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jeudi, 26 novembre 2009

Koyaanisqatsi

"On ne peut pas créer une société juste avec des moyens injustes. On ne peut pas créer une société libre avec des moyens d'esclaves. C'est pour moi le centre de ma pensée."

JACQUES ELLUL, cité par Patrick Troude-Chastenet in "Jacques ELLUL penseur sans frontières". Editions l'esprit du temps" 2005.

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Jacques ELLUL (1912-1994) occupe une place singulière dans la critique de la modernité. Auteur d'une soixantaine d'ouvrages, il s'est appliqué au cours de sa carrière à poursuivre un seul but : affirmer et défendre la liberté de l’homme face aux périls qui la menacent. Franchement hostile à ses contemporains (les leaders de droite) et à leurs idées, il s'est appliqué également à critiquer ceux de son camp, (la gauche), au risque de constants malentendus. Dans ses textes de 1935, soit quatorze ans avant les premières conférences d'HEIDEGGER sur le sujet, ELLUL considère déjà que c'est la technique et non le politique qui se trouve désormais "au cœur des choses". ELLUL a toujours refusé cette filiation intellectuelle avec Martin HEIDEGGER dont il connaissait dès 1934, l'engagement nazi. Résolument hostile aux "soldats politiques" fabriqués par le nazisme et le stalinisme, sans pour autant se reconnaître dans l'individualisme libéral à l'américaine, le jeune ELLUL a lui aussi cherché une troisième voie. J. ELLUL a traversé un monde terrible, impossible de comprendre son rapport au politique en faisant l'impasse sur ce contexte historique traumatisant : deux guerres mondiales, les horreurs de la guerre d'Ethiopie, la guerre civile en Espagne, la Shoah, la guerre totale combinant des techniques de destruction toujours plus sophistiquées avec le tréfonds de la barbarie humaine. Et partout le triomphe de l'état-Moloch.

La proposition émise par le sociologue Lewis MUMFORD (1895-1990) et Georges STEINER (sur un mode plus romanesque), selon laquelle "HITLER a bien gagné la guerre", fût déjà été suggérée par J. ELLUL en 1945, elle n'eût rien d'une affirmation de circonstances puisque J.ELLUL la réitéra tout au long de son oeuvre. Le modèle nazi, selon lui s'est répandu dans le monde entier, qu'est ce à dire ? Sinon que pour vaincre le régime hitlérien, les démocraties se sont moralement condamnées à vouloir vaincre le mal par le mal, autrement dit en s'engageant sans réserve dans le culte de la puissance technicienne. Ici se trouve le noyau de sa pensée : la technique, lisez, la recherche du moyen le plus radicalement efficace dans tous les domaines, constitue la clef de nos modernités. En substance, l'homme moderne est devenu l'instrument de ses instruments (comme dirait BERNANOS). En croyant se servir de la technique, l'homme moderne en est devenu le serviteur. Le moyen s'est transformé en fin, la nécessité s'est érigée en vertu. Pour J. ELLUL nous ne vivons pas dans une société post-industrielle mais dans une société technicienne. Si J. ELLUL se livre régulièrement à une analyse critique non pas de la technique en soi, mais de l'idéologie techniciste, on peut trouver dans son oeuvre quelques éléments pouvant conforter sa réputation de technophobe, il s'agit alors d'une technique personnifiée, hypostasiée, assimilée à une puissance voire à un monstre. Mais J. ELLUL parmi les techniques intégra le sujet de la propagande dont on pourrait retrouver aujourd'hui certains traits sous le nom de communication. En tant que sociologue, il la décrivait comme absolument nécessaire à l'intégration de l'homme dans la société technicienne, en que chrétien, il la considèrait comme un obstacle au règne de "la Parole". La Propagande, en effet, introduit la politique dans le monde des images et tend à transformer le jeu démocratique en exercice d'illusionnisme. La distinction classique entre l'information (la vérité) et la propagande (le mensonge) pour être rassurante n'en n'est pas moins très fragile. L'information est même la condition de la propagande, puisque l'opinion publique n'est qu'un artefact et qu'elle est fabriquée par l'information avant de servir de support à la propagande, cela, ELLUL l'écrivit dès 1952. En 1962, il publiera un ouvrage fondateur "Propagandes", où il met en exergue ce phénomène pas si connu et souvent mal interprété afin de briser les lieux communs qui associeraient systématiquement la propagande aux régimes totalitaires ou autoritaires. Il met en avant la nécessité pour n'importe quel régime de faire de la propagande. Ce livre écrit en pleine période de guerre froide voit s'affronter deux systèmes idéologiques qui ont recourt à la propagande. Déjà, ELLUL dénonce cette idée de propagande à visage unique, pour lui, la propagande est multiple et ne se résume pas à l'usage politique. Aujourd'hui on décrypte mieux les mécanismes de cette publicité, pire même, qu'elle soit aussi une propagande, on le sait presque désespérément ! (ce qui, au final, n'est pas si différent que lorsqu'on l'ignorait...). Mais à l'époque, il y avait quelque chose de très novateur à analyser plus profondément ce sujet. En cela, ELLUL fût très en avance sur son temps, et tout particulièrement dans l'étude de la relation étroite qui existait entre le propagandiste et le propagandé.

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Jean Luc PORQUET pense discerner les vrais héritiers de Jacques ELLUL dans la revue et la maison d'édition "L"encyclopédie des nuisances" qui développe une critique radicale et libertaire de la société technicienne. On y relève quand même quelques points de divergences avec la pensée Ellulienne, au sujet de la pédagogie de la peur (entre autres). Les Elluliens sont par ailleurs nombreux et variés mais il semble que l'on puisse les classer au moins en deux catégories : ceux qui se sont inscrits dans le sillage de l'oeuvre sociologique, et ceux qui se sont attachés à l'homme de foi ; mais ce qui caractérise l'oeuvre plus généralement d'ELLUL est le rapport qu'il entretient avec ses lecteurs, qu'il ne ménagera jamais. Tout lecteur fasciné par son oeuvre a pu parfois s'en trouver provoqué, irrité, notamment par de nombreuses contradictions. Pour exemple, ELLUL s'avèrait un grand pourfendeur de l'état dans ses cours et dans de multiples livres, mais c'était son statut d'enseignant qui lui permettait de vivre et d'écrire. Le penseur assumait ce paradoxe avec talent :

"Nous voulons être payés par la société pour contester cette société. Fonctionnaires de la représentation de la liberté"

De même, le couple "anarchiste et chrétien" pouvait faire désordre aux yeux de ses lecteurs, tout comme le binôme (!) "anarchiste-fonctionnaire"... Encore plus fort, ELLUL, étant un travailleur acharné ne ménageait pas ses efforts pour se faire l'avocat d'une éthique de la paresse ! Au delà de ses contradictions c'est la logique même de l'écriture d'ELLUL qui séduisit ses lecteurs assidus franchissant avec lui deux ou trois seuils de radicalité ils ressentaient sans doute, une certaine jouissance à lire ce qui n'avait jamais été écrit jusqu'alors.

