac ASIMOV. Revoir "les lois de la robotique" : ICI

Photo : Il est (presque) au milieu. (Comme vous et moi, n'est ce pas ?). Centro centrique mais excentrique quand même, (exactement au même degré, y'a pas de raison ;-) le petit bonhomme des "hauts de Saône", tourne infiniment sur lui même, vu sur un mur, au coeur de la cruci-rousse colline d'où l'on voit par temps clair, un tout autre centre du monde, (chef-lieu de notre beau patois lyonnais entre autres, nombril incontestable des tavernes au Morgon bien chambré), j'ai nommé Vaise, sa Scala, son Hyper-Rion, sa médiathèque, son bric à brac du père Chevrier. etc.. Mais ceci est une histoire qui sera peut être au centre d'un autre certain jour, (si d'aventure, je me risquais à ce très grand voyage) ... Lyon, colline (baladeuse). Octobre 2009. © Frb.

Nota : Pour des raisons évidemment indépendantes de ma volonté (de "connexion instable", dirons nous,) je vous prie de bien vouloir m'excuser de ne pouvoir visiter comme je le souhaiterais vos blogs, ô kamarades ! je fais donc mon possible, en espérant bientôt un retour à des configurations propices...

17 septembre 2009

Le duplex de Malévitch

"J'ai débouché dans le blanc, camarades aviateurs, voguez à ma suite dans l'espace sans fin."

KASIMIR MALEVITCH (1878-1935)

le duplex de malevitch.JPG"Débouché dans le blanc," On a retrouvé MALEVITCH (Kazimir Sévérinovitch exactement). Des signes qui ne trompent pas."Carré noir sur fond blanc", (peint en 1913, montré en 1915), explose l'art ancien. En 1923, MALEVITCH réalise une esquisse de vêtements, conformément à une peinture murale... MALEVITCH écrit :

"L'harmonisation des formes architecturales, quelque style d'architecture industrielle que ce soit [...] exigera le remplacement du mobilier, de la vaisselle, des vêtements, des affiches et des peintures existants. Je prévois que le mouvement de l'architecture va avoir d'une façon significative, une harmonie suprématiste de formes fonctionnelles".

Cet extrait de texte alerta sérieusement les agents d'expertise de la "manufacture art et cycles de certains jours" qui ne mirent pas longtemps à découvrir le "pot aux roses". MALEVITCH était bien vivant. L'artiste, non content d'avoir explosé l'art ancien en 1923, récidivait en 2009, et très insolemment, doublait la mise sous les yeux d'un Emile Zola médusé, quelque part en banlieue entre Gratte-ciel et la Tordette. Tout le monde se souvient (n'est-ce pas ?) qu'en 1925, MALEVITCH s'était mis à construire des "architectons", compositions suprématistes spatiales... Ainsi tout concordait : Le duplex de MALEVITCH constituait bien le chaînon manquant entre "le carré noir sur fond blanc" et les "architectons". Du moins ce fût la conclusion de nos agents d'expertise de la M.A.C.C.J. qui pour en avoir le coeur net, envoyèrent une convocation à Monsieur K. MALEVITCH. On attendit. Monsieur K. MALEVITCH ne se présenta pas. Une enquête de voisinage menée tambour battant par les agents de la cellule de vérification des arts et cycles de certains jours (C.V.A.C.C.J.) ne pût tout à fait obtenir les résultats souhaités. Certains voisins affirmèrent de source sûre, qu'effectivement Monsieur K. MALEVITCH habitait bien ce duplex, d'ailleurs il avait dérangé les gens sous prétexte de petites rénovations sur la façade côté cours. D'autres furent certains qu'ils n'avaient jamais entendu ce nom là. Seul, un psychiatre réputé, l'éminent Docteur S. Drufe vivant dans la maison d'en face, jura sur la tête de sa femme, de sa mère et de ses patients que ce duplex n'existait pas, sinon dans l'esprit dérangé d'un bon nombre de gens. Il fallût donc revérifier. Les contre-experts de la C.V.A.C.C.J. s'invitèrent dans l'appartement du Docteur S. Drufe, et se mirent à la fenêtre avec des téléobjectifs pour tenter d'arracher la preuve que MALEVITCH était vivant et résidait à Villeurbanne. Auquel cas, il faudrait signaler au gouvernement (à monsieur Ribec, particulièrement) l'existence de ce terroriste (afin de vérifier si ses papiers ... enfin bref !). Seulement voilà... Ce que virent les contre-experts s'avèra tout à fait incompréhensible et confirma irréfutablement les arguments du Docteur Drufe : "Le duplex de MALEVITCH" n'existait pas, pas plus que MALEVITCH ne pouvait être vivant. On touchait au néant : "Carré blanc sur fond blanc"...

le duplex de malevitchXX2.JPGLes experts de la C.V.A.C.C.J. ne voulurent pas admettre la vérité qui pourtant résidait dans cette sorte d'énigme dépourvue de paramètres. Cette figure sans trame, ce duplex sans fenêtres qui obsédait, taraudait, désintégrait les hypothèses, posait au milieu des mondes habités un aberrant seïsme d'une puissance de type immobile. Nos contre-experts  pas plus que nos experts, ne pourraient désormais s'arracher de cette surface sans éprouver cette sensation de nudité, ou pire encore la suspicion que ce K. MALEVITCH (bien qu'introuvable), avait pris possession de leurs cerveaux et bientôt attaquerait leurs corps...

