samedi, 18 avril 2009
PROCLAMATION MURALE
Demain est annulé ? Tout le monde s'en fout !
quoique...
Je remercie PIERRE-AUTIN-GRENIER qui a eu l'extrême gentillesse de m'envoyer cette incroyable et très forte "Proclamation murale" photographiée à Saint Louis, par son ami le peintre RONAN BARROT (que je remercie aussi), et qui expose en ce moment là bas : (Si vous passez par Saint Louis, les amis, l'indifférence serait impardonnable, voir ci-dessous un très bel avant-goût de quoi susciter le désir de s'y embarquer exprès) :
http://www.museefernetbranca.fr/page000100bb.html
Depuis quelques mois je rêvais, d'un billet d'où je me serais comme absentée, histoire d'ouvrir d'autres fenêtres et je me réjouis que cette "proclamation murale" soit une première. Comme j'aime beaucoup "rendre à César...", (surtout lorqu'il y en a deux). Je dédie à PIERRE AUTIN-GRENIER et au peintre RONAN BARROT, cette page de bel aujourd'hui, (et de bel aujourd'hui seulement) en forme de graff sidérant.
Je ne peux m'empêcher en contemplant l'image de lier les évidences, le jeu des résonances et trouver une sorte de fil très étrange entre cette forte proclamation murale, et le titre d'un livre de PAG non moins vertigineux : "L'Eternité est inutile".
Prenez le temps jusqu'à minuit de lire l'extrait, et sa musique d'un autre temps, dont on parle sans penser à demain... C'est avant minuit ou jamais, puisque demain ... Rideau !
http://pleutil.net/cote_rue/?date=2002-07-01
Quant à moi, j'anticipe. Et tire ma révérence aux lendemains de "Certains jours" pour quelques escapades hors-monde. Histoire de bien prendre ce graff à la lettre. Au pied du mur, si j'ose dire. (Ce qui n'est certes pas la bonne manière...). Il y aura sans doute un retour, mais comme dit toujours cet ami, (expert en relativité), l'Einsteinien Professeur JB, un de ces chers, qu'on placerait bien entre la photo de RONAN BARROT, et L'éternité vue par PAG, je le cite :
"Tant que c'est pas fait, c'est jamais sûr".
Demain, étant un terme abstrait (hélas !) et parfois même un gouffre. Je préfère vous dire à bientôt ! Bientôt sera un autre jour...
Photo: "Proclamation murale". St Louis. Printemps 2009. Posté par PAG. © Ronan Barrot.
07:39 Publié dans A tribute to, Art contemporain sauvage, Arts visuels, Balades, De visu, Impromptus, Le nouveau Monde, Mémoire collective, ô les murs !, Tapis rouge ! | Lien permanent
mardi, 14 avril 2009
La fin se précise...
"Au commencement de ce monde, la mort n'existait pas. Tout le monde continuait à vivre, et à la fin il y eût tant de gens qu'il n'y avait plus de place pour personne sur terre. Les chefs tinrent conseil pour décider de ce qu'il fallait faire. Un homme se leva et dit que ce serait une bonne chose que les gens meurent et disparaissent pour un petit bout de temps, et qu'ils reviennent ensuite..."
Extr : "Coyote et l'origine de la mort" in "Partition Rouge". Poèmes et chants des indiens d'Amérique du Nord. Traduits et rassemblés par Florence DELAY et Jacques ROUBAUD. Editions du Seuil. 1988
Nous poursuivons la lecture de la "Partition Rouge" ou "livre des poèmes et chants d'Amérique du Nord", tout en jouxtant les pollens blancs de "la Tordette", aux doux "flocons tissés d'or fin" du Stang Alar de Brest où un marchant vaste blogueur a charmilloné son lecteur jusqu'à l'envoûtement...
Ainsi deux commencements de monde où se jouent les métamorphoses en partant des choses telles qu'elles sont. Une souris se dévoue pour porter ces nouvelles à l'autre bout du monde. Click-click. Et la naplète voit le printemps. Mais le résident printanier confond tout. Ses désirs seuls sont clairs. Il ne sait même pas distinguer la partie du tout, ce qui est à lui, ce qui est à l'autre. Il voit un rameau blanc. Prend sécateur. Coupe la fleur. La mange. Sous l'oeil noirte, d'Alceste, caché en haut d'un orme, remuant le mystère de sa prochaine résurrection de par Nyole et ponts romans.