Je laisserai à G. BERNANOS un espace ouvert en guise d'épilogue + une petite phrase sans concession, qui pourrait nous ramener (si l'on cherche bien) quelque part sur les pas de J.ELLUL :

"Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train."

Enfin, et tel un contrepoids à ces lourds constats et perspectives, je vous propose (pour aérer) quelques vers de VIRGILE, issus d'un monde où nagent tranquilles dans des ruisseaux bleus et limpides des milliers de truites sauvages. Ces vers évoquent un monde intouché, bucolique, incompatible avec toute forme de technique, à cette infime exception près qu'ils nous parviennent ici, maintenant, chez vous, par la grâce (perfide) de la technique. (Que faudra il penser alors ? ) ...

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Allez, troupeau jadis heureux, chèvres mes chèvres
Vous ne me verrez plus, couché dans l’ombre verte,
Au loin, à quelque roche épineuse accrochées.
Vous ne m’entendrez plus, vous brouterez sans moi
Les cytises en fleurs et les saules amers.

Nota : Le titre de ce billet cite un film de Godfrey REGGIO ("Koyaanisqatsi") qui rend hommage à J. ELLUL dans son générique de fin, comme l'un des cinq inspirateurs du film (voir bande annonce ci dessous, accompagnée d'une bande-son magistrale signée Phil GLASS

http://www.youtube.com/watch?v=PirH8PADDgQ

Voir, écouter J. ELLUL, (une vidéo Hi tech et science). Avertissement : pour accéder aux propos passionnants de J. ELLUL, il va falloir probablement (?) que vous vous tapiez une petite pub niaise et ravie (propaganda !) qui réduira presque à néant toutes nos bonnes entreprises...

http://www.dailymotion.com/video/k4Q0swEwEoLQbzuUCb

Pour la beauté du titre, de l'écho, et du blog, découvrir un supra bienveillant envers ELLUL au domaine plus qu'ami ci-dessous :

http://solko.hautetfort.com/archive/2009/11/28/desesperem...

Relire la propagande du komitbüro de C.J. citant ELLUL à son porche d'entrée :

http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/09/19/sa...

Photo 1 : La tour "Oxygène", Lyon part-Dieu .

Photo 2 : Le tour (de mâchoire ?) sans oxygène. Terrain vague, (plus pour longtemps), vu du côté de l'avenue Salengro à Villeurbanne.

Photo 3 : L'oxygène tout court. Lyon, colline par l'esplanade ex.canute, ex-condate, (merci Solko !). Novembre 2009. © Frb.

Commentaires

Souvenons-nous donc que la colline ex-canute fut la colline ex-condate, et que des chèvres y broutèrent durant des siècles, gardées par des pâtres gallo-romains puis burgondes qui, peut-être, n'ignoraient pas Virgile.
Merci pour cette video exceptionnelle où l'on écoute Ellul. C'est désespérément éclairant, pourrait-on dire. Je relève quelques formules assez savoureuses : "ce n'est pas un état durable, l'état de hippie". "Les conduites suicidaires de leurs fils ne remettent pas en cause les conduites imperturbables des techniciens" "Le technicien exerce une technique qui le satisfait" (grandiose, ça... Peut-on parler d'orgasme techniciste ?")
Et puis enfin : "Faire une révolution contre une société déjà dépassée ne signifie rien..."

Désespérant éclairant...

Écrit par : solko | samedi, 28 novembre 2009

@Solko :C'est vrai pour l'ex-canute, EX CONDATE, c'est un oubli de taille ! (heureusement que je vous ai Solklo !). un fait non négligeable que Melle Pugeolles aura encore oublié de signaler (Toutes les lacunes sur le dos de melle Pugeolles
et hop !). Pensez vous sincèrement, que le gros de la Gaule était chèvre ? mieux encore pâtres gallo-romains puis Burgondes ? je crois qu'en grimpant tout là haut je vais quêter des yeux quelque âme égarée de jeune pâtre (virgiliens).

Vraiment j'apprécie votre commentaire à propos de cette vidéo, je crois que l'adjectif "passionnante" est assez faible.Lire à propos d' ELLUL, n'est rien, il faut l'écouter bien, il faudrait aujourd'hui l'entendre. J.ELLUL en 2009-10 etc... serait d'une fulgurance redoutable (même en face de nos... ("nos" non ! de ... "leurs" !) grenelles de l'environnement et autres lancers de ballons verts spectaculaires. D'ailleurs cette espèce de vague verte "tartuffionne" très caricaturale, ELLUL , en avait fait la critique avant même qu'elle en soit à ce point (j'oserai dire de "technicité" )... ELLUL (comme DEBORD d'une autre manière) est un novateur, au moins 40 ans d'avance sur "notre" temps... Et une pensée mal ajustable car... dérangeant les beaux totems de la bien-pensance toutes tendances confondues. Ce qui a fait que ELLUL (peut être l'avais je déjà signalé) et DEBORD n'ont pas bossé ensemble, c'est cette histoire de Foi (ELLUL un grand bonhomme de Foi sur ce point dérangeait DEBORD) mais sans cette divergence (Debord était une tête de chien) on imagine déjà ce qu'aurait donnée une vidéo à deux voix, une oeuvre à quatre mains.
Desespérément éclairant oui... Ne pas oublier que cette vidéo date je crois du début des années 70
"Quand vous arrivez à une puissance extrême, ce que vous faites n'a plus de sens... "Tout est possible" ça veut dire que rien n'a plus de sens" (J.E.)
C'est fort n'est ce pas ? et l'intégral, d'une sidérante modernité.
Merci, Solko, pour cette belle attention et pour votre commentaire - lu et ô combien approuvé ! -
Bonne journée...
ps : quand j'ai répondu à ce commentaire, je n'étais pas encore passée chez vous. Quelle belle surprise ! Je suis très touchée.