Bien calé dans son siège "Colombo", le docteur S. Drufe attendait patiemment que ces messieurs quittent la pièce. Tripotant une statuette ramenée de Laponie par son amie Anna de Sandre, le docteur écoutait. Depuis l'irréfutable surgissement de la preuve, les agents de la cellule de vérification, ne tournaient plus très rond. L'un disait : "Je suis sûr que MALEVITCH habite dans ma tête", un autre complètement fou faisait de grands gestes d'exorcisme en hurlant "Kasimir, je t'en supplie, sors de ce corps". Le docteur Drufe, très intrigué fit parler le troisième: "Mais que ressentez vous, au juste, mon ami, si je puis vous aider ?", l'expert cherchait ses mots, il ne les trouvait plus. Il était sûr que c'était ce MALEVITCH qui les lui avait pris. Il demanda au docteur une dernière petite faveur : "Pourriez vous fermer les rideaux s'il vous plaît ? Ce duplex, vous savez, je ne peux plus le voir en peinture !". (Rire du Dr Drufe) "Ah ! Ah ! en peinture ! non ! ça, mon ami, en peinture, ça ne risque pas !". La nuit tombait, le docteur Drufe savait. Le duplex de MALEVITCH ayant existé dans la tête des messieurs, on ne pourrait plus désormais les persuader du contraire. Ces hommes devraient vivre à jamais avec une idée fixe. Le duplex était un rectangle MALEVITCH l'avait vu carré, déjà à l'origine, tout partait sur de mauvaises bases. Le Docteur caressa sa barbe, une idée formidable se formait dans sa tête. Si le carré était un rectangle, c'est qu'il y avait eu glissement ? A en observer le comportement de ces experts, mis à l'épreuve non d'une réalité, mais de la vérité, le duplex était devenu complexe. Le docteur Drufe eût cette vision furtive, son idée traverserait l'avenir. Il murmura : "Des couilles en or". Il venait de découvrir ce qui bouleverserait irrémédiablement la perception de l'homme du XXIIem siècle et rendrait définitivement muette toute tentative de pouvoir l'expliquer voire même l'analyser. Il sortit un carnet tout neuf, et à la première page nota : "Le complexe de MALEVITCH, chapitre 1". Une nouvelle ère commençait...

En attendant vous pouvez être (do it yourself !) vous mêmes ! un MALEVITCH. (Profitons c'est pas tous les jours !) en cliquant sur ce lien, (architectons, avant qu'il ne soit trop tard, camarades !) : http://www.beamalevich.com/

Photo 1 : Le duplex de MALEVITCH  vu cours Emile Zola, à Villeurbanne en Septembre 2009.

Photo 2 : Le complexe de MALEVITCH  vu le même jour, à la même heure, au même endroit, en Septembre 2009. © Frb.

Terrorisme : un carré blanc colibrisé !

Hozan Kebo vs Malevitch

oh so sorry !!! j'ai pas pu me retenir ! ça a été plus fort que moi ! so sorry so sorry !
mais il fallait que je colibrise ce duplex de Malevitch
il le fallait impérativement

HOZAN KEBO (Lettre du 17/09/2009)

colibri80 copie.jpg

C'est en ces termes que Monsieur HOZAN KEBO, explique son acte dans une lettre adressée à nos services le 17/09/2009 , 21H 35, heure locale, ci-joint un extrait du bulletin quotidien des renseignements généraux.

"Hozan KEBBO plus connus sous le terifiant pseudonymne (deux lettre qui fond peur = L.R. ), et qu'on soupçone d' être la tête d'un commandeau anti-sucrématisme élu pour sapé le patrimione internationale des beau art et des belles lêtres) vient de nous posté une letre explicant un geste qui d'or et déjàt mets le court Emille Zola en quarantène. Les habitant de Vileurbane on ordre de restez chez eux, et de fermé leurs vollets, jusque qu' à ce qu'ont rettrouve ce forcenet. On supose qu'il s'agit d'un gestte désespérer, autand que d'une opérassion de sabottage guidé par cet illumimé dont le butte affirmait est de collibrisé la totalitée de la planètte. N'ayant auqune idée, lui mêmes des conséquanses, je m'engages, présonnellement à menez une action dignes de ce nom, pour que ce genre d'évènemants ne se reproduiserait plus jamais. Le présidant Sakrozy à qualifier cette acte (je site) d' "Insoutenabe", et promais de se rendre lui même des ce soire, sur le lieus en companie du ministres de la cutlure Francis Miterrand, et de Brernard Kroutchnerf. Gajeons que la venue de notre présidant et sa déllégation saura rassurait nos habitents. Les conséquansses de cette actes est tant d'or et déjàs considérer comme très grave . La Rusie a sitôts faite savoir autant de par la voit de son embassalade, que fasse à cette affronts visan ouvertemant MALEHVYTCH et les sien, la Frence devrais s'attandre à quelque repraisailles"

Brigadier chef, René Halut, extr. du rapport : "Quelles sanctions pour les vandales ?", in "Le bulletin quotidien des renseignement généraux, (rubrique "Art abstrait"). Automne 2009.

Photo : Carré blanc sur fond blanc colibrisé par qui on sait et son fidèle hétéronyme. (H.K/L.R) .Septembre 2009 © Frb

16 septembre 2009

Quelques heures avant la nuit. (Part II)

"En réalité, je n’ai aucun sens des choses qui brillent. C’est la raison pour laquelle je n’ai même pas de plumes noires et brillantes. Je suis gris comme cendre. Un choucas qui rêve de disparaître entre les pierres".

FRANZ KAFKA, Gustav Janouch, extr. "Conversations avec Kafka"

TULLE***.JPG`2 - Dans la peau de Lara Fabian...

Tandis que la bière coule à flot sur le nouveau square barricadé d'algécos caca d'oie tagués d'insignifiantes laves sur lesquelles tombe le crachat de quelque adulescent ivrogne tirant à bout de force une princesse péroxydée aux sourcils bruns comme ceux de Sharon, chaussée de sandales plateformes à brides serties de faux diamants, comme jadis, ses idoles, les demoiselles du château de Dammarie lès Lys...

