05 mai 2009

En effeuillant les Contrerimes...

A un aimable aimant rire seul ou accompagné, et que le "Dieu Dindon" tient doucement son son aile.

Les ponts s'effondrent tous
au cri du paon qui pond
Et les pans de ponts
transforment les rivières

Aux lacs des lacs
meurent les paons
Enlisés dans la gomme laque


ROBERT DESNOS. Extr. "Blanc seing" in "corps et biens". Ed. Gallimard 1953

canards.JPG

En parcourant le beau domaine dit "Vaste blogue", j'y ai retrouvé un ami PAUL-JEAN TOULET, qu'un autre ami, (TANGYU, pour ne pas le nommer, même si on rend à CESAR...) avait croqué, par une drôle de coïncidence en flagrant délit de dindons et de paons (par contrerimes, dite XIV.) Lisez plutôt:

http://tangleding.hautetfort.com/archive/2009/04/09/paul-...

Le lecteur assidu aura remarqué en cette ère où doucement le charmillon glisse son vecheu sur la guanle de toute la naplète, une volonté dans l'air du temps à rendre au dandinnant dindon ses lettres de noblesse, inspiré par le même TANGYU, le parti du dindon allait d'un pas tranquille balayer le règne du paon...

Pour mémoire (Vraiment, on ne s'en lasse pas, à ne pas foncondre avec le très livian "où sont les Femmes" du très livian Taprick VUJET)

http://tangleding.hautetfort.com/archive/2009/03/22/ou-vo...

Autre coïncidence en écho au bellit du blone ima Guytan : le poème de DESNOS, que je silais reseine dans la mare de motré m'anemant à la monsai où vougerne en rytan chornophage, une biadolique déesse ailes... DESNOS non dindonnant n'a d'yeux que pour le paon, et, cassant un brin le rêve de la roue, puis de l'étrange chant "Léon" ; il nous livre un paon sans mystère, pas plus malin qu'une poule, mais dont personnellement je n'ai jamais vu les oeufs (au rayon produits frais de l'Hyper-Rion de Nyol, ni dans aucun charmé ). Faites l'expérience, demandez aux vendeuses où se trouvent les oeufs de paon vous nous en donnerez des nouvelles. Et pourtant R.DESNOS l'écrit en toutes lettres "les pans de ponts transforment les rivières" quand le paon pond.

Les poites sont des oiseaux berelles comme l'Aroum. Les sumiciens aussi, J'espère que la lecture (pomcarative, bien rûs !) des 2 poèmes lovatiles vous aura tout à fait convaincus. Et piuqsue tout finit par des sanchons, je vous propose de soupper le bonchou, avec deux versions qui vous feront mieux distinguer la différence entre les dindons et les paons et ainsi beni pomcrendre quourpoi nous préférons aux paons les laveureux dindons...

Version d'une vermeilleuse et ullistre dindonne: Ramia LLACAS tanchant ZIBET pour le plisiar des tepits et des drangs:

http://www.youtube.com/watch?v=lspRhX5Vhhg

Version très paon, ou paonne, de dame de Ficilety TOLT tanchant l'égélant Edran Magesset (de l'école sans fraises d'orépettes calssiques s'il vous plaît ! veler de reaudix, atontien les roseilles ! Quand la paonne pond les ponts baillent aux croneilles...

http://www.youtube.com/watch?v=KknI0Wlt3r8

Topho: Rame aux dindons (et aux cranads), avec sa remmocandatoin. Les paons sont dans la gamme loque... Rame pemtêtueuse vatrersée en braque, au parc de la Tordette à Gnyol. Le 50 ami 9020. © Rfb

02 mai 2009

L'orchidée m'échappe...

"Les fleurs qui vont fleurir vont toutes naître de moi. Le vent qui respire est mon haleine. Le parfum qui passe est mon désir. Toutes les étoiles sont dans mes yeux"

PIERRE LOUŸS. Extr. "Hymne à la nuit" in "Les chansons de Bilitis". Ed. Albin Michel 1932.

orchidée8.JPG

Ouais. Les étoiles sont dans tes yeux ... A d'autres !