Pendant ce temps là, je veux dire dans un autre temps :
"WICHIKAPACHE se remet à marcher... Il est à l'origine et sur tout le chemin parlant aux fleurs, aux arbres, aux animaux. Il a un vieil arrangement avec eux. ils le montrent du doigt : "Voilà joueur de tour !" celui qui se joue des tours à lui même... Il a été lièvre, corbeau, geai bleu, WICHIKAPACHE, WATCHUNGAGA, NANABUSH, NANABOZHO, NI'HANCA ou IKTOME, l'homme-araignée des Sioux, si fourbe et grand danseur qu'après avoir roulé le monde il s'enroule lui-même en petite boule à huit jambes et disparaît (...) Faux chef. grand CHEF. Grand mystère. Premier né. Premier artisan. Grand père de tous. Farceur. Tricheur. Créateur qui gâche tout..."
Ainsi la fin se précise...
"Quelques temps après que le premier homme fût mort, les hommes-médecine se rassemblèrent dans la maison d'herbe et chantèrent. Environ dix jours plus tard, un tourbillon arriva de l'ouest et tourna tout autour de la maison d'herbe. Coyote le vit. Et comme le tourbillon était sur le point d'entrer dans la maison, il ferma la porte. L'esprit qui était dans le tourbillon, trouvant la porte fermée, passa rapidement en tournoyant. La mort éternelle fût introduite ainsi, et les gens, à partir de ce moment se lamentèrent sur les morts et furent malheureux. Maintenant chaque fois que quelqu'un rencontre un tourbillon ou entend siffler le vent, il dit : "Il y a quelqu'un qui erre par là..."
Source montage textes extr. de "Partition Rouge"
Autre lien à propos de WICHIKAPACHE et des légendes des indiens Crees ici : http://certainsjours.hautetfort.com/tag/wichikapache
Photo: Branchages aux doulces fleurs dont je ne sais toujours pas le nom, nous les appelerons "princess immaculis printinus". Vues au Parc de la Tête d'Or ("Tordette "en Charmillon), au milieu des massifs, longeant le petit chemin, tout près du grand lac romantique (genre LAMARTINE) ben non ! et le ciel peut attendre, je ne vous fourbirai pas "Le lac" de LAMARTINE en lien !). Lyon. Début Avril 2009. © Frb.
23:50 Publié dans A tribute to, Balades, Ciels, De visu, Mémoire collective | Lien permanent
L'origine s'oublie...
"Dire le nom c'est commencer une histoire"
SAMUEL MAKIDEMEWABE cité in "Partition rouge". "Poèmes et chants des indiens d'Amérique du Nord". Florence DELAY / Jacques ROUBAUD. Editions du Seuil 1988.

" 1872 : Dans la grande vision où Elan-Noir trouve son nom il y a le Grand-père de l'Ouest, le Grand-père du Nord, Le Grand-père de l'Est, le Grand-père du Sud, le Grand-père du Ciel, le Grand-Père de la Terre, douze chevaux noirs avec des colliers de sabots de bison, douze chevaux blancs entourés d'une troupe d'oies sauvages, douze chevaux alezans, avec des colliers de dents d'élan, douze chevaux fauves, un aigle tacheté, une coupe d'eau, un arc ,une baguette fleurie, une pipe sacrée ou calumet etc ...
1919: Dans la vision où Cerf-Boiteux trouve son nom il n'y a plus qu'un arrière Grand-père : le sien. Après quatre jours et quatre nuits passés seul sur la colline, sans eau, sans nourriture, dans la fosse de voyance, il entend certes la voix du peuple des Oiseaux mais il ne voit rien... Jusqu'à ce que, dans le brouillard tourbillonnant, une forme se dresse devant lui : "Je reconnus mon arrière Grand-père, Tahca Ushte, Cerf-Boiteux le vieux chef des Minniconjous. Je pouvais voir le sang s'écouler de sa poitrine, là où un soldat blanc l'avait tué. Je compris que mon arrière Grand-père souhaitait que je prenne son nom. J'en conçus une joie indicible."