Tandis que glisse sous mes pas, ce magma d'enragés, un caïd bodybuildé fait la loi dans le quartier. Quatre ou cinq tamarins le suivent. Le caïd sème la terreur, par le prognathisme de sa grande gueule carrée, et sa façon de glavioter, avec juste ce qu'il faut de haine, vrillage d'une malédiction d'âne bâté, réduite à ses plus sommaires expressions : bruits et crachats. Quand il se sent trop seul sur terre, le caïd appelle ses potes et les potes rappliquent, fidèles comme des caniches et tous vêtus à l'identique, un peu comme Pascal Obispo. La clope au bec, serrée entre les dents, (à la manière du "patron"), ils arrachent à coups d'Adidas (le poète grec), les branches des rares plantes qui tentent (par le bas des portails) d'évader leur corolle. Plus haut, lacérant des grillages, dont certains en forme de coeur, une fille bourrée, lit à haute voix, les noms d'anciennes boîtes aux lettres jouxtant les murs toujours à vendre, depuis des lustres : usine à tulles, jersey, dentelles, imprimeries aux vitres brisées, qui seront bientôt loftées, ou transformées en centre de remise en forme, cabinet de coaching, boutique de téléphonie mobile avec une façade surmontée d'enseignes criardes ou fluos. La fille vitupére à sa guise haussant le ton par l'essayage de tous les timbres possibles, contre tout et n'importe quoi, contre "que dalle, pour foutre la merde"... Une envie de provocation. Un sabbat de semaine chômée. Les vocalises plaintives, mi-aguicheuses mi-dégueulade, annoncent déjà la nuit qui vient...

Elle paraît jeune. Hautement chaussée, née pour la scène, ses chaussures comme une paire d'estrades remuent les bris, shootent la limaille, en jeu de french cancan, les éclats de métal font une pluie d'argent sur sa blondeur platine. Sûre de sa rebellion, dans ce périmètre précis autour de la boîte Algéco, sur ces talons qui brisent l'échine, replient les genoux en dedans, et prêtent à la démarche un pur genre "croupe d'autruche", la femelle s'éclate. Elle résiste. La bibine au goulot. Elle chante Lara Fabian à tue-tête J'y crois encore on est vivant tant qu'on est fort". Consternation. Princesse née manutentionnaire du côté de Garce les Echarmeaux. Une vie précocement active, à vendre à mi temps des glins glins au kiosque à bijou de l'Hyper-Rion de nulle part, autre mi temps à déballer des cartons de kikis au bazar d'ici, un déstocké à cosmétiques, à l'angle de la rue Verlaine près de l'auto-école. Une vie future promise au RSA, de nombreux stages en entreprise. Des amours de boîte de nuit. Un soir, un coup de baise avec un caïd et de près ou de loin, ce fiancé absent, violent, jaloux. Mais qui surveille... Tout cela dissimulé par l'avantageux emballage. Au fil du temps cette beauté en vient à convulser. Vocifère aux entrailles d'un monde penché sur une coiffeuse, celle qu'elle pourra un jour s'acheter à force de travail : en placage de palissandre surmontée d'une psyché à col d'oiseau, un rêve étrange de petite fille au destin porté par Sissi, ne regarder la vie qu'à travers un miroir, devenir reine dans un palais. Quand elle sût que c'était impossible, elle choisît de "devenir star, comme Beyonce." ou comme Lara, passer à la télé.

Hurlement des douleurs ouvrant le coffre de la hyène à en briser menu le verre doublé des minuscules baies de l'immonde barre des "lauréades", un logement et d'autre noms encore pour ces nouveaux logis à nymphes jardinées parfois conçues pour les vieillards. A quelques rues de là, calfeutrée derrière des grilles blanches, ornées de plantes grimpantes, l'ancienne villa d'un couple de retraités : très prochainement "Les Hespérides"... Mais les vieux, ils ne veulent pas partir, ici c'est leur quartier. Et c'est ici qu'ils voudraient finir. Même si tout a changé, même s'ils n'osent plus sortir. Et revoilà le caïd déchiré secouant la grille. "Debout les morts !". Les vieilles personnes en tremblent. Un couvre-feu tacite s'est établi après 20H00. Toute les nuits, la musique sort de ces voitures, portes grandes ouvertes, au matin, le jardin est rempli d'immondices, canettes vides, sacs de chips éventrés, la poubelle renversée, et sur la porte du garage, deux mots en lettres marronnasses déclinent en plusieurs exemplaires un puissant manifeste : "j'encule".

Tandis que la bien aimée, dans la peau de Lara Fabian, le buste corseté en pose d'échassière n'en finit de chanter : "j'y crois encore, on est vivant tant qu'on est fort". Star d'un soir à Charpennnes, l'alcool humidifiant à moitié son petit haut. Longues guibolles titubant, valse gauche des franges fatiguées brodant une jupe mini en lycra rose tendre. Elle est Lara Fabian. Star de toute son âme, ce soir, elle vise la gloire. Et jusqu'à épuisement, en tournant sur elle-même, elle ose être Lara Fabian : "j'y crois encore", les mots viennent et s'éraillent. La volonté, c'est ça. Elle croit très fort. Elle y arrivera. Parce depuis longtemps elle sait qu'elle ne pourra pas rester dans ce trou là. Déjà adolescente une petite voix chuchotait tout au fond d'elle: "reste toi-même, et tente ta chance". Il y avait encore une chose à entreprendre, une seule, mais la plus importante. Devenir vraie.

A l'autre bout de la rue, les vocalises tapent sur les nerfs. Le caïd intervient "Ferme ta gueule ! connasse !". Le couple de retraités monte le volume de la télé. "Ils ne vont pas nous empêcher de regarder "Questions pour un champion" quand même !"...Les hostilités sont ouvertes. La rue est intenable.

"Fermer ma gueule ! plutôt crever !" harangue la princesse. Sur un coup de goulot, elle se lance, conseillée par la petite voix, elle tentera sa chance : "Vas te faire enculer connard, je t'emmerde ! t'entends ?". Tout se poursuit en râles, course folle, chocs d'objets ramassés par terre, cailloux, canettes, bout de ferrailles. la princesse se prend dans la gueule, quasi la moitié d'une poubelle. L'arcade sourcillière saigne. Les potes tambourinent sur la poubelle "Waouhhhhhh euarghhhhhhhhhhhhhh, l'autre il est trop ! putain, t'as vu ? waouheuahhh moooortêêêl !" ils tapent des pieds, shootent les canettes, "Allez cul sec, faut fêter ça !" une grosse bande de gorets, l'un d'eux débraguetté pisse sur la porte vitrée du salon de coiffure. Extase. La fille court en pleurant jusqu'à la bagnole (une R18 turbo customisée Lamborghini), le moteur est toujours en marche, "Skyrock" joue à fond les gamelles. Elle tire de la boîte à gant un rouleau de papier toilette se plonge le visage dedans, entre les mains des lambeaux de papier rouge sang. Des feuilles mortes roulent dans le caniveau.