Je vais vous parler d'une fleur que je n'aime pas tant que ça... Je la trouve très étrange à regarder (là, je ne dois pas être la seule), d'une beauté incomparable mais dont je ne voudrais pas chez moi, (sauf si un galant dindon m'en offrait par milliers, sur un plateau en or, bien sûr). Elle est l'oxymoron floral par excellence, à la fois fragile et gracieuse, ingénuement pastelle, elle trimballe tout son attirail sous des airs trop candides (pour être honnêtes ?) et ses connotations euffraxement gynécologiques ne parviennent pas à m'inspirer une émotion digne de ce nom (à supposer qu'une émotion ait à se soucier de dignité), mais admettons. Je trouve presque ça suspect. Non pas ce truc carrément sexuel, que nenni ! mais cette trouble personnalité de fleur unanimement louée. Comme si au coeur de l'extrême beauté se trouvait aussi une curieuse dysharmonie, un hiatus dont on ne sort pas (si j'ose dire). Vous savez, c'est comme certaines personnes... Elles se présentent au monde en montrant tout et quand on s'approche d'elles, elles ont l'air outragées. C'est un peu l'impression que j'ai eu en faisant poser cette orchidée entre les doigts du jardinier (je dis jardinier, pour créer le trouble) mais ça aurait pu être entre vos mains... Comme si soudain frêle Princesse Orchidée était horriblement gênée, de poser toute là, toute nue devant nous. Alors on aimerait lui demander :

- Mais dites nous, Princesse Orchidée, si vous êtes si intimidable, pourquoi vous montrez-vous toute nue ? comme ça, tout le temps, devant le monde ? Mais on n'ose pas... On sent bien que même cette question, ça la fragiliserait, qu'elle pourrait en pleurer ou en mourir peut-être. Parce que nous on n'est pas gênés. On sait ce que c'est qu'une orchidée. On en a vu d'autres, pensez donc ! et Toutes les orchidées sont faites pareilles n'est ce pas ? Et bien non, justement ... Mais bon. Cette fleur transmet son embarras et tarabiscote notre esprit avec son sublime étalage. C'est quelquechose qui ne s'explique pas. Cette fleur décidément échappe.

Savez vous qu'"Orchidée" en grec ("ορχιδέα" -orkhidéa-) provient du latin "ορχίδιο"qui est un diminutif de "όρχις"= "petit testicule" (latin orchis). Plus communément, il s'agit de la fleur coupée de cette plante. Ca peut aussi signifier olive, mais c'est nettement moins glamoureux.

De même que nul n'a jamais ignoré que La Cryptorchidie en médecine, c'est le défaut de migration du testicule hors de l'abdomen (littéralement "testicule caché"). Les orchidées aiment la chaleur, les Orchis craignent l'orchite, l'excès de chaleur inhibant la spermatogenèse. (Voilà de quoi bien casser le rêve, mais on ne va pas se mentir tout de même ?)

Il existe une orchidée du nom de "Sérapia" (à bulbes). Bien sûr, on ne peux s'empêcher de penser (la relation est bien certaine) au Dieu Egyptien "SERAPIS", maître de la fertilité, à qui un culte orgiaque était rendu. Par analogie DIOSCORIDE nomma "Sérapias" une orchidée connue sans doute pour ses vertus aphrodisiaques. (La sérapia bizarrement ne ressemble pas à l'Orchidée la plus connue (pour ne pas dire la plus courue cad celle de notre photo, et pour cause !), jugez vous-même d'après image voir ici un modèle plutôt rustique de "serapia Vomeracea" cramoisie. ( C'est moi qui rajoute). Une fois n'est pas coutume nous nous promènerons dans ce billet seulement parmi les noms savants des fleurs, celles du jour, de la famille non moins délicate, des orchidaceae, de plantes monocotylédones, plantes herbacées autotrophes ou saprophytes (selon l'humeur;-) à feuilles réduites ou épiphytes ( le Wiki ne tarit pas d'éloges). Charles DARWIN lui même fût très interessé par la relation que ces plantes entretiennent avec les insectes; qui lui inspira (pas qu'un peu) son modèle théorique de l'évolution et l'ouvrage au titre fascinant "la fécondation des Orchidées"... En octobre 1861, Le même Charles DARWIN écrivit à Asa GRAY:

"Quand je pense à mes adorables orchidées, avec leurs cinq commencements d'anthères, avec leur unique pistil transformé en rostellum, avec toute la cohésion de leurs parties, il me semble incroyablement monstrueux de regarder une orchidée comme si elle avait été créée telle que nous la voyons aujourd'hui."