Source : extr. de "dire le Nom" in "partition rouge".
Photo : Il y a un trésor dans la forêt d'à coté mais qui ne se voit pas. On le devine parfois juste après la pluie, quand au moment de l'éclaircie, on se trouve là, sur le petit chemin bordant le grand lac romantique où le canard colvert nargue son promeneur d'un mystérieux cancanement...
Parc de la tête d'Or. Lyon. Avril 2009. Frb ©
23:13 Publié dans A tribute to, Balades, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent
Le canard dans tous ses états ...
"C'est des façons de s'embarquer
qui vous font toujours remarquer"
PAUL-JEAN TOULET (Sur quelques tableaux)

Rien à voir avec les canards, direz-vous, de ces rimes de Paul-Jean TOULET à propos de "L'enlèvement d'Hélène" par Pierre PUGET. Rien à voir avec les canards que "l'enlèvement d'Hélène" de Pierre PUGET sinon cet excès de rêverie qui nous glisserait au pire dans toutes sortes de candeurs, lieux de la procrastination, idéal du rêveur, où toute les pentes du monde (ce que nous lisons, là dans les journaux, ce que nous croyons voir ici dans une télé, se fondraient dans une même écoute toute flottante et toute autre, qui nous ramènerait toujours à ces flots où nous pourrions tout à la fois aimer et maudire ce canard, avoir envie de le plumer, lui qui retarde, par je ne sais quel outrecuidant pouvoir, le cours de nos activités.
Aujourd'hui: un canard. Quand croisant au hasard, un ami qui demanderait mais qu'as tu fait de ta journée ? Nous pourrions répondre bêtement mais le plus sincèrement du monde : "- Ben euh, je suis allée au parc et j'ai vu un canard !" et l'ami très compatissant, avec ce ton plein de pitié, qu'il pourrait prendre lui même pour de la gentillesse nous dirait doucement, en regardant sa montre vite fait:" - Ah bon ? tu as vu un canard ? c'est bien ça ! et où l'as tu vu ? ce canard ?" Alors, le plus simplement du monde, nous serions contents d'annoncer à cet l'ami si bienveillant "- j'ai vu le canard au "parc de la Tordette", c'est une abréviation du parc de la tête d'or en charmillon" "- Bien, bien... dirait l'ami, le charmillon tu m'expliqueras un autre jour, j'suis désolé mais faut que je te laisse...j'ai un rv là, avec un gros client , tu comprends". Nous serions très compréhensifs mais là tout seuls au milieu d'un trottoir, nous nous ferions bousculer par la foule à la sortie d'une bouche de métro tandis que l'immuable image du canard naviguant sur les flots reviendrait en surimpression et nous glisserait comme dans un écrin plein de ouate, nous protégerait avec bonté de l'affreux tourbillon. Il y aurait encore cette phrase de la princesse SHIKISHI ( illustre fille comme chacun sait de l'empereur GO SHIRAKAWA): "Les canards sauvages sont sur la rive de la baie ..." Comme un mot posté sur une porte. Certains affichent bien sur leur porte, l'éternel: "je reviens dans cinq minutes". Pourquoi ne pas mettre à la place "Les canards sauvages sont sur la rive de la baie" ? Voilà donc l'ultime vérité, la chose à dire quand rencontrant cet autre ami, agrégé de philosophie qui sortirait d'une librairie avec un DEBORD sous le bras nous demanderait : "- Qu'as tu fait de ta vie ?", nous n'aurions pas d'hésitation à lui répondre "- J'ai vu un canard sur les flots et j'ai compris et je peux te dire mon vieux, que les canards sauvages sont sur la rive ..." mais L'agrégé nous couperait " - Excuse moi de t'interrompre, mais t'es sûre que tu vas bien là ? (toujours avec cette même pitié gentille): "Si t'as besoin d'un psy, je suis là. J'en connais un très bien". Alors nous penserions très fort au verbe "Canarder"= faire feu ou lancer des projectiles à partir d'un lieu où l'on est protégé"... Tandis que l'agrégé nous tendrait sa bonne grâce en souriant. Le canardage serait muet. Synonyme de "canarder" = bombarder. Je canarde, tu canardes, nous canardons... Plus fascinant encore son imparfait du subjonctif : " fallait-il que je canardasse, que vous canardassiez ?" Et l'ami s'inquiéterait toujours en souriant "Tu dis rien ! ça va pas ? Tu veux que je te raccompagne chez toi ? Profite z'en ! je suis venu en 4X4." Nous penserions un instant, à cet impératif urgent : "Canardons" : "canardons Camarade ! le vieux monde est derrière nous".