Mademoiselle Francine Barbonnier, Quatre vingt ans de vie ici née rue Descartes, chuchote à demi cachée derrière son rideau de cuisine: "Mais c'est dont pas Dieu possible de voir ça !"...

Photo: Du côté de l'avenue Salengro (?), un ancien atelier de tulles etc... Mémoire anachronique dans un quartier défait, refait vite fait bien (?) fait. Vu à Villeurbanne en Septembre 2009 . © Frb.

12 septembre 2009

Sauver le monde

"Plus on est informé, plus on est prêt pour la propagande"

JACQUES ELLUL cité par J.L. PORQUET : "Jacques ELLUL, l'homme qui avait presque tout prévu". Editions le Cherche-midi 2003.

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Il est clair que "sauver le monde à notre niveau" comme on le lit ici et là, s'avérera insuffisant. Maintenant quasi tout le monde, chacun à sa façon, le sachant, fait assez semblant de l'ignorer. Ce qui ne change rien à notre problème. Je ne dis pas qu'on ne peut pas accomplir un petit quelquechose, à son niveau, chacun à sa façon... Encore faudrait il savoir exactement ce que signifie "son niveau", tout autant que "sa façon". (Bonjour PIRANDELLO !). Après on peut relire I.ILLICH (1926-2002) et son concept de contre productivité, de "convivialité" ou son ami J.ELLUL (1912-1994), qu' A.HUXLEY (1894-1963) ("On ne peut avoir une civilisation durable sans une bonne quantité de vices aimables"), nous fît mieux découvrir, avec quelques questions se posant face à l'évolution de "la technique", notamment. (Je résume grosso modo, il s'agit ici d'une rubrique "offre d'emploi", innovant le premier sommet utilitaire de Certains jours, et sans doute le dernier, pas d'un billet philo, que cela soit bien clair entre nous !) ELLUL (Jacques), était l'ami de CHARBONNEAU (Bernard), ne pas confondre avec Jean-Pierre, urbaniste consultant, (là on s'éloigne de notre sujet). Bernard CHARBONNEAU qu'on peut relire aussi, oeuvra avec J. ELLUL à réfléchir (entre autres) aux conséquences de la "mue" des populations de moins en moins rurales, dans notre société. A noter Qu'ELLUL écrivît des choses assez interessantes sur le phénomène de la "propagande" au sein de nos mêmes sociétés (cf. le maître livre "Propagandes" 1962), mettant en relief les propagandes dites sociologiques (par opposition aux plus perceptibles propagandes politiques), ELLUL, militant anarchiste, interessé par la démarche situationniste proposa même un jour, à notre Guy chéri, une collaboration, que le philosophe refusa pour la raison que le christianisme d'ELLUL était peu engageant. No future donc ! ILLICH, ELLUL, DEBORD et tous les autres, n'ayant pu s'accorder pour sauver le monde d'une même voix, son lecteur pourra peut être s'en remettre au "Grand soir", histoire de s'informer un peu d'une autre manière, on ne peut pas sauver le monde, en regardant l'ennui (bien que fort sobre) d'une blonde sur téfin défilant ses infos un peu comme on lit l'annuaire, ni en plaçant tout à fait notre confiance dans les infos de France 2, 3, etc... (de la télévision républicaine, of course), je n'insiste pas sur la critique, "Arrêt sur image" est bien plus compétent que moi. Pas plus qu'on ne pourra croire aujourd'hui, que les femmes parviendront à sauver le monde à elles toutes seules, ou par la force des balconnets. Même si l'idée est fort jolie. Pardon, Loulou, pour ceux qui aiment la belle poisie aroumeuse engagée, voire chantée, mais "la femme avenir de l'homme", d'une part ce n'est pas encore prouvé à 100%, (sinon juste biologiquement), d'autre part, c'est un peu lourd pour nos frêles épaules (je sais de quoi je parle, moi qui adore que ces messieurs m'ouvrent les portes, et aident à porter mes cabas). Aussi, il existe des dames, des vedettes, qui en ce moment enlèvent le haut dans "Elle" et le "Marie Rose" pour la bonne cause, (on est déjà loin de l'ingénue "Margot" qui de son plein gré, mais au delà du bien et du mal, exhibait un tétin discret, pour l'amour des chats du vieux Georges ou de quelques copains de la bande à Lucien). Autant GEORGES, ELLUL, CHARBONNEAU et les autres, (allez hop ! j'amalgame), nous les savons très investis, tout autant "ELLE", "Marie Claude", j'hésite à cautionner (heureusement, personne ne me le demande ;-), pour la bonne cause ! que ne ferait on pas ?  Et puis si ce n'est que le haut, il n'y a pas à en faire un drame. Mais parfois, je me dis que je préfère une voiture qui enlève le haut pour rien. "C'est plus franc" comme dirait Lucien. Et les voitures c'est bien connu, "c'est comme les femmes", ça enlève le haut comme rien. Voilà ce calamiteux certains jours virant vers  la rubrique "auto"... Que ne ferait on pas pour attirer du monde ? dans un but, toujours le même : la bonne cause. Ca y'est ? Ca commence à rentrer ? En radio, on appelle ça clairement le matraquage. Loin de moi, l'idée d'une polémique, si ce parti-pris (de vedettes enlevant le haut pour aider le dépistage) aide un peu, c'est tant mieux. Ce qui me gêne ce n'est pas tant l'effeuillage, mais ce showbiz, mêlé au monde de la médecine et de la maladie, ce titillement de la peur, grand classique unanime, trifouiller aux entrailles, de la crainte collective, sous prétexte d'informer. Comme si, encore pour ça, pour la bonne cause (dit-on), les protagonistes et les dames qui s'y prêtent (et ne sont pas mauvaises filles, au fond) désiraient nous faire oublier dans leur enthousiasme pétri d'intentions louables, qu'il s'agit encore de