Écrit par : Frasby | samedi, 28 novembre 2009

pourtant ça marche et ça rapporte !!!!

Écrit par : patriarch | samedi, 28 novembre 2009

@Patriarch : ça marche ? Vraiment ? (.. euh bon , vous avez de la chance que Solko m'ait filé sa flemme sinon je chercherai la petite bête)
Et ça rapporte ! ... ça, OUI !
A qui ?
Euh... Bon, aucune réponse n'est exigée, ni sous plis ni sous vide.
Faut que je me change les idées...
Ils sont à vous ces beaux cacatoés rosés ? (rires !)
http://patriarch.free.fr/?p=1480
Voilà ce qu'il me faut pour mon dimanche, merci Patriarch !
Bonne fin de journée !

Écrit par : Frasby | samedi, 28 novembre 2009

- "ELLUL s'avèrait un grand pourfendeur de l'état dans ses cours et dans de multiples livres, mais c'était son statut d'enseignant qui lui permettait de vivre et d'écrire."
certes
mais il vivait et écrivait non pour l'état mais pour ses classes (à elles à mener les luttes qui les éveillaient), sans compromissions avec cet état, sans hypocrisies non plus

l'enseignement, c'est une liberté réciproque (enseignés-enseignants) : ap-prendre, (s')interroger, dépasser, (re)chercher...
et le rôle de l'état démocratique, c'est d'abord d'être garant au moins des conditions matérielles de cette liberté
(je note au passage qu'en Belgique, la fonction d'inspecteur d'académie n'existe pas, et dans les limites de ma petite expérience, je m'en réjouis, dans la mesure où en France, ils ne me semblent être pas des conseillers pédagogiques mais des contrôleurs)

plutôt que de voir une contradiction dans le "statut" officiel d'Ellul, vous avez raison de préférer le terme de "paradoxe"
il y a du libertaire... non institutionnel chez lui, et d'autres

Écrit par : JEA | samedi, 28 novembre 2009

@JEA : Oui vous avez raison d'apporter cette précision importante ( par l' expérience de l'enseignement que je n'ai pas et dont j'ignore presque tout, côté salle des profs)
Il était difficile d'évoquer Jacques ELLUL sans évoquer (quasi texto) ce qu'en disaient ses détracteurs (ils furent nombreux)
Personnellement, je ne lui reprocherai pas)
De toute façon, quelque soit le corps de métier (quelle expression !) nous sommes un peu poussés au paradoxe. Quoiqu'on dise (pense)dès lors que l'on choisit une position critique. Comme certains compositeurs, auteurs, réalisateurs (je sors un peu du champ purement éducatif pour prendre un exemple qui m'est familier) : Un artiste qui voudrait émettre sur sa société quelque critique n'a que le choix entre
goûter au monde contestable de son éditeur ou de sa maison de disque pour avoir quelque chance de diffuser ses idées, son art ou bien il est condamné à ne faire profiter de son travail (recherche etc...) que dans sa chambre avec deux pelés et 3 cousins pour public, en touchant éventuellement un rsa déprimant par ailleurs, trop peu pour lui permettre d'évoluer. On touche aussi là le problème de la reconnaissance (et de son prix). Finalement dès lors qu'une critique doit apparaître quelque part ne doit-elle pas avoir à ouvrir quelques portes problématiques ou carrément paradoxales ?
Je note précieusement vos propos "sans compromissions et sans hypocrisies non plus", Tout est là. La force d'une pensée aussi. C'est toujours de l'acrobatie. Pour autre exemple (pardonnez toutes ces digressions)
Guy DEBORD prônait le droit de ne pas travailler (mais on sait aussi qu'il avait des copines qui l'aidaient financièrement à élaborer ses travaux artistiques, ses revues, et travaillaient dans des lieux que DEBORD exercrait, il vira certains autres de ses amis situs pour moins que cela un paradoxe dont ses détracteurs se régalent encore, au final c'est stérile, parce que la pensée , l'expérience de G.D nous est parvenue, et nous construisons aussi notre autonomie avec cela).
Ainsi peut se jouer un équilibre .Concernant l'éducation c'est encore plus délicat. L'enseignant est passeur. J'adhère sans réserve à votre idée de liberté réciproque. l'Etat se comportant en chef d'entreprise a toujours l'air de faire croire à ses 'employés" je préfère dire "enseignants" qu'ils ont de la chance d'avoir un poste (et par conséquent qu'ils s'en réjouissent et qu'ils s'écrasent (?)... Un processus infect et malhonnête de culpabilisation aux périodes où le travail se fait rude à trouver. Usant, pour l'enseignant aussi, je ne critiquerai pas celui qui baisse les bras. (Processus général evidemment). Comme si obtenir un travail exigeait en retour un asservissement.
"Le rôle de l'état démocratique est d'abord d'être garant de cette liberté démocratique". Tout est dans cette phrase !
Un éclairage désespérant aussi par les temps qui courent.
Je n'ai jamais trop bien su à quoi servait un inspecteur d'académie, mais à voir quelques amis enseignants se prémunir de leurs visites avec quelques de sachets de spasfon, et autres temesta ,ces inspecteurs en France m''ont tout l'air d'être que des contrôleurs. Enfin je ne sais pas. Merci JEA, pour vos notes précieuses qui poursuivent assez bien le billet.