C'est là, que l'orchidée échappe encore plus... Et que ce billet part en vrilles. (Cinq commencements d'anthères. Diable !). DARWIN fera sans doute courir un peu vite notre imagination. Que voulait-il dire exactement par: "Comme si elle avait été créee telle que nous la voyons aujourd'hui" ? Et nous voici rêvant peut-être à l'orchidée originelle... La toute première qui tendit son pistil unique pour la première fois sous le soleil (de Satan ?)... Innocente orchidée au delà du bien et du mal. Ne sachant pas qu'elle serait un jour, non seulement hybride mais hybridée artificiellement. Loin de nos orchidées en pot et autre vase longiligne. (On a beau faire attention, surveiller l'inconscient et tout, avec les fleurs tout ce qu'on dit prend un caractère sexuel très flagrant. J'ai l'air maline, là, avec mon grand vase longiligne, Dieu merci, il n'est pas au pluriel). Mais c'est pas grave, comme dit LACAN "Les écrits passent, la parole reste" et pour l'instant je n'ai rien dit. L'honneur est sauf. Tout autant que pour André BRETON et Paul ELUARD qui virent une orchidée dans la "fleur éclatée", (cette position facile, bien sympathique du Kama Sutra (que vous n'aurez aucune difficulté à réaliser à la maison, ou au travail ;-) Dans ce petit ouvrage cf. "l'immaculée conception"paru en 1961, et plus précisément au chapitre "Amour", nos deux poètes dindonnent autour d'une trentaine de postures amoureuses qu'ils décrivent d'une phrase. Un jour peut-être, nous y reviendrons.

Mais retournons à nos orchidées, ce que j'aime beaucoup chez elles, c'est leur petit côté Deleuzien. Figurez vous, que la croissance des orchidées est sympodiale, le rhizome émettant des pousses dans plusieurs directions (ça c'est Deleuzien !) ou monopodiale (avec une seule pousse) peut être plus "musilienne" ? Outre les espèces botaniques et les hybrides naturelles, il existe d'innombrables variétés commerciales le plus souvent hybrides(qui désespéreraient peut-être DARWIN), et des dénominations propres aux horticulteurs pour désigner les hybrides intergénériques cad on croise deux genres proches et on obtient un nouveau genre, celui là, artificiel, qui donne parfois dans l'orchidée à nom de pulpeuse Fellinienne "La cambria" ou l'orchidée romanesque Proustienne "Laeliocattleya".

Quant à LIA ORIGONI, n'allez pas croire que c'est une orchidée, loin s'en faut ! (oui, moi aussi en l'entendant chanter, au début, j'avais cru ;-) au moins une orchidée superhybride, enfin peut être qu'elle a ses côtés "orchidée" (qui n'en n'a pas ?) mais pour nous belles gens, du cercle de la botanique enchantée, des belles lettres et de la grande musique la LIA ORIGONI ça serait plutôt une chanteuse sarde, qui interpréta d'une manière assez pétulante,"les chansons de Bilitis" d'un autre illustre brillant, à tendance plutôt faune : Claude DEBUSSY. Il adapta en 1897, "Les chansons de BILITIS" de Pierre LOUŸS. Elles furent publiées en 1894. Pierre LOUŸS prétendît qu'il s'agissait d'une traduction de l'oeuvre de cette poétesse antique (BILITIS soit disant contemporaine et rivale de SAPPHO, une jeune grecque de Turquie vivant sur l'île de Lesbos au VI em siècle avant J.C). L'ouvrage est précédé d'une traduction, suivi de notes. Pierre LOUŸS y déploya toute son érudition, sa connaissance de la poésie grecque. Il inséra dans son recueil des pièces poétiques portant la mention "non traduites" et donna quelques références bibliographiques dont celle de l'archéologue allemand le PR. HEIM. La critique dans un premier temps se fît bien abuser par cette magnifique supercherie littéraire. Comme la plupart de ses oeuvres, Pierre LOUŸS doubla les "chansons de Bilitis" de poèmes en prose de la même inspiration mais à la teneur érotique amplifiée. Le recueil ne fût publié qu'après sa mort.

Mais Comme toute volupté finit toujours par des chansons, je vous propose de prolonger l'instant suave par un bouquet d'ORIGONI (pas si suave, la dame ! avertissement : les aigus seront douloureux aux oreilles de nos sensibles) mais c'est pour le salut de Bilitis, et de sa chevelure.

http://www.youtube.com/watch?v=dRR44qSy7zU&feature=re...

Ceux qui n'aiment pas trop l'interprétation sarde pourront toujours se réfugier dans les images ou même dans les ... Mais les images parlent d'elles mêmes, n'est ce pas ?

pensées1.JPG

photo 1 : Orchidée Toute nue entre les doigts du jardinier. (Si l'orchidée était une dame, on la trouverait assez coquine). On me dit dans l'oreillette que c'est. Quoi ? Une dame ? Ah bon ?

Photo 2 : Secrète pensée au jardin du Marquis de Montrouan, qui pousse dans la terre (pas le marquis, sa fleur !) et n'a pas tant besoin qu'on s'interesse à elle jour et nuit pour être belle. D'un jaune légèrement rosissant quand on la regarde bien sûr... Très émouvant.