spectacle, enfin pas tout à fait l'oubli, "se servir du spectacle, pour aider une bonne cause", cela est entendu, assumé, clamé même ! les dames elles savent, "elles se servent" disent elles de "leur notoriété", mais il y a comme qui dirait un petit décalage entre le monde de la notoriété se déboutonnant pour la photo (même si c'est de la photo-réalité) et celui de cette inconnue qui a rendez-vous avec l'imagerie médicale pour de vrai. Je ne suis pas sûre que les deux exemples, se situent sur la même planète. Ce que ce cher Gilles ou un certain Jean-Luc, appeleraient (peut-être ?) "Les puissances du faux"(?). Ou de l'indistinction ici presque inquiétante, entre le document et la fiction. Et dans ce cas, je ne sais pas s'il faudra enlever le bas pour sauver ce principe de contradiction. Quoi qu'on en dise, tout semblera incorrect, avec ou sans notre façon au regard de l'autre principe, belle noble cause incontestable. Surtout, lorsque d'autres images toujours (pour la bonne cause, "mains propres et tête haute") affichent clairement l'obscénité y compris idéologique, aux arrêts de bus et de métro, voire aux sorties des écoles. Une vieille idée pestilentielle, qui semble remonter d'assez loin, à côté de laquelle ces courageuses filles qui dégrafent leurs corsages aux portes des pharmacies, paraissent bien innocentes (enfin presque) venues offrir encore une part d'humanité à peu près acceptable (quoique). Nous faisant oublier, quoi ? Quelques secondes, à peine, dans la dramaturgie, (une déclinaison de gestes, gestes simples, ceux de tout le monde, le doigt près de la boutonnière, par delà le spectre du cancer, de la chimio, et de la mort peut être ?) tout cet univers de la com', des concepteurs, rois de la tendance, autres viseurs, ô cibles que nous sommes ! et nous nous trouvons surpris d'entrevoir, les dessous moins avantageux, d'une pensée qui râcle les fonds, et réinvente le quotidien avec un balai de chiotte. On s'en étonne, "Ils ont osé mais oui !". Là, le "réflexe mains propres", parfaitement odieux, (il y en a quelques autres du genre, vous n'aurez pas trop de mal à les (re)trouver), pas vraiment du même grain, que nos vedettes déboutonnées, mais passant toujours par le même canal. Voilà un peu le hic. Tout ce qui entre fait ventre ? Et ils ont pour métier de nous intéresser, nous émouvoir, de nous prévenir pour tout dire, de nous mo-ti-ver quitte à nous effrayer ? Pourquoi pas ? Si c'est pour la bonne cause, hein ! allez ! comme le bon père qui dresse son fils au martinet, en lui disant "c'est pour ton bien !" ou comme personne, pour rien, sortes de choses à vide (en 2 ou 1 seul mot). on peut bien bousiller un petit peu les nerfs de nos masses, un petit peu plus, un petit peu moins... Déjà qu'ils sont bien laminés. On sait que les gens s'habituent à tout. Jusqu'à un certain point... La méthode de surcroît étant parfaitement indolore, (au moins, apparemment), pourquoi se priver ? Et puisque ces réalités là, vraies ou fausses, on nous les colle sur notre chemin, au fond quelle importance ? Nous on ne croisera toujours que des images mais tellement reversées, renversées sur nos corps, qu'elles en deviennent la réalité. Nous voilà faits comme des rats ? la critique étant impuissante, elle se débat dans tous ces flux, sitôt parus et sitôt disparus, et voilà qu'on assiste à cette noyade, le mot est beau "déliquescence", en jetant de nostalgiques oeillades, à l'Ami Ricoré (dont je croyais pourtant à une époque qu'on ne pourrait pas vraiment faire pire) et aux redoutables enzymes gloutons, fin des années 60's, qui terrorisèrent tellement les français, dit-on, qu'on dût retirer la lessive, les enzymes étant représentés par des petites tête méchantes (ancêtre, sans doute, du mythique Pacman) avec une grande bouche pleine de dents, on frôla presque la psychose, tant les français eurent peur que les enzymes dévoreurs de saleté, engloutissent aussi leur chemises, pantalons et autres gentilles lingeries. En roue libre, l'imaginaire ! Nous nous arrêterons deux secondes afin de poser bien à plat les problèmes, (là haut sur la colline, sous un vieux saule pleureur, nous contemplerons le panorama); avant de retrousser nos manches, pour l'affaire qui nous interesse: sauver le monde. Pressons ! avant que tous ces gens ne donnent à leurs enfants les (pré)noms des voitures de la maison Renault... Là encore, je n'invente rien. Une publicité dégueulasse, a hanté les villes, attaquant cette rentrée par une toute autre maladie, l'affiche se glisse maintenant partout, (partout où je vais, elle s'y trouve). En attendant que je vous ramène quelques images, (ou pas),  vous pouvez lire Boudou. Colère à vif.

Plusieurs centaines de milliers d'années pour inventer la roue, et quelques décennies pour en arriver là, le vertige, à très grande vitesse: l'invention de la brouette, du char à cerf-volant, du grand bi, puis de la Citroën, artiste, la C4,"Grand Picasso" jusqu'à la navette spatiale et ses autres produits dérivés. Je ne parlerai pas de Ron Hubbard "Je ferai de vous des esclaves heureux" (tout un programme ! mais il nous reste un peu de marge, n'est ce pas ?) je ne soufflerai pas un mot à propos de la future ambassade de Raël et je n'entrerai pas dans le détail d'autres héros plus rigolos, à défaut d'un monde complètement sauvé il y aura des élus sous condition bien sûr... (Envoyez vos dons ! qui ne tentera rien, n'aura rien.)