Écrit par : Frasby | samedi, 28 novembre 2009

infiniment plus terrifiant que les piètres "inspecteurs" de l'EduKKK Nat (en avoir peur c'est franchement avoir peut du grand méchant loup des contes !!!)
et même infiniment plus terrifiant que "l'Êtat"
il y a Moloch
"dont la pensée est mécanique pure ! Moloch dont le sang est l'argent qui coule ... Moloch dont les yeux sont mille fenêtres aveugles ... Moloch dont l'amour est pétrole et pierre sans fin ...Moloch dont l'âme est électricité et banques ..."
relire la partie 2 de Howl
et se réconforter en lisant le "post scriptum"

Écrit par : hozan kebo | samedi, 28 novembre 2009

@ Hozan Kebo : Vous savez très bien que l'inspecteur de l'édukak n'est qu'un narbrisseau d'opérette (pas un authentique brésar hein !) qui cage (et cache) la forêt (des comptes) J'ai pour délicieuse habitude de ne choisir parmi mes amis enseignants que des belles personnes lucides (donc angoissées) souffrant d'ulcères (;-O !) et je m'en félicite comme dirait Raffarin =(I amed veri congratulède maille self too be contentède of mi).
Mais bien sûr il y a Moloch ! (assez ri !)
"Dont les yeux sont mille fenêtres aveugles". Beau !
Relire la partie 2 de "Howl", très bonne idée !
Excellente même...
Vous parlez bien du poète picnitte ?

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/d/d9/Ginsberg-sm.jpg

De ça ? (fragment, sorry.... mais bien sûr il faudrait lire tout
[...]

I'm with you in Rockland

in my dreams you walk dripping from a sea-journey on the highway across America in tears to the door of my cottage in the Western night

Allez, lisons ! (c'est samedi, jour de grâce !)
http://www.wussu.com/poems/agh.htm

Merci Hozan ! ô grand chasseur de pistes !

Écrit par : Frasby | samedi, 28 novembre 2009

oh so sorry ! i'm a teacher mais j'ai pas d'ulcères ! faut donc t-il croire que je manque de "lucidité" ????
(quant aux "pistes" n'attendez pas que je vous en chassasse , je ne chasse rien d'autre que mes eaux (& os) usées)
(mais j'aime bien le film "chasseur blanc coeur noir")

Écrit par : hozan kebo | samedi, 28 novembre 2009

@Hozan Kebo : Oh ! la benête ! pardonnez moi ! je suis horriblement gênée (;-j) C'est tout moi ça ! en sabots, les pieds joints dans le plat en porcelaine, et hop ! très délicate ! (Je n'ai pas dit non plus que vous étiez un plat de porcelaine, ah ! non ! non ! non ! j'ai JAMAIS dit ça ;))
D'abord je savais pas que vous étiez titcheur. Vous ne me l'avez jamais dit, jamais franchement entre 4 yeux ! (c'est de votre faute ! je peux pas tout deviner moi ! je ne suis qu'un petit être humain misérable)
et pis vous savez les belles personnes lucides (et pas toutes angoissées, pouf, pouf !) qui n'ont AUCUN d'ulcère j'en connais d'autres ! c'était juste pour faire genre. Vous savez bien que je mens tout le temps et que ma logique est assez contestable;-)
En fait vous n'êtes pas le premier ( teacher in my life) complètement lucide et décontracté (without youlcères) que je croiserai sur la grand route...
Eh ben non ! vous n'êtes pas le premier ! voilà ! c'est dit ! par contre des teachers >LUCIDES (que je fréquente) qui ne sont pas un chti chouïa angoissés, là, je n'en connais pas ! Seriez vous le premier ? Auquel cas ça s'arroserait ? (tournée offerte par la princesse pour se faire pardonner !)
C'est sûr qu' après ça, j'vais plus rien oser vous demander ...
Si, euh... peut être une petite chose concernant la chasse ? Je ne connais pas du tout votre film, c'est quoi ? (il me reste beaucoup à apprendre)
En attendant je peux vous offrir ça (c'est très bon) :
http://www.youtube.com/watch?v=e5AKK_om1VU&feature=related
(Que ne ferai je pas pour me rattraper ? ;-)

Écrit par : Frasby | samedi, 28 novembre 2009

@Hozan kebo : Je peux aussi vous offrir ça.

http://www.youtube.com/watch?v=gvWsDXexHdE
(Que ne ferai je pas, vous dis-je !)

Mais ça, c'est une very speciale dedicace, (pour vos fleurs et pour vos légumes).

Écrit par : Frasby | samedi, 28 novembre 2009

Passionnant billet. Merci beaucoup.

Écrit par : Pascal Adam | samedi, 28 novembre 2009

@Pascal Adam : Merci d'apprécier, et ravie de vous croiser ici.
Je vous lis souvent en silence (et j'en remercie Solko, qui m'a indiqué le précieux chemin)...

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

Merci pour cet article qui m'a permis de combler un petit pan d'ignorance... reste le reste.

Écrit par : gballand | dimanche, 29 novembre 2009

@gballand: Merci à vous ! c'est joli l'expression "petit pan d'ignorance"... (Tant qu'on a des pans d'ignorance, y'a de l'espoir ! le reste n'est peut être que littérature (???)

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

je reviens lire tout ça (et les 2 billets précédents) pour lire de façon concentrée (là, j'ai téléfoot en bande son ;-) parce que ça m'a l'air très très intéressant !
juste un bonjour du dimanche !

Écrit par : ficelle | dimanche, 29 novembre 2009

@Ficelle : Prenez votre temps Ficelle ! Les billets vous attendront ! (Juste pour voir ! c'est donc VRAI ! damned ! il y a bien téléfoot sur Téléfin ! je note qu'insidieusement vous m'avez "obligée" à allumer une télé un dimanche matin ! c'est de la provocation, Ficelle !) De grâce ! n'abusez pas du son de téléfoot (vous allez vous faire du mal !) chez moi, pardon pour la propagande (sans outrecuidance) la bande son a été spécialement étudiée pour ne faire de mal à personne. Ca c'est un avantage ! Et tant qu'à mettre une télé et une bande son, je préfère jean Luc Petitrenaud sur la 3 (il est à Montmartre là, avec Michou) ; Montmartre, Michou , et une salade bleue, (fromage bleu, de la crème, lisette, un petit peu de vodka...). Et des choucroutes,des rochers au chocolat ,du caramel, une potée ! Voilà ! vous avez mon bonjour du dimanche !(sur fond d'accordéon). A bientôt !

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

Bernanos, Ellul, Reggio... trois croyants.