Brionnais. Avril 2009. © Frb.

01 mai 2009

Ce qu'il te plaît !

"Maintenant tu marches dans Paris tout seul parmi la foule
Des troupeaux d'autobus mugissants près de toi roulent
L'angoisse de l'amour te serre le gosier
Comme si tu ne devais jamais plus être aimé
Si tu vivais dans l'ancien temps tu entrerais dans un monastère
Vous avez honte quand vous vous surprenez à dire une prière
Tu te moques de toi et comme le feu de l'Enfer ton rire pétille
Les étincelles de ton rire dorent le fond de ta vie
C'est un tableau pendu dans un sombre musée
Et quelquefois tu vas le regarder de près

Aujourd'hui tu marches dans Paris les femmes sont ensanglantées
C'était et je voudrais ne pas m'en souvenir c'était au déclin de la beauté."

GUILLAUME APOLLINAIRE (1880-1918). Extr. "Zone" in "Alcools". Ed. Gallimard 1971.

mai13m.jpg

C'était un premier Mai, celui qui me fît abhorrer pour toujours Paris et le Muguet. C'était la première fois que le décor de la "Brasserie du Train Bleu", à Paris gare de Lyon, me semblait à brûler. C'était le mois de Mai, le premier à jamais qui laissa tous les autres s'éteindre ou s'éprendre de ce besoin de consolation, qui, comme l'écrit si bien DAGERMAN, "est impossible à rassasier...". Aujourd'hui, si un malheureux m'offre un brin de muguet, je ne le refuse pas d'emblée, mais en riant un peu sous cape (et ce n'est pas la cape du justicier, le printemps est toujours injuste), je pars l'offrir un peu plus loin, à quelqu'un d'autre qui lui, y croit vraiment. Ou croit peut-être que le coeur y est. Un vieux qui ne peut plus, ou un enfant qui ne connaît pas encore la cruauté de ces fleurs là. Porte- bonheur, à d'autres ! La saleté de Paris fût mon Interflora. Le même jour mais plus tard, un peu avant minuit, je trouvais un nouvel endroit. C'était sur une colline d'une plus petite ville de province, charmillante conille. Par défaut de grive j'allais me contenter de merle quoique, enfin bref... Il y a parfois des merles qui deviennent grives, à force. Désormais, il fût dit que j'habiterais là. A deux pas d'un autre coin. Un coin secret. Consolation de Mai, rassasiée à s'en damner pour au moins deux ou trois éternités...

glycines010_2.jpg

Le parfum est d'un mauve qui tente le baiser, même avec n'importe quel galant homme qui passerait par là, pourvu que l'ardeur ait son feu sous les demis-tonnelles qui sentent la violette, cachée dans les jardins, j'ai même cru longtemps que c'était du lilas, cette odeur de violette cachée dans les jardins. "Idiote, toi, qui ne connais même pas le nom des fleurs, peut-être voudrais tu qu'on t'en offre un bouquet ?" m'avait dit un monsieur, un autre mois de Mai, le premier justement, (pas le premier monsieur de Mai, les premiers messieurs, je ne les compte plus ah ! ah ! notre dindonne est fanfaronne !), le premier jour, (bien sûr !) où cessa entre nous, ce très beau vouvoiement, tout ça pour me traiter d'idiote et me tendre en même temps un bouquet si phénoménal que cinq bras d'hommes n'auraient pas pu en faire le tour, bon, je confonds avec l'épicéa du Clôt Bôteret, mais si on ne romance pas un peu la vie, l'Amour, à quoi bon vivre ? Et à quoi sert d'Aimer ? Je vous le demande ! Un vrai bouquet de premier Mai ! sans un brin de muguet dedans, que des grandes fleurs au nom latin oubliable dès l'instant, qui ne tiennent même pas dans un vase normal, ce qui supposerait qu'il existe quelque vase "anormal"... Mais ceci est un autre problème que je soulèverai un autre jour). Et notre monsieur d'ajouter "c'est le premier Mai, je n'allais pas t'offrir du muguet un premier Mai tout de même ! le muguet c'est bien trop commun, "con comme la mort"... "Con comme la mort". Il l'avait dit ! Voilà un monsieur vraiment bien, voire assez extraordinaire... Alors pour le récompenser. Il faut toujours récompenser les messieurs qui nous offrent un bouquet. (Conseil d'amie à ces dames, lectrices de Certains jours). Et bien j'emmenais le monsieur près de la demie-tonnelle aux lilas, tandis que, lascivement batifolés par cette conille au printemps, des troussements imprévus nous venaient dans les fleurs. Puis je sentis le souffle (brûlant ;-) du monsieur s'approcher de mon oreille (grand frisson): "Chère Idiote, murmura t-il, ton lilas de colline à l'odeur de violette, je crois bien que ce sont des glycines, en fait. "Des glycines en fête ? Wouah ! Voilà c'est les glycines qu'on devrait vendre le premier Mai, qu'on oublie ce muguet con comme la mort ! Et dont certains refusent le brin à cause de ce qu'en dit le dictionnaire :

http://noniouze.blogspot.com/2009/05/je-ne-veux-surtout-p...