Nota : Pour notre offre d'emploi, il s'agira avant tout de travailler plus, sans être payé du tout (ah ah ! Certains jours devient visionnaire ;-) "le futur vient te chercher chez toi, sans que tu aies à bouger de ton fauteuil, tente ta chance, ô lecteur !", pas d'hésitation, la cause est archi-noble. Messieurs, prenez vos plus belles plumes, vos boucliers, vos arbalètes, n'oubliez pas la petite photo, j'attends de pied ferme, votre CV.

Photo : Une affiche étonnante, détournement vu rue de Sève ! ça ne s'invente pas, (c'est à croire qu'ils le font exprès). La rue de Sève se situe presque en haut du plateau de la Croix-Rousse. Il s'y trouve, hors de l'apocalypse, (loin des fluides anti-peste et des bébés-turbos), quelques fenêtres fleuries comme en voit peu dans nos villes. Un lueur d'espoir ? Qui sait ? A suivre peut être un certain jour... Lyon, fin de l'été 2009. © Frb

07 septembre 2009

Duchesse

Que dire en effet à une femme qui ne croit pas à l'Amour ?

boudin.JPG1 - Laissez moi vous prouver combien je vous aime.

2 - Laissez vous posséder.

3 - Le haut prix que vous attachez à vous même, me montre que je ne dois pas en attacher un moindre.

4 - Si votre bonheur vous est si pénible sacrifice, alors n'en parlons plus.

5 - Seulement, vous pardonnerez à un homme de coeur de se trouver humilié en se voyant pris pour un épagneul.

HONORE DE BALZAC in "La duchesse de Langeais" 1834, éditions Nathan 2008

La duchesse de Langeais voulût "que cet homme ne fût à aucune femme et n'imagina pas d'être à lui", c'est ainsi que BALZAC la présenta. Voilà le point précis du drame tout autant que sa trame presque comique : La quête féminine de la preuve de l'Amour éternel. Je ne vous conterai pas tout à fait l'histoire du général Armand de Montriveau et d'Antoinette de Navarreins, la bien nommée duchesse de Langeais. Je vous conseillerai plutôt d'aller goûter ces parties de pure comédie (ou tragédie) humaines, au coeur du livre de BALZAC. Un petit goût de reviens z'y quand même : Armand séduit, insiste, empresse son désir en présence de sa belle, tandis que la duchesse manoeuvre à souhaits. L'Amour entre eux alors se traîne, en longues conversations et en droit que la dame accorde au prétendant (qu'elle nomme "son amant"), de lui caresser la nuque ou légèrement les pieds. Entre eux, impavide, le regard de Dieu, ou disons s'immiscant, le très "noble" argument de la religion, qui permet de ne point céder tout en faisant durer le plaisir (entendez, celui de l'intrigue). Argument de fond émis par la duchesse : Si elle se donne il y a risque certain qu'elle soit abandonnée par son "fervent". Ainsi exigera t-elle un Amour sans troubles, ni craintes. Quelle plus belle preuve d'Amour peut on donner que celle d'aimer sans se donner ?

Montriveau, fou d'Amour averti par un proche que la duchesse ne cédera jamais et découvrant l'ampleur de sa propre crédulité, change de stratégie. Il décide d'ignorer cette dame qui mesurera alors qu'elle a perdu le plus grand Amour de sa vie. Il organise sa vengeance et fait enlever la dame. Il veut lui marquer le front au fer rouge et qu'ainsi à jamais, Antoinette soit perdue. Retournement de situation, c'est à lui, à son tour d'exiger une preuve ! Mais Antoinette est prête désormais, et ce qu'elle veut à jamais, c'est d'être marquée au fer rouge ! la vengeance D'Armand fera le bonheur d'Antoinette tel est le charivari qui vient à l'esprit plein de sagacité du malin Honoré. Nous retrouvons plus loin l'Antoinette, implorant cette marque, s'écriant, en suppliant, d'appartenir au maître : " Je ne vois que clémence et pardon, que bonheur éternel dans ta vengeance" mais Montriveau, cachant ses larmes, renoncera à sa vengeance, (souvent hommes varient ?), et renoncera aussi à cet Amour. La duchesse sera alors prête à fournir toutes les preuves, s'adonnant à des conduites qui ne sont pas celles du faubourg, entendez l'atmosphère parisienne, du faubourg St Germain, brillante, très aristocratique, où chaque sourire, chaque attitude sont "règlés" selon un code commun. Antoinette ira jusqu'à faire penser qu'elle a dormi chez son amant. Une rumeur court et grandit. Tout le faubourg se trouve au courant de l'inconduite de l'amoureuse. Tout le faubourg, sauf Armand. De là, elle lui écrit une lettre bouleversante où elle s'offre à lui pour toujours. Elle lui donne même un rendez vous et s'il ne s'y rend pas, elle jure qu'elle quittera ce monde. (Plus finemement, entre les lignes on comprend "quittera" comme un retrait du style couvent, grand dénuement, et parfaite abnégation). Le général Armand de Montriveau, hélas ! lira la lettre quelques minutes trop tard...

Et après ? Savez vous ce qu'il arriva ?

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Je prendrai à ce point précis du billet le plus grand soin possible afin de bien réitèrer ma suggestion. Il est très beau ce livre, vous ne le regretterez pas. Cet avant-goût n'étant qu'un début ; (bien que le début du roman de BALZAC ne commence pas tout à fait par le début. Allez comprendre !) Il faut savoir, que BALZAC data "La duchesse de Langeais" (ne pas confondre avec l'adorable Catherine Langeais qui fut dit on la première maîtresse d'un "Dieu ?" dont Gala raconte qu'il fût assez mordu, mais je m'égare... ), ce récit donc, fût daté, non pas du jour où BALZAC l'écrivit, mais du jour où Madame Hanska devînt sa maîtresse. En lisant la suite du roman "La duchesse de Langeais", vous comprendrez  peut-être mieux pourquoi, BALZAC grand trousseur de jupons devant l'éternel, semble nous indiquer assez clairement que les Amours ne sont pas uniques, mais se comptent. Toute la tragédie comédie de l'Amour étant là : Dans la preuve par la perte, pourrait-on dire. La Duchesse de Langeais prouvant l'Amour, non en donnant ce qu'elle n'a pas, mais en perdant ce qu'elle a.