Nous rentrerions chez nous, seuls et tristes comme toujours, et à pieds, rédiger un billet pour notre blog, (ah ! notre blog !). Nous parlerions d'abord à nos lecteurs du "Canard" façon wiki : "Les canards sont des oiseaux aquatiques, au bec caractéristique, domestiqués ou non", imaginez tout ça dans le ciel : "les sarcelles, les tadornes, les brassemers" à en découronner NOVARINA . Nous noterions que le canard le plus connu c'est le canard Colvert, très chic non ? Le canard Colvert du nom savant "Anas platyrhynchos" plus vulgairement : "canard de surface" (on penserait tout de suite, au canard qui serait "technicien de surface", ou au canard superficiel. Mais que nenni !), on décrirait les moeurs étranges du canard mandarin dit canard forestier, du canard carolin dit branchu, (oui! un canard comme un arbre, avec des branches à la place des ailes, des branches cachées en fait), on évoquerait bien joliment le canard forestier, un canard, oui, mais d'Amérique du Nord. On raconterait que "le canard colvert et le canard de barbarie sont souvent hybridés pour produire "le canard Mulard". Et, on s'extasierait le reste de la nuit sur "le canard-à- bosse bronzé" avec des termes vrais, des termes qui font rêver : ( et il y a de quoi s'extasier : une petite bosse sur le nez, mais pas plus bronzé que moi, et quand même bien d'un pur genre beau-bizarre). On apprendrait que les canards caquettent, cancanent ou nasillent... On donnerait à ouïr un extrait qui nous rappelerait que certaines gens ont parfois des voix de canard et cela n'est pas très glaroum.
Enfin quoi...C'est assez extraordinaire une journée avec un canard. Je reçois un courrier à l'instant, un charmillonneur en balade me dit qu'il est Brest en train de photographier des cygnes... Son état vire à l'extatique quand il me parle du lac aux cygnes de Brest (lui parler de mon "canard colvert" je n'ose, he quoi ! c'est un peu misérabiliste). Je relie tout cela l'histoire vermeilleuse du "vilain petit canard" peut-être que je vis dans le passé ? et que Brest c'est l'avenir ? L'avenir c'est quoi ? C'est de ça qu'on parle sur France-Trois. J'ai mis en fond une télé, par acquis de conscience, depuis les horaires d'été renouées avec le Parc de la tête d'or, je ne sais plus ce qui se passe dans le monde. C'en est honteux ! Il faut dire qu'en 2001, trop occupée à regarder mon chien, s'amuser avec sa cloclotte, j'ai oublié la fin du monde. Maintenant je fais attention. Donc je mets la télé. Une fille aux yeux très bleus dit que la loi Hadopi c'est pas ça, il faut lire le "Canard enchaîné"; (Nous y revoilà !) Un monsieur (un expêêêrt) vient expliquer tout ça . Et tout ça sans rapport avec Pierre Puget, ni avec l'enlèvement d'Hélène, aucun rapport avec Paul-Jean TOULET, ni avec la princesse SHIKISHI, (sinon "le canard japonais" : Pure merveille née coiffée!) dont elle rafolait. (Ca, c'est moi qui rajoute). Et JEAN ROCH DE LIMA ferme la porte de la cuisine, il me regarde bizarrement. Puis repart en chantant, il est très fière de son brillant poème : "Le sonnet du canard, thermostat 8":
"Parfois j’entends ta voix par le trou des serrures fermées.
Je fais des ronds dans l’eau comme un canard japonais.
Il y a trop longtemps que j’ai avalé les clés.