Des glycines de la vieille conille de Lyon... Car les glycines de la colline aux cigales de Manosque quoique très belles, sont d'engeance moins batifolantes (A première vue, disons) du genre "Wisteria constrictor". Regardez les plutôt:

http://manosque.canalblog.com/archives/2009/04/30/1356547...

P... de muguet, clochettes de m... et leur fragrance de sentorette. Encore une fête et quoi encore ? Depuis, chaque premier Mai, je le passe le nez dans les glycines et je ne m'en porte pas plus mal... Pour les inconsolés, ceux qui se font bouler au printemps (Cupidon sait qu'ils sont nombreux) dites vous bien et c'est vérifié,"qu'un brin de muguet de perdu, c'est dix glycines de retrouvées". Mettez vous en ménage avec le bon adage mais n'épousez jamais le galant au mois de Mai, car il est écrit dans "L'almanach Amoureux" chanté merveilleusement par le non moins merveilleux et charmillonnant dindon ;-) J.L.MURAT, (à qui j'offrirais volontiers mon âme, pour une promenade élégante à poney jusqu'à Chalinargues, oui ben euh ! c'est le Mois de Mai, je dis ce que je veux !). Donc le vermeilleux J.L MURAT il chante sublimement (avec sa voix de velours transhumant) :

"Dans un Mai fol 'et gracieux tout mariage est malheureux."

Ami lecteur tu es prévenu. En Mai fais ce qu'il te plaît, mais ne fais pas n'importe quoi... Au besoin, nous te recollons la "non demande en mariage" du vieux Georges, si par hasard tu croisais en chemin quelqu'un de mal intentionné qui souhaiterait, non seulement t'offrir du muguet mais aussi te mettre un vieux fil (d'Avril) à la patte ou au doigt.

Nota: toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé est tout à fait fortuite et indépendante de ma volonté. Nous ne faisons pas dans l'auto-fiction (Euffrax !). Certains jours est un blog de purs esprits archangéliques et translucides vivant de poésie et de belles allitérations en "uuuuh" "ooooh" "aaaah", ce qui est beaucoup plus interessant que la vraie vie souvent peuplée de grosses personnes vulgaires qui vivent dans le faux pour ne pas dire dans l'ignorance ;-) Sur ce je vous glisse deux bons liens afin d'attiser la braise printanière (desfois qu'elle serait éteinte ;-), ou d'accompagner subtilement notre gentille photo de coquettes glycines. Le lecteur n'étant pas à l'abri d'autres connotations subliminales incontrolâbles, je décline toute responsabilité concernant les pensées impures de nos lecteurs (chéris), face à notre photo qui n'est pas mauvaise pour la santé. (Ni les pensées d'ailleurs). Ouf ! la naplète se rassure et va pouvoir se remettre à travailler. Fil de Mai et mains à la pâte.

Mais revenons à nos liens :

http://tangleding.hautetfort.com/archive/2009/04/21/les-f...

http://tangleding.hautetfort.com/archive/2009/04/21/eroti...

Autres pays, autres glycines, qui semblent naître carnivores puis deviennent tendrement japonaises à Manosque, voir ci-dessous :

http://manosque.canalblog.com/archives/2009/05/04/1361220...

Photo 1 - Je n'avais pas de muguet en photo (du muguet en photo ? Plutôt mourir !) donc j'ai mis des feuilles de ronces en larmes (c'est pareil). Vu là bas, un soir de pluie. Un autre 1er Mai.

Photo 2 - Les belles glycines de Mai, sur la conille à Lyon, juste à deux pas de ma maison. (Le nom de la rue est sous scellés ;-) Vues aujourd'hui 1er Mai 2009. © Frb.

30 avril 2009

Après après-demain, dans cent ans et plus...