Sur ce, un ange (chouia déchu) passe. Melle branche, (une amie de Madame Montriveau mère) ouvre en grand la fenêtre. Jacques LACAN, sort du placard à balai et traverse en quinconce le salon où sont assis les belles personnes, écrasant négligemment sa cigarette sur le divan. il marmonne à voix basse un truc tellement lumineux que personne n'ose s'accorder le droit de se laisser si brutalement éblouir. Je tente un timide : "- qu'est ce que vous dites m'sieur Jacques ?" Il répéte avec son phrasé bien caractéristique. "Je dis :

Il n'y a pas de rapport sexuel. pourquoi ? car la jouissance de l'Autre prise comme corps est toujours inadéquate".

"Oh lala ! ça va pas recommencer !" ronchonne la vieille, très vieille Duchesse de Langeais (du fond de son fauteuil relax). La bonne arrive : "Le dîner est servi". Monsieur Armand, est là, qui nous regarde avec ses yeux doux. Quant à moi, je n'ai pas envie de conclure tout de suite mais bon.

Nota : Je suggère au lecteur qui ne saurait pas quoi faire de ses journées de s'amuser (ça, ou les mots croisés) à complèter la liste commencée par msieur Honoré : "Que dire en effet à une femme qui ne croit pas en l'Amour ?". Je suis sûre que son lecteur, masculin surtout, (la lectrice n'étant pas pour autant exclue) abondera en idées généreuses...

Photo : A peine une suggestion un peu goujate (qui se prononce). Un de ces babillages contemporains qui se disent avec les copains quand une dame se refuse. Ou un mur qui se lit peut être à la manière d'un  VILLEGLE ? Décolleur d'affiches sur cités. Puis un voile se déchire. La façade se met en état(s). Et tout simplement resteront à voir les dessous meurtris de la façade, flottant sur une ravissante tapisserie d'alcôve telle qu'on en trouve encore, au secret d'appartements anciens. Vus rue René Leynaud, juste en bas des pentes de La Croix-Rousse, bien avant de franchir la colline, (travailleuse, mais pas seulement). Lyon. Septembre 2009. © Frb.

L'enfance du peintre

"Un critique a écrit que mes tableaux n'avaient ni commencement ni fin. Il ne l'entendait pas comme un compliment, or c'en était un. C'était même un beau compliment. Seulement il ne le savait pas."

JACKSON POLLOCK

pollock CL.jpg

"J'ai encore renversé le lait !" s'écria le petit J. POLLOCK en rentrant les mains vides à la maison avec juste l'argent de la monnaie.

" Oh mais c'est pas possible ! s'écria sa maman, je vais finir par croire que tu le fais exprès !"

Si vous voulez vous aussi devenir Jackson POLLOCK, c'est par  ICI

Photo : Rue René Leynaud, à Lyon, les "apprentis POLLOCK" réinventent l'enfance du peintre. Tandis que nous marchons sans souci du lendemain et que la ville suit à la semelle, l'itinéraire de nos petits souliers blancs...  Septembre 2009. © Frb

04 septembre 2009

Des yeux pour voir

Il y a PERIL en la DEMEURE...


SILENCE on ferme.JPGPardonnez de déranger le gentil cours de la rentrée. J'ajoute d'urgence un billet relayant tous les autres billets qui ont déjà évoqué le sujet sur la toile et dans la presse +  la colère des cinéphiles, et autres passionnés (de Lyon et de Navarre) scandalisés par la nouvelle. Je pense tout particulièrement aux personnes qui ont oeuvré, qui oeuvrent et oeuvreront encore, on l'espère, dans tous les CNP pour nous faire découvrir un cinéma d'auteur, intelligent, exigeant, souvent sublime, des qui n'ont pas chômé pour tirer vers le haut notre plaisir et qu'on aimerait ne pas voir disparaître du paysage culturel de notre ville.

Trois cinémas lyonnais sont en effet menacés de fermeture définitive. Trois cinémas qui sont précieux pour Lyon et aimés des Lyonnais. Le premier, le cultissime cinéma ODEON de la rue Grôlée a déjà vu ses portes se fermer. Les deux autres CNP BELLECOUR, CNP TERREAUX, sont en attente de leur sort. Je ne recopierai pas le billet de SOLKO dans son intégralité, il est clair et précis, le billet de KL-LOTH, l'est aussi, pour mieux comprendre : LISEZ.

http://solko.hautetfort.com/archive/2009/09/01/fin-de-l-o...

http://kl-loth-dailylife.hautetfort.com/archive/2009/09/0...

Je suis passée cet après midi rue Grôlée, le titre s'affiche en rouge sur fond noir, mais c'est n'est pas un film. On aurait pourtant préféré...

Il y a déjà eu beaucoup de réactions contre cette décision inacceptable, un soutien réel qui peut encore modifier quelquechose. Le pétitionnisme n'est d'ordinaire pas mon fort, mais on a vu récemment des lieux à Lyon clairement menacés, être sauvés par la grâce de puissantes pétitions. Ces pétitions existent sous deux formes, l'une papier, sur les sites de Terreaux et Bellecour, (mais à l'heure où j'écris, il est trop tard pour se rendre sur les sites), l'autre lien ci-dessous, peut encore accueillir largement votre soutien.

http://www.mesopinions.com/Je-soutiens-les-cinemas-CNP-de...

Je vous livre la suite d'un courrier dont je ne prends connaissance hélas que ce soir (merci L.C.) :

"Nous présenterons ces pétitions à la mairie samedi 05/09/2009, au matin. Aussi, si ce n'est déjà fait, nous vous invitons à y joindre votre signature*.