Est-ce que tu veux me voir courir ? Hein ?" LA SUITE ICI
Je lis son poème en entier... Tandis qu'arrivent en file indienne les premiers invités. Quinze gros bougres affalés sur le click clack devant un paquet de tucs, humant le fumet du "laqué". J'entends vagrement l'expression "on va se régaler!". Je n'ai jamais trop eu de sympathie pour ces gens qui se frottent les mains avant de manger. Pas plus que je n'en ai ce soir, pour la nature humaine. Vilaine morfale...
Photo: Canard Colvert sur les flots impavides (oui, j'aime cet adjectif !) du parc de la Tête d'Or à Lyon... Filant des jours tranquilles au lac de LAMARTINE (Je vous épargne le poème). Lyon. Avril 2009. © Frb.
22:55 Publié dans Balades, De visu, Impromptus, Mémoire collective, Parlez vous Charmillon ? | Lien permanent
Ici bas...
"En pleine mer
Vers les quatre-vingts îles
A la rame je vogue.
Dites le au pays,
Bateaux de pêcheurs !"
ONO NO TAKAMURA (802-852) in "Anthologie de la poésie japonaise classique". Ed. Poésie/ Gallimard. Unesco 1971.
Un peu plus intimiste que le lac de LAMARTINE, beaucoup plus chatoyant que l'étang de Montrouan, voici un coin gentil où j'ai choisi de vivre. Sur ma barque, au printemps...
Gabriel Fauré "Ici bas" op 8 N° 3
Photo : Parc de la tête d'Or. Entre la grande allée pas si loin de la roseraie, et le lac romantique (celui de Lamartine) juste un petit chemin sous les ombrages, avec vue sur le pacifique. Lyon. Avril 2009. © Frb
04:13 Publié dans A tribute to, Balades, De la musique avant toute chose, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent
lundi, 13 avril 2009
Ce que dérive dit... ( part I )
"Ce soir, quelle est ma méprise,/ Qu'avec tant de tristesse,/ tout me semble beau (...)"
ARTHUR CRAVAN : "J'étais cigare". "Extr. Revue "Maintenant". Collection "le désordre" n°11. Editions Eric Losfeld 1971
Voilà ce que pensait peut-être, le poète, boxeur ARTHUR CRAVAN avant de disparaître au large du golfe du Mexique, en 1918...
Une hypothèse dit qu'un corps, aux mensurations de CRAVAN aurait été retrouvé à la frontière du Mexique aux Etats Unis. D'autres racontent que le poète (aussi boxeur) aurait été aperçu en train de peaufiner quelques crochets et uppercuts sur une orque femelle.
Certains nouveaux artistes revendiquent (tout comme Cravan s'était proclamé "neveu d'Oscar Wilde"), une filiation directe avec le poète : Sébastien MONTAG lui même professeur de boxe se déclare officiellement, "arrière petit-fils d'Arthur CRAVAN", et le plasticien de Bora-Bora : PASKUA (qu'on surnomme aussi le "Tahua" littéralement en tahitien "celui qui voit", "traîne-savate note-t-il encore, d'un art qui ne dit pas son nom"), lui aussi se sait corps et âme, je cite : "arrière petit-fils de CRAVAN" (et donc "arrière petit-neveu d'Oscar Wilde"). Quant à Guy DEBORD, ni neveu, ni arrière petit-fils, il aurait simplement aimé en être l'ami, comme il l'écrivit dans son "Panégyrique" tome premier (1989) :
"Les gens que j'estimais plus que personne au monde étaient Arthur CRAVAN et LAUTREAMONT, et je savais parfaitement que tous leurs amis, si j'avais consenti à poursuivre des études universitaires, m'auraient méprisé autant que si je m'étais résigné à exercer une activité artistique ; et, si je n'avais pas pu avoir ces amis-là, je n'aurais certainement pas admis de m'en consoler avec d'autres."