"Je suis amoureux de la peinture depuis que j'ai pris conscience de son existence, à l'âge de six ans. J'ai fait quelques tableaux que je croyais très bons quand j'ai eu cinquante ans, mais rien de ce que j'ai fait avant l'âge de soixante-dix ans n'avait aucune valeur. A soixante-treize ans j'ai fini par saisir tous les aspects de la nature : oiseaux, poissons, animaux, arbres, herbe, tout. Quand j'aurai quatre-vingts ans j'irai encore plus loin et je posséderai vraiment les secrets de l'art à quatre-vingt dix. Quand j'atteindrai cent ans mon art sera vraiment sublime, et mon but ultime sera atteint aux environs de cent dix ans, lorsque chaque trait et chaque point que je tracerai seront imprégnés de vie."

HOKUSAÏ  (1760-1849) "Le vieillard fou de son Art" (Postface aux "Cent vues du Mont Fuji)

hokusai.JPG

En septembre 2008, je vous avais promis une suite au billet célèbrant brièvement HOKUSAÏ : "le Poète fou de peinture" (Voir ICI) ou "Vieillard fou de son art" ou encore "Vieux, fou de dessin". Vous verrez, plus loin, que les traductions de ce texte très connu ne manquent pas... Dans un premier temps, j'avais plutôt le projet de tenir ma promesse autour du printemps 2098 (procrastiniotat oblige) avec, peut être une suite, plus affinée au cours de l'année 3008, mais vues les circonstances inquiétantes (ce soir, de niveau 5), je me dépêche (vite ! vite ! vite!) de vous livrer ce petit brouillon du 30 Avril 2009, tout autant qu'un extrait de promesse, (c'est ce que vous voyez sur la photo l'arbre à promesses en train de naître), sachant que tout cela ne demande qu'à traverser deux ou trois siècles pour toucher ne serait-ce qu'une infime seconde de félicité.

HOKUSAÏ KATSUSHIKA ou HOKUSAÏ, (comme chacun sait), fût probablement le meilleur peintre et dessinateur japonais de sa génération, celui dont la renommée traversa les continents. L'artiste croqua la vie, l'éternité, l'espace, les choses, les relations des hommes à la nature et plus encore... Il fût aussi graveur, auteur de récits populaires japonais et peintre spécialiste de l'Ukiyo-e qui est un terme japonais désignant le monde flottant. Un terme appliqué durant l'époque d'EDO (1605, 1868), qui désignait l'estampe et la peinture populaire narrative. Ce genre, d'abord considéré comme vulgaire par sa représentation de scènes quotidiennes (voir ICI) connût un grand succès en occident après l'ouverture forcée du Japon sur le monde extérieur en 1868. Paradoxalement HOKUSAÏ, qui était pourtant un artiste du peuple, mourût presque ignoré, sinon méprisé de la classe aristocratique. En Europe il fascina de nombreux artistes, dont GAUGUIN, VAN GOGH et CLAUDE MONET. Ce  qui engendra un courant artistique appelé "LE JAPONISME". Le peintre HOKUSAÏ signa parfois ses oeuvres (à partir de 1800) par la formule "Gakyôjin" = "le fou de dessin"...

Et pour comparer un peu les manières de traduire cette "postface aux cent vues du Mont Fuji", ou sublime projet de vie artistique bien remplie ; je vous propose une autre mouture du même texte, bouclant la boucle d'une promesse dont je me demande si elle ne trouverait pas matière à se prolonger d'ici quinze à trente ans voire peut être plus tôt... (Quinze à trente jours ??? Je n'ose telle imprudence ...) Enfin vous verrez bien. D'abord bouclons la boucle. La première version ci-dessus est elle même citée par HENRY MILLER au tout début du livre "Big Sur et les oranges de Jérome BOSCH" succédant à deux autres citations l'une de THOREAU, l'autre de PICASSO. Celle qui suit, je ne saurai plus vous dire dans quel livre je l'ai trouvée, mais elle me paraît moins limpide, plus emberlificotée. A vous de voir... Les mêmes propos dans un tout autre style. donc d'un tout autre effet. Est ce qu'une même matière de réflexion autrement dite, produit une autre réflexion ? (that is the big question) :

"Depuis l’âge de six ans, j’avais la manie de dessiner les formes des objets. Vers l’âge de cinquante, j’ai publié une infinité de dessins ; mais je suis mécontent de tout ce que j’ai produit avant l’âge de soixante-dix ans. C’est à l’âge de soixante-treize ans que j’ai compris à peu près la forme et la nature vraie des oiseaux, des poissons, des plantes, etc. Par conséquent, à l’âge de quatre-vingts ans, j’aurai fait beaucoup de progrès, j’arriverai au fond des choses ; à cent, je serai décidément parvenu à un état supérieur, indéfinissable, et à l’âge de cent dix, soit un point, soit une ligne, tout sera vivant." (Ecrit, à l’âge de soixante-quinze ans, par moi, autrefois Hokusai, aujourd’hui Gakyo Rojin, le vieillard fou de dessin".)