Écrit par : mon chien aussi | dimanche, 29 novembre 2009

@Mon chien aussi : Oui, juste remarque ! On ne peut pas faire l'impasse d'artistes éblouissants, juste parce qu'ils sont croyants. N'est ce pas ? Ca ne veut pas dire qu'entre les lignes, j'ai dessein d'amener le lecteur à louer le christianisme. (Loin s'en faut). J'espère que le lecteur se situera au dessus de ces vieux manichéismes, qui consisteraient à trouver les croyants ringards et les athées modernes. (Je sais, vous n'avez rien dit de tel ! ;-) c'est une réponse + générale, (et j'en profite (fourbement ;-o!) pour clarifier une intention... ;-)
En réponse + particulière : Bernanos est croyant, son écriture est très moderne. (Un avis qui n'engage que moi, of course). Ce que j'aime chez cet auteur c'est le croyant qui continue à ouvrir les questions. Dieu brillant aussi par son absence... Bresson ou deux agnostiques tels que Pialat et A. Cavalier ne se sont pas privés de s'en inspirer. Bernanos je l'ai cité près d'ELLUL pour suggérer ce parallèle, La foi, (qui ne se satisfait pas simplettement de crétinerie de bénitiers). Ce n'est pas du hasard. REggio evidemment, se réclamant de la pensée de Jacques ELLUL, etc ... etc ...ayant un regard également sujet à malentendus sur le "Techno Mundi"... etc etc ... !

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

@Frasby. Sans faire l'impasse, on peut se demander si toute pensée ne contient pas en elle d'autres développements que ceux que l'on croit percevoir à travers le filtre de nos propres pensées. C'est tout ce que je voulais dire. Et je ne vous ai jamais soupçonné de quoi que ce soit. :)

Écrit par : mon chien aussi | dimanche, 29 novembre 2009

Ellul et Charbonneau (encore moins connu) sont à l'origine avec plus tard Castoriadis d'une mise en abime du scientisme qui est une idéologie de la toute puissance de la techno-science. Mais il est vrai qu'Ellul comme Charbonneau pensaient que le nazisme et Hiroshima avaient définitivement tué l'espoir sur terre. Heureusement les mouvements qui s'inspirent d'une analyse proche ne sont pas tous profondément pessimistes comme eux et tentent de penser l'après tout technologique. Ce n'est pas facile car comme le dit Ellul nous sommes tous à l'intérieur et plus ou moins complices du système et réduits à nos paradoxes. Mais le plus difficile à contrecarrer c'est que les alternatives sont entachées du discrédit "d'idéologie", comme si tout n'était pas idéologique et d'utopie, comme si poursuivre la fuite en avant actuelle ne l'était pas.
Ce billet est si riche que je le mentionnerai dans le Vent des Blogs de ce jour

Écrit par : Zoë Lucider | dimanche, 29 novembre 2009

@Mon chien aussi : Je sais bien que vous ne me soupçonnez
pas ;-) Et quand bien même, pour tenter le diable (si j'ose dire) vous me soupçonneriez... ;-) il faudrait bien que je réfléchisse à émettre un halo plus large que ma petite loupiotte... En tout cas, cette éventualité n'est pas à ignorer, elle est interessante (cent fois sur l'établi etc...) Je ne prétends pas tout maîtriser) donc évidence, à votre question , je ne peux répondre que : oui ! (oui tant mieux, ou oui, hélas, tout dépend si ces autres développements ouvrent ou nous précipitent sous une chappe qui refermerait tous les accès possibles). Donc pour répondre clairement. Oui je crois que toute pensée contient en elle d'autres développements que ceux que l'on croit percevoir à travers le filtre de nos propres pensées. Evidemment, c'est une chance de se frotter à l'altérité de la pensée, je ne suis pas du tout hostile à cette idée avec malheureusement risques de malentendus, un classique, dès lors qu'on essaye de communiquer quelque chose d'un point de vue qui n'est pas stricto sensu panoramique, ou encyclopédique et contient des parti-pris + subjectifs. (c'est ça l'éclairage aussi). Ellul avait avec son lecteur une relation assez "taquine", provocatrice parfois, aussi parce qu'il craignait que son lecteur le suivre aveuglément, le gourouïse, il lui balançait quelque fois une pitance un peu répulsive, il désirait plus que tout que son lecteur construise et réajuste une pensée plus autonome avec ce qu'il émettait dans ses livres. Avec ce risque que quelque chose échappe ou prenne une direction imprévue... Après ça devient de la composition... Bon. Euh.. C'était quoi la question ? je suis encore à côté de la plaque, j'parie ! ;-))

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

Je suis revenue, j'ai lu… et c'est passionnant. Je pars maintenant un peu plus à la découverte.
(quant à téléfoot, on ne choisit pas toujours… ceci dit il y a des questions intéressantes dans le foot…)
(j'ai remplacé par le live de bashung, que je n'aurais jamais vu alive) (mais quel bonheur sa musique)

Écrit par : ficelle | dimanche, 29 novembre 2009

"Les voix libératrices ne sont pas les voix apaisantes, les voix rassurantes. Elles ne se contentent pas de nous inviter à attendre l'avenir comme on attend le train."

Des tas de gens pourraient revendiquer ces paroles tant elles sont floues.
Je me méfie des prophètes, qu'ils soient sympathiques ou pas. Qu'ils semblent avoir raison ou pas. Pour en revenir un peu à Reggio, je me souviens que regardant son film, je me suis dit souvent qu'il considérait les gens sous le seul angle mécanique, et qu'il ne les voyait qu'au travers du verre de l'objectif de sa caméra. Pour moi, un film de propagande pur et simple. Un film drôlement efficace, soutenu par une musique répétitive qui ne faisait que renforcer de mécanique appliquée à l'homme. Godard a aussi tourné un film montrant une serveuse de bistrot nettoyant des verres pendant une demi-heure. Elle, réduite à sa fonction. Et je me demande si chez tous ces penseurs, il n'y a pas une volonté de dénigrer l'homme en le ramenant à sa seule apparence (tout en affirmant le contraire). De même pour une société. Je ne veux pas être l'apologiste de la technique, mais il y a dans ces discours récurrents une espèce de doxa qui semble affecter toute la bien-pensance actuelle.
Suis sans doute un peu à côté de la plaque. Comme d'hab'.
Mais pour Ellul, se dire marxiste et chrétien, déjà, je suis perplexe, mais affirmer que le discours de Marx ne se comprend qu'inscrit dans un discours chrétien, comme si Marx avait voulu reprocher ou tendre à la société chrétienne un miroir dans lequel constater sa non adéquation à la vraie vie chrétienne, ça me paraît curieux.
Quand on mêle religion, sociologie et politique, d'office, je me braque.