Ainsi vont les plus belles dérives... Me disais-je en lachant les deux mains du guidon de mon vélo, qui croisait sur le pont Morand, les berges de l'intranquille fleuve Rhône, par une hauteur laissant monter la dimension d'un autre style de voyage, (celui dont tout cycliste rêve en prenant de la vitesse) ; tandis que la géographie plus que jamais palpable, soudain se troublerait et paradoxalement, effacerait le point précis du plan de Lyon. Passé le pont Morand, il y aurait l'Amérique, Une tête haut perchée, surmontée d'un chapeau fait en plumes de dindons, un vernissage dans un musée, où devant des "huiles" fines, en une révérence aimable, j'oserais enfin me présenter sous mon vrai nom et jurer à la cantonade que je suis la petite-fille (mais la vraie !) d'Arthur CRAVAN et aussi la filleule préférée d'OSCAR WILDE. (Oui, je sais c'est assez tarabiscoté mais il faut au moins ça pour "rester jeune et cigare" dixit l'ami CRAVAN )...
Il me tient à coeur de dédier ce billet à ALEX : le fils caché (bien sûr ;-) d'Arthur CRAVAN, (et "cigare" à ses heures), que je ne remercierai jamais assez pour avoir glissé sur mon chemin, les admirables feuilles de "J'étais cigare" ainsi que quelques pages d'écriture d'un grain assez farouche à moudre. Merci encore à toi, ALEX !
Autre lien à propos d'A.CRAVAN et de la revue "Maintenant", voir ci-contre : http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/03/05/co...
Photo: Le cousin Germain de CRAVAN, fait sa culture pas moins qu'au trot... En direction du Parc de la Tête d'Or. La dérive semble ici linéaire mais il ne faut jurer de rien... Vu (sans être vue) tout en haut du Pont Morand à Lyon. Un soir d'Avril 2009. © Frb
22:23 Publié dans A tribute to, Balades, De visu, Impromptus, Le monde en marche, Mémoire collective | Lien permanent
Ce que dérive dit... ( part II )
Comme un Lundi fériant ...
"On peut dériver seul, mais tout indique que la répartition numérique la plus fructueuse consiste en plusieurs petits groupes de deux ou trois personnes parvenues à une même prise de conscience, le recoupement des impressions de ces différents groupes devant permettre d’aboutir à des conclusions objectives. Il est souhaitable que la composition de ces groupes change d’une dérive à l’autre. Au-dessus de quatre ou de cinq participants, le caractère propre à la dérive décroît rapidement, et en tout cas il est impossible de dépasser la dizaine sans que la dérive ne se fragmente en plusieurs dérives menées simultanément. La pratique de ce dernier mouvement est d’ailleurs d’un grand intérêt, mais les difficultés qu’il entraîne n’ont pas permis jusqu’à présent de l’organiser avec l’ampleur désirable."
GUY DEBORD Extr. "Théorie de la dérive"
... Et la dérive m'amène à suivre là, quelques ombres, ou la mienne au bras droit qui porte à l'oeil sa prothèse et me devance...
Dans "In girum imus nocte et consumimur igni" à traduire par "Nous tournons en rond dans la nuit et sommes consumés par le feu", GUY DEBORD écrivait magnifiquement, à propos de l'errance :
"La formule pour renverser le monde, nous ne l’avons pas cherchée dans les livres, mais en errant. C’était une dérive à grandes journées, où rien ne ressemblait à la veille ; et qui ne s’arrêtait jamais."