Photo : L'arbre à promesses en ce jardin ... Attendez un peu qu'il fleurisse. Vous allez voir ce que vous allez voir ! Avril 2009. © Frb.

Après demain, un autre jour...

"Une vie immense, très lente, mais terrible par sa force révélée, émeut le corps formidable de la terre, circule de mamelons en vallées, ploie la plaine, courbe les fleuves, hausse la lourde chair herbeuse.
Tout à l'heure, pour se venger, elle va me soulever en plein ciel jusqu'où les alouettes perdent le souffle."

JEAN GIONO. Extr. "Colline". Ed. Grasset, coll. "Les cahiers rouges".

tree41.JPG

Si demain fût annulé, il n'en n'est pas de même pour hier et après-demain... Comprend qui veut ! si acrobatiquement on peut encore tracer un sillon quelquepart entre ces deux points (temporels) qui ne seraient ni aujourd'hui, ni demain, je veux dire qu'on pourrait peut-être se trouver (toujours quelquepart) entre hier et après demain, n'est ce pas ?... C'est pour cela que l'endroit (temporel !) s'apellerait "certains jours" au pluriel, ce qui permettrait quelques petits arrangements situés (encore quelquepart) entre les présents, les absents, ou bien entre deux trains, entre le graff et le crottin, l'architecture de Jean NOUVEL et l'épicéa centenaire dont cinq bras d'hommes ne parviennent toujours pas à faire le tour (hélas, de ce bois là, je n'ai pu vous ramener d'image, car le bel arbre classé, mais très peu visité est planté au coeur d'une forêt effrayante et profonde, la lumière ne l'effleure pas sinon en ses sommets, (mais je n'ai pas encore le courage, ni la souplesse de risquer ma vie pour ce blog). Cela dit, je crois bien que l'Ami Alceste, y conçoit ses quartiers d'hiver... Un sillon, un passage, une faille spatio-temporelle d'où je reviens sans savoir encore à cette heure si je suis vraiment arrivée. Mais si demain est annulé, j'ai ramené pour après demain quelques fragments d'hier : la naissance du printemps en bas de la colline, ça a l'air mais ce n'est pourtant pas, la légende de cette photo, ce sera celle des photos à venir, (un texte explicatif qui commente une photo que vous ne pouvez pas voir, (pour mémoire : une légende, au sens propre est un petit récit mêlant le réel au merveilleux, celle qui, (si ça se trouve), est dans l'oeil du lecteur qui fait sa petite histoire en regardant des images. Mais il ne s'agit pas du tout de celle là, (l'anglais dit "Legend"). Il s'agit plutôt d'une légende ordinaire au second sens tout propre aussi du terme c'est à dire : un petit texte commentant une iconographie (l'anglais dirait "caption"). Tout le monde avait compris je crois ;-) Un domaine qui m'est cher, appelerait cela "L'expérience du désordre" = se retrouver ici sans être tout à fait revenue de là bas. Le retour paraît bordélique. Coller une légende aux photos qui n'existent pas, (Pas encore...). Nommer "Certains Jours", les jours les plus incertains qui soient. Expliquer aux lecteurs des choses qu'ils savent déjà et promettre des choses toujours...  Promettre, on sait, mais des choses qu'on ne sait pas. Et GIONO dans tout ça ? Et bien "Colline" n'a pas grande  similitude avec cette photo. (ah si ? le petit bout de colline dira l'observateur sagace, c'est ma foi vrai !) non, mais sans rire, il faut se méfier des apparences ;-) la "Colline" de GIONO c'est beaucoup plus "sanglant" que ça; d'abord dans sa "Colline" il y a le drame de l'eau : parce qu'une source tarit, un hameau est menacé de mort... Alors que mon hameau, (cf. notre photo) il n'est pas menacé de mort. Enfin, pas en apparence. Car si l'eau de notre puits (qui nous vient des sources ancestrales du plus haut d'une autre montagne), semble limpide et transparente comme le plus pur des ruisseaux du premier jour du monde (cf. notre photo, hors champ), malheur à l'imprudent qui s'amuserait à boire cette eau ! Nous avions reçu un relevé d'analyse il y a cinq ou six ans... Nous avions lu, horrifiés ; c'était marqué en gros en rouge et souligné trois fois :"impropre à la consommation", une source inépuisable, qui traversant les siècles, ne fût JAMAIS impropre, (il est vrai qu'en ces temps reculés le mot "consommation n'existait pas), enfin, pour dire... Personne jusqu'à ces dernières années n'en fût empoisonné... Je vous épargne la liste des produits, plutôt chimiques, détectés dans cette eau (une histoire cochonne de pénétration et de nappe phréatique)... Tous les gens du hameau (7 ou 8 ) durent très vite, entamer les travaux pour raccorder tous leurs tuyaux à la javel municipale, personne n'osa trop protester, puisqu'en sulfatant leurs champs d'engrais et autres pesticides, les paysans s'étaient eux mêmes (disons à l'insu de leur plein gré) privés de leur belle eau de source (pourtant gratuite!). Quant aux ruisseaux magnifiques qui traversent forêts et prairies, ils sont devenus décoratifs, ils ont l'air purs, on tente bien de s'agenouiller au plus près de cette eau, mais on ne porte pas aux lèvres, même si ce n'est pas marqué sur le ruisseau, c'est comme une intuition qui court partout. c'est comme manger des fleurs, maintenant, ça nous ferait peur...