Écrit par : mon chien aussi | dimanche, 29 novembre 2009

@Zoë Lucider : Oui ! oui Charbonneau très important,
bien sûr ! Je n'oublie d'ailleurs pas que c'est grâce à vous (à un de vos commentaires ici) il y a quelques mois que je me suis replongée dans Charbonneau avec beaucoup d'interêt. Je vous dois une fière chandelle Zoé ! ;-) Ellul et Charbonneau servant d'introduction un peu trop vaguement à mon goût à un précédent billet de C.J. un peu "sauvage" intitulé "sauver le monde", en l'évoquant je m'étais jurée qu'un jour je ferais un zoom un peu plus serré (et sérieux) sur J. Ellul et Charbonneau. Ellul c'est un peu fait. Charbonneau peut être un certain jour ? Je l'apprécie beaucoup Patrick Troude Chastenet a aussi écrit il me semble un ouvrage à propos de Charbonneau, l'avez vous lu ? Ellul et Charbonneau se sont tous deux méfiés de l'écologie on va dire marchande. Je crois qu'aujourd'hui il serait très utile d'entendre leurs voix. qu'Ellul et Charbonneau avaient pressentis bien avant tout le monde ces espèces d'abus et compromissions de l'écologie. (ce "tout venant" du capitalisme éthique et écologique !!! Cette saisie de la nature par la société industrielle et nous voilà en plein dedans très embarqués. Il y a aussi des convergences avec Wendell Berry (un extr. pour le petit parallèle, J'ignore si W. Berry a été intégralement traduit en français : "pour délivrer l’homme du travail nous avons dégradé le travail au point qu’il ne nous reste plus qu’à nous en évader. Nous avons dégradé les produits du travail et nous sommes à notre tour dégradés par eux ". Il y a une mouvance basique certaine... Je partage complètement vos reflexions dans ce commentaire qui apporte encore un excellent grain à moudre et des questions très fortes. Merci de mentionner Castoriadis, encore un incontournable. Et surtout merci d'apprécier ce billet et de le mentionner dans le vent des blogs, j'en suis très honorée.
A bientôt... ici ou là.
ps : Je regrette actuellement de ne pouvoir disposer d'assez de temps pour me balader et lire les articles de la "belle blogo", la déeesse n'étant pas toujours à portée, j'aurais, (j'espère !) plus de temps, ce mois ci, pour visiter et commenter les blogs amis, dont vous êtes sans l'ombre d'un doute. (Et sans flagornerie ;-)

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

@Mon chien aussi : Je vous lis bien ,vous allez-hurler (mon loup aussi )- en découvrant ce que j'avance là, tout de suite) = Je lis bien ce que votre braquage contient de romantisme (je vous sublime, laissez vous faire ! vous allez me maudire;-)) Un paradis perdu d'une pensée pure précise, et limpide ( sans contradiction). Vous méfier, vous avez raison. Surtout des gourous bon... là je vous suis, bien sûr ! quant à pourrir les citations je vous suis, aussi : "homme libre toujours tu chériras la mer!" c'est d'un flou, dans le genre! ça pourrait être une injonction du chanteur Antoine pour une pub de poissons panés. Et alors ? La citation de Bernanos je l'ai mise ici parce que je l'aime bien, pas pour réveiller la conscience de mes lecteurs par la voix spirituelle de Bernanos. On n'en plus dans ces "visions' là, j'espère ... Personnellement (et sans doute pour l'avoir trop fait) je n'ai pas envie de raisonner non plus devant des intégralement vues panoramiques. Les plans serrés, les zooms c'est un point de vue, peut être vrai peut être pas. Juste aller chercher dans les auteurs ce qui parait beau ou interessant. Etablir des correspondances. Et aussi, surtout, de façon fragmentaire. La fragmentation éloigne aussi ce côté évangélisation qui ne m'interesse pas du tout, chez personne. Pour évangéliser ou gourouïser, il faut qu'il se trouve en face des gens évangélisables et gourouïsables, donc qui acceptent ce rôle, si à plaisir ils veulent se faire langer par Ellul, ou Bernanos, c'est leur problème, pas le problème de l'auteur. Et certainement pas le mien, puisque mon parti pris n'est pas la mise en lumière du bon, pas bon ni de la pensance qu'il vous faut. Les fenêtres m'interessent, sur quoi elles ouvrent, par ailleurs et cette incertitude, le fil fragile, d'une pensée. C'est toujours une question interessante à aborder avant de publier : Pourquoi exposer certains auteurs et pas d'autres ? Pour qui on se prend ? Et comment on considère le lecteur ? Les prophètes, c'est le public qui les fabrique, ou les médias.Les médias c'est encore le public qui leur donne crédit. Le public n'est pas ce magma mollasson, modelable par des penseurs ou des artistes, tout livré à la manipulation.... Je ne crois pas qu'Ellul se soit posé en prophète sinon ça se saurait aujourd'hui. Après qu'on ait fait de lui un prophète... Je crois qu'il y a pire dans le genre et carrément plus malhonnête. Chrétien marxiste, c'est vrai c'est un sujet que je me suis bien gardée d'aborder (dans le parti pris de ce zoom ici et par méconnaissance § crainte de me vautrer ) parce qu'effectivement cette chose là m'interroge. J'ai comme vous (et par ce vous nous désignez) du mal à décrypter ce point de vue. Mais pour ce qui m'interesse je ne crois pas que ce paradoxe discrédite une pensée ni par ailleurs sa cohérence sur certains thèmes donnés. J'ai vu de larges extraits du film de Reggio mais pas l'intégral, hélas. Ce que j'ai aimé c'est justement que peut s'y glisser 2 lectures antithétiques et puis il y a un parti formel , des processus comme dans la musique de Glass et ceux là incontestablement technologiques... Un film paradoxal. A certains moments on lirait presque l'apologie techniciste à d'autres moments le contraire. Et les 2 coexistent. Effectivement dans l'effet, le contraire domine assez caricaturalement. Mais on peut dire cela de Métropolis ou de certains Chaplin... Pourquoi pas de Tati qui a aussi affirmé son parti pris de l'homme dans le monde moderne et qui était un technicien forcément. Quant à Godard, C'était à l'époque très utile, de cadrer le monde, et les êtres comme il le faisait. On ne va pas demander aux artistes d'être objectifs, or, c'est con mais plus un parti pris est pointu plus il y a risque de caricature. Le public a un pouvoir redoutable en fait et qui est disproportionné par rapport aux travail d'un penseur ou d'un artiste (qu'ils soit prophètes ou non). Le public a le pouvoir de s'asseoir tranquillement sur tout ça. C'est hénaurme. Religion sociologie et politique balayés par mille chaînes diffusant téléfoot et tournez manèges par la grâce de tuyaux magiques. Et là je suis à côté de la plaque. Pardonnez moi je n'ai pas pu m'empêcher (mais je m'en veux ... ;-))