Pour G. DEBORD en effet, la "psychogéographie" permet de situer le poétique non plus dans les livres ou les tableaux mais dans un art purement situationniste, elle prend forme avec de nombreuses expériences de dérives, réalisées par les situationnistes ou leurs prédecesseurs lettristes. La dérive n'est ni voyage, ni promenade ; juste "une technique du passage hâtif à travers des ambiances variées". Les lieux privilégiés pour de telles expériences sont les villes : Paris, Amsterdam, Londres et de préférence les quartiers, les moins touristiques, les plus peuplés d'étrangers, et les moins prestigieux. Parallèlement les situationnistes élaborent les plans de nouvelles villes aménagées non plus en fonctions des nécessités vitales et commerciales mais en fonction du désir et du jeu : Villes suspendues mobiles en perpétuelles construction/ déconstruction faites d'espaces infiniment communicants. L'un des exemple sera "La nouvelle Babylone" de l'artiste néerlandais CONSTANT qui en 1956, entreprit de conceptualiser un nouvel environnement urbain. Sa "nouvelle Babylone" version de la ville planétaire de l'avenir est un lieu habité par les nomades futurs qui dégagée des limites conceptuelles et matérielles du travail, serait complètement mobile pour faire écho à la constante mobilité de ses habitants. Une ville en état de changement perpétuel qui pourrait exister partout et nulle part à la fois et ne se trouverait ni dans le passé ni dans l'avenir. (Echapperait-elle aux filets de la "Google map" ? l'artiste n'eût pas le loisir de le prévoir) mais, j'en devine déjà qui sourient à l'évocation de telle improbable utopie... N'est-il pas vrai pourtant, que l'une des plus anciennes formes de l'environnement bâti fût justement l'architecture mobile ? Les indiens des plaines par exemple avaient reconnu les possibilités de ce détachement. La plus grande particularité de leurs maisons était leur impermanence. Il y eût plus tard, chez nous et plus près vers 1920 environ, les caravanes qui font toujours office d'architecture de l'évasion (aujourd'hui, dirons-nous, d'une évasion plus "confortable", climatisée, embourgeoisée, s'il faut tout dire...) Mais revenons à nos... (non, surtout pas moutons, "dindons" peut-être ?), à Guy DEBORD, (Drapons Guy!),et sa "théorie de l'errance", DEBORD, on le sait, est à peu près de toutes les dérives, et surtout très actif, au niveau de la critique. il critique l'urbanisme dominant (cf. "L'internationale situationniste" et surtout "La société du spectacle"), où sa critique de l'urbanisme, constitue un réquisitoire radical contre l'isolement social, et la confiscation de l'espace public opérés par le pouvoir au moyen de l'urbanisme officiel et autres. La psychogéographie est une technique de réappropriation de la ville, une tentative de reconquête de ce que le pouvoir ne cesse de tenter de confisquer. La psychogéographie, les théories de la dérive, ont existé avant DEBORD, bien sûr. On peut relire certains récits relatés par André BRETON dans "L'amour fou" ou Nadja", chez ARAGON "Le paysan de Paris", dans les mémoires de P. SOUPAULT et avant eux : Gérard DE NERVAL Nous reviendrons sur ce sujet un certain jour... Quant à G. DEBORD, il est sans doute celui qui a su le mieux théoriser (tout en marchant), le terme de "Dérive" avec quelque longueur d'avance, sur ce qui existe aujourd'hui et n'existe pas encore, du moins est il déjà permis d'en rêver, voire d'en émettre à notre échelle très simplement humaine quelques premiers balbutiements, (à bon entendeur !) :
"Les difficultés de la dérive sont celles de la liberté. Tout porte à croire que l’avenir précipitera le changement irréversible du comportement et du décor de la société actuelle. Un jour, on construira des villes pour dériver. On peut utiliser, avec des retouches relativement légères, certaines zones qui existent déjà. On peut utiliser certaines personnes qui existent déjà."
GUY ERNEST DEBORD extr. "Théorie de la Dérive" publiée dans "les lèvres nues n° 9" décembre 1956 et "Internationale situationniste N° 2 publiée en 1958.
Ref. remerciements : à "La revue des ressources" d'où sont tirés les extraits de textes de G.DEBORD.
Photo: Ce ne sont pas toujours ceux qui ont l'air en dérive qui dérivent le plus... C'est que je me suis dit, ce jour en parcourant des kilomètres, subjuguée par le tangage des démarche conjuguées, inhabituelles, que je n'arrivais pas à doubler, malgré l'apparente désynchronisation des âges. Alors j'ai brisé tout mon rythme, en suivant presque sans y penser, ceux qui devant moi me portaient à une destination que je me réjouissais d'ignorer ; jusqu'à me faire semer, à quelques kilomètres du cours Vitton d'où fût prise cette photo, dans un quartier inconnu du côté de la rue Baratin à Villeurbanne Cusset (qui existe bel et bien et n'est pas encore trop mobile comme rue = La preuve est dans la carte et la carte n'est pas du tout psychogéographique!) Lyon, Avril 2009.© Frb
06:54 Publié dans A tribute to, Balades, Certains jours ..., De visu, Le monde en marche, Mémoire collective | Lien permanent