La journée de samedi se déroulera en deux temps:

- Rassemblement à 9h30 place des Terreaux,
- A partir de midi, nous vous invitons à vous joindre à nous au CNP Odéon pour un buffet froid. Vous pourrez y contribuer librement en amenant un plat à partager.
- S'en suivra une ultime série de projections, et ce jusque tard dans la nuit. Nous vous réservons la surprise de la programmation concoctée par
l'association des Inattendus.

Prévoyez des coussins!

Merci de faire circuler l'information.

A très bientôt!

Le collectif
collectifsoutiencnp@gmail.com
www.soutenirlescinemascnp.org

Nous remercions "les inattendus", qui ont tiré le signal d'alarme, et font par ailleurs un travail remarquable, pour défendre le cinéma indépendant. Ceux qui les connaissent savent que c'est une équipe accueillante, passionnée, dont la démarche artistique et le festival étonnent à chaque fois, et permettent à un public de s'ouvrir à des créations, de "rebondir" sur d'autres découvertes voire de se rencontrer, ou d'échanger avec des artistes. Cela est vital, par les temps qui courent. Vous trouverez donc ici, le lien menant à leur site.

http://www.inattendus.com/

cnp int.JPG

En ce qui concerne la défense d'une culture qui ne s'occupe pas seulement de divertir, mais ouvre les perspectives d'univers artistiques aux propositions multiples qui font sens, j'espère que vous n'hésiterez pas à ajouter votre voix d'une manière ou d'une autre. Chaque intervention pesant de tout son poids. Je lisais parmi les commentaires qui peuvent s'ajouter aux côtés de la pétition, le dégoût, toute la honte, et l'indignation unanime que l'arrêt d'un cinéma tel que Le CNP ODEON (+ autres incertitudes du même sinistre lot), peuvent inspirer, non seulement aux purs cinéphiles, mais aussi aux citoyens lyonnais qui ont grandi avec ces cinémas, et ne veulent pas que le cinéma devienne celui structurellement unique des complexes semblables à des supermarchés, avec des films livrés au plus grand nombre, aux lois des box offices, qui laissent aux cinéastes indépendants le seul choix de crever dans leur marge ou de crever tout court. Quant au public, on lui refilera un hyperchoix de pacotille, étalonnant progressivement la culture vers le bas, par la volonté de patrons assez peu philanthropes et autres stratèges (ou "petits" commerciaux) qui n'ont pour souci, que de "cibler" (bizzness oblige !) en se faisant beaucoup de pognon sur le dos de la culture. Mais il y a aussi une marge (d'une toute autre dimension), entre ce qui se décide par décret ou en douce, et ce que désirent les gens. Il serait dommage de s'en tenir à une fatalité, un "c'est comme ça" qui ne ferait qu'ajouter à notre frustration. Pour les belles entreprises artistiques brutalement explosées, il faut croire que Lyon (capitale de la culture ? A d'autres !) est devenue spécialiste de ce genre de démolition. A quoi bon exhiber des vitrines si l'on a rien à mettre dedans ? Sinon du vide, encore du vide, qu'on appelle, (encore un terme qui leurre, non sans cynisme, sa "clientèle") : "le divertissement". Non, ce n'est pas forcément "comme ça". Beaucoup d'entre nous, grâce à ces CNP ont pu découvrir, Godard, Greenaway, Chris Marker, Carax, Resnais, Bresson, Tarkovsky, Cassavettes et j'en passe... Ou redécouvrir des classiques comme Fellini, Losey, Ozu, Kubrick, Antonioni, Wenders, Nicholas Ray  etc... Ou, plus risqué, des courts métrages tout à fait fulgurants de parfaits inconnus. Ceux qui finissent parfois par révéler un jour, de très grands réalisateurs. Si je citais tout le travail, effectué durant toutes ces années par les équipes dévouées aux CNP, ce blog entier n'y suffirait certainement pas... Il est assez logique que beaucoup d'entre nous soient choqués de voir que Lyon, ville qui a vu naître le cinéma, qui se vante (toujours en vitrine) d'être la ville des "frères Lumière" s'applique aujourd'hui sans grande concertation, ni respect, à faire mourir ce cinéma.

Il ne tient peut être qu'à nous. Faisons au mieux avec le peu que nous pouvons. Le coup porté aux CNP, étant aussi un mépris adressé au public, à la nécessité d'une grande ville et puis bien sûr au cinéma, il serait plus que regrettable de ne pas tenter quelquechose...

A suivre donc ...

Photo 1 :  Vue de la rue Grôlée, zoom sur l'affiche noire du CNP ODEON, beau cinéma, mais ce faire part est tout à fait intolérable.

Photo 2 : CNP ODEON, intérieur jour. Une entrée magnifique, et déjà, une note un peu triste, dans ce hall complètement vide. Dehors (hors champs) un groupe de gens discute, je n'entends pas, ça a l'air grave. En face, le magasin Zilli, en toute décomplexion, affiche une santé du diable, un hasard insolent : l'ironie du choc des mondes, (c'est ausi cela "Vivre à Lyon"), mais ne viendrait à personne, l'idée d'en sourire un instant... Lyon. Premier arrondissement. 04 Septembre 2009. ©

29 août 2009

2012 ?

Qui osera ?

la quiétude 102.jpg

Photo : Maison inhabitée (peut-être à vendre), avec vue imprenable sur la petite église romane  du village de Vareilles (anc "Varelyae"), un arbre centenaire entouré de roses trémières, + un coin de jardin et un petit banc. Nabirosina. Août 2009. © Frb

21 août 2009

Du pareil au même

PARKING020AA.jpgPhoto : Fin des vacances. L'itinéraire est même flêché sur la pierre de l'église de Châtenay sous Dun. Cependant on a le choix. (Je n'ose dire l'embarras du choix). Nabirosina. Août 2009. © Frb

Si toutefois vous trouviez le choix un peu "limité", je vous conseille vivement d'aller défier le hasard en suivant d'autres flêches du côté des nuages... Vous ne le regretterez pas , (tout y très bien indiqué) :

http://les-nuages.hautetfort.com/archive/2009/08/27/le-ha...

A suivre... Billet ci-dessous 

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