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

frasby !!!! zêtes une chaman by Net ! j'ai regardé la vidéo de la "danse de la pluie" et résultat : il a plu non stop toute la journée ! avec petit vent frisquet et brouillard !
please vite vite un "lien" vers une video "plein soleil" ! (mais pas trop chaud quand même : pas plus de 37°2 )

Écrit par : hozan kebo | dimanche, 29 novembre 2009

@Ficelle : Je compte absolument sur vous pour continuer de m'évangéliser à propos du foot. Vous avez déjà fait un boulot formidable ! et avec vous tous les sujets pourraient m'interesser, Comment faites vous ?
Je vais essayer de faire court ;-) Du foot à Bashung en passant par Ellul (soyons fous !)
Bashung je l'ai vu en live, il y a longtemps, dans un show très psychédélique, déjanté, complètement éblouissant. Quel artiste somptueux. Mais j'ai encore plus regretté de ne pas l'avoir vu à Lyon au théatre antique de fourvière période "L'imprudence", un album sidérant... Quel bonheur, ô que oui !

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

@Frasby. Franchement, j'aime votre fougue et votre gentillesse. Sans flatterie. C'est pas mon genre. Je savais que vous alliez me répondre cela. J'ai joué un peu l'avocat du diable. Bien entendu que nous n'allons pas jeter certains auteurs parce qu'ils ont des aspects qui ne nous intéressent pas. Je suis moi-même un grand lecteur de Chesterton (dont je suis loin de partager certaines idées) mais je trouve qu'il est parfois utile de considérer un homme sous toutes ses facettes, plutôt que de le parcelliser, ce qui est une façon de le détruire.
Pour Godard, je dirai un jour pourquoi il est mû uniquement par le mépris (Oups ! en plus c'est son meilleur film à mes yeux) et pourquoi toute cette critique technicienne m'horripile au-delà de tout.
Un petit conseil de lecture, si je puis me permettre : L'Homme naturel, de Moscovici.
J'espère que vous ne m'en voulez pas. :)

Écrit par : mon chien aussi | dimanche, 29 novembre 2009

@Mon chien aussi : Des fleurs, oui ! oui ! faisons nous des fleurs. (Sans flatterie ce n'est pas mon genre non plus ;-)
Je l'ai joué laconique (dans un français un peu traduction de notice coréenne, pardon, je corrigerai un jour) parce que vous êtes un beau joueur et je vénère votre courage de vous taper des réponses aussi longues alors que la vie est si courte !
Et parce tout finit par des chansons je vous offre un bouquet (genre bouquet fatigué, comme on les aime achetées chez un fleuriste dépressif, un qui lirait Beckett toute la journée assis sur une marche d'escabeau) (-la photo n'est pas de moi, je précise) :http://wilfridhoffacker.blog.lemonde.fr/files/bouquet.jpg
Chesterton , j'en ai un petit chez moi, que j'ai pas encore ouvert... Et je connais pas sa vie ni ses idées... (Est ce que ça me préserve ? Est ce que je suis pas train de confondre avec Chatterton pouf pouf ?)
http://www.deezer.com/listen-2427835
Vous savez je ne parlais pas de parcelliser systematiquement. (verbe qui ressemble soniquement à paralyser). Je suis d'accord, bien sûr. J'ai assez de problème comme ça avec Celine ! Il me répugne et stylistiquement c'est un écrivain fascinant. J'aurais du mal à balancer ses bouquins mais ils ne trônent pas non plus, Et ceux de Paul Claudel j'ai eu plaisir à m'en débarrasser. Tout comme Delerm (père) pourtant inoffensif me ferait honte dans une bibliothèque qui se respecte. Comment expliquer ça ? Vous le savez vous ?
Ce que je voulais dire également c'est qu'avec un format blog (+ la configuration de mon petit cerveau) je n'ai trouvé que la fragmentation, comme on en fait sur des carnets, comme parti pris pour harmoniser fond et forme et aussi pour appuyer ce parallèle du minuscule cadrage photographique qui n'embrasse rien en son entier. Alors autant embrasser un détail plutôt que rien du tout. (A défaut de grives ... S'il s'agit d'embrasser, je suis comme un petit scout (;-O!) mais je m'égare !!! tout ça pour dire que je n'ai pas d'intentions vraiment sérieusement pédagogiques, donc je me permets de faire des découpages parce que j'aime ça. Je n'avais pas bien conscience de détruire les auteurs... Mais c'est pas idiot ce que vous dites (je vais y penser désormais;-)
Pour Godard; je comprends aussi, il est génial mais il n'est pas du tout généreux. "Le mépris" on ne le touche pas. C'est un chef d'oeuvre absolu. Mon préféré de loin. Parfois quelques états de grâce comme "Soigne ta droite" qui est bizarrement généreux. Mais Godard même si le bonhomme est imbuvable, il va laisser un héritage énorme au cinéma. Enfin un jour vous me direz tout j'espère.Prenez Pialat, un être humain infect parfois, méprisant , et pourtant je le trouve en tant que personne et que cinéaste beaucoup plus bouleversant que Godard. Godard est un immense cerveau. Un oeil, lucide et odieux. C'est un monstre. Je continue à penser qu'il en faut des comme ça. "L'homme naturel" de Moscovici, je note !
Je m'attendais à être mordue aux mollets, vous êtes vraiment un gentleman mon chien ! très indulgent ! Merci vraiment ;-))

Écrit par : Frasby | dimanche, 29 novembre 2009

@Hozan Kebo : Ah ben oui ! dites donc ! ça marche !
C'est fou ça ! il faut se rendre à l'évidence
Je suis la chamane qu'il faut ! (envoyez vos dons !)
Qu'est ce que vous voulez ?
Du soleil ? Bien facile !!!
(mais vous ne l'aurez pas demain, vous commandez trop tard, les gars de l'emballage sont rentrés chez eux à ct'heure)
Et pis comme on a rien sans rien et que je vais pas toujours faire tout le boulot (ça y'en à être le grand enseignement de l'école de la vie de vénérable Yakabody Frasbyshamanishî) si vous voulez le soleil pour mercredi il va falloir vous mettre en position d'accueil, mon bonhomme
je vous montre :
http://www.youtube.com/watch?v=-sYl0pJ8zvg
Si vous ne faites pas comme le monsieur vous dit , il adviendra de grands malheurs !
Tenez moi au courant ! S'il vous plaît !

Écrit par : Shrï Frasbyschâmanîshî | dimanche, 29 novembre 2009

Ah, chère Frasby, j'arrive en retard pour débattre, mais pour avoir déjà discuté d'Ellul et de son travail avec MCA, j'abonde !
Je le considère moi aussi comme un penseur très important, et son christianisme (que je considère surtout comme un humanisme de bon sens), ne m'a jamais gênée, moi, une "mécréante" refusant les systèmes religieux. Qui connaît bien Ellul sait qu'il prône avant tout la réflexion individuelle contre le système (y compris les systèmes religieux), et donc la contre la Technique afférente au système.
Je l'ai rapproché de Debord, sans savoir qu'il s'intéressait en son temps lui-même à ses travaux, et en ayant appris ensuite que Debord l'avait lui aussi rejeté pour cause de "chrétienté" affirmée (mais une chrétienté, au bout du compte horriblement mal comprise)...
Mais il y aurait des kilomètres de débats à faire sur ce sujet.
:-)

(Merci à vous, encore !)

Écrit par : Sophie K. | lundi, 30 novembre 2009

@Sophie K. C'est dingue (en parlant de kilomètres de débats;-)
je reviens à l'instant de chez vous, avec une furieuse envie de lire hyrok (de Nicolaï lo Russo gros mâcheur de chewing gum comme on les aime ! et passionnant, j'ai visionné un entretien, c'est classe "écrire juste ou ne pas écrire juste"...). En bon bas bleu, oie blanche comme neige, je suis arrivée avec l'intention ferme de poser un tout petit minuscule commentaire chez vous, et puis à partir des "châtons en Espagne" (bravo mon chien!) j'étais tellement immergée dans les kilomètres que j'ai complètement oublié pourquoi j'étais venue, et me voilà comme ces gens qui ne commentent que chez eux, voire pire qui viennent commenter les autres uniquement chez eux (;-O!) J'ai appris plein de trucs chez vous, j'ai passé au moins une heure à m'instruire et à rire toute seule. Si j'avais la déesse à demeure, je serai foutue ;-)
Revenons à ELLUL , vous avez complètement raison surtout d'appuyer sur ce thème qui m'est très cher, la liberté qu'ELLUL proposait à son lecteur, moi aussi je suis très en phase avec votre idée d'humanisme de bon sens (même si le bon sens depuis mai 2007 il en a pris un sacré coup dans l'aile , mais on se comprend, je crois, ne tortillons pas !). La réflexion individuelle contre le système, nous sommes en plein dans la problématique,d'autant que le système est devenu plus vicelard, pernicieux (j'aime ce mot ! ;-)
Il me semble que DEBORD et ELLUL avait été rapprochés par l'encyclopédie des nuisances... Mais Debord ai je lu quelquepart, il voulait pas se fourvoyer, dommage pour nous ! Si tous les penseurs chrétiens et les chrétiens pouvaient être comme ELLUL... (bon, avec des si hein ! ...)
Merci Sophie K ! je suis ravie de vous avoir retrouvée ici en revenant de votre domaine très dense !!! ( très Dance aussi un chouïa au salon ;-) Vraiment requinquant tout ça !

Écrit par : Frasby | lundi, 30 novembre 2009

Hahahahaha ! Je me disais la même chose, exactement, de vous et de votre blog...
(Pardon, je n'avais pas lu votre premier comm' ici en répondant tout à l'heure à votre article, je vous paraphrase donc un peu sans le vouloir... ;-)
Si vous avez le temps, écoutez l'interview datant de 2005 de Christine Sourgins, que j'ai mise en lien en bas de mon dernier post (Buffet garni) à propos de l'Art Contemporain, je crois que vous vous amuserez (où l'on reparle de Debord et de ce "blob" technique qui avale tout sur son passage.
Mais ce que le blob n'avait peut-être pas prévu, et qui est totalement énergisant, c'est cette possibilité d'échanges de pensées que nous offre le net, et qui nous permet de réunir tous ces morceaux épars de pensée rebelle, et de nous en servir comme arme formidable, nous permettant, petit à petit, de déboulonner individuellement la Machine.
Et si pour ça il faut réunir, contre leur gré d'autrefois, les mânes de Debord, d'Ellul et de Lao Tseu, ma foi, tant mieux !
Je suis ravie en tout cas de tous ces croisements.
:-)

Écrit par : Sophie K. | lundi, 30 novembre 2009

@Sophie k : Vous pouvez désormais vivre en paix. Vous êtes pardonnée ! Ah ! ah ! C'est drôlement bien la blogosphère pour dispenser blâmes et pardons, on se sent d'importance ! hier c'était le jour des grâces et des mercis, quel boulot ! ça n'arrête pas ! (demain relâche !)
Je vais donc aller de ce pas, visionner l'interview de Christine Sourgins et taper un peu l'incruste dans le buffet garni...
Je viendrai vous commenter ici (;-O!)( uh ! uh !)
Quand je vais chez vous j'ai l'impression que côté culture