Fin de la digression concernant le drame de l'eau (et des fleurs). GIONO donc, et "Colline" (pour ne pas oser l'injonction: "lisez ce livre !" enfin faites comme vous voulez mais lisez ce livre!). Il raconte qu'il y a une épreuve dans le hameau, un incendie qui éclate et recrée la solidarité entre les hommes... Bien sûr, dit comme ça, voyez, personne n'aura envie de le lire ce livre... Voilà comment on bousille les auteurs en voulant résumer leurs livres... Parce que ce n'est pas ça l'important. L'important c'est que GIONO il était parti pour faire un roman et qu'au final il s'est retrouvé avec un grand poème qui grouille et qui fourmille avec une terre et puis des hommes dedans GONDRAN, JAUME , MAURRAS, et leurs femmes, GAGOU (un simple d'esprit)... GONDRAN qui tue un lézard et se met à penser que la nature est toute puissante, il en parle à JAUME et ça prend des proportions inouies et puis un matin JAUME voit un chat noir (chaque fois qu'il a vu un chat noir, c'était deux jours avant un grand malheur). L'endroit s'appelle "les bastides blanches"... Des signes annoncent le malheur. Et le malheur si redouté arrive. Tout à coup la fontaine du village cesse de couler et le chat reviendra encore porteur de mauvaises nouvelles... Et j'en oublie presque le plus beau, le doyen JANET qui dans sa fièvre "déparle" et tient d'étranges et méchants propos comme si les bêtes, les plantes, les rochers la colline parlaient à travers lui. Ce qu'il dit finit par faire peur. Le hameau se trouve éprouvé. La nature semble résister aux hommes. tandis que la mort rôde. JANET poursuit son chant de malédiction... Mais chut ! je n'en dit pas plus. Pour ne pas réduire et casser par des mots; toute la verve hallucinée, le sang et le feu, cette terre comme un être insatiable exigeant des hommes son dû. "Colline" on pourrait en parler des heures, le style y est incomparable, on retrouve aussi ce vertige, cette sensualité toute brute, l'humain à fleur de peau, dans les deux autres volets de la "Trilogie de PAN" (dont "Colline" est le premier, avant "Un de Beaumugnes, et "Regain", tous deux sublimes). Peut être "Colline" s'écoute t-il ? Peut-être, ne pourra t-on jamais tout à fait exprimer le rendu d'un chant par des mots ? Voilà tout l'indicible du récit de Giono: sa musicalité...

Quant à notre colline à nous, elle est sans cigales et plus douce que les "bastides blanches" du vieux Jean. Je vous promenerai en images, puisque je suis encore temporellement là bas entre hier et après demain, par les arbres et par les chemins où le silence est comme un rêve. Et puisqu'il n'y a plus de demain, nous pouvons d'ores et déjà nous installer aujourd'hui dans le mois de Mai qui nous plaît. Enfin libres ! au revoir Avril ! rangé, le fil jusqu'à Septembre...

Nota: Je remercie tous les lecteurs z'et lectrices, commentateurs z'et trices qui ont eu la délicatesse de continuer à visiter ce blog malgré l'absence de nouveaux billets. Merci encore vraiment... Je trouve ça bien chouette.

Photo : L' Alcestienne révérence à la colline de pins, qui doucement borde une montée, jusqu'au village de Montmelard (le bien nommé). Vue de loin, au milieu des champs, du hameau dit de "Vicelaire", un certain jour je chercherai pourquoi on appelle ce hameau "Vicelaire" et viendrai vous dire toute la vérité sur ce très vilain nom de hameau. (Promettre toujours promettre !). Avril 2009.© Frb

Toutes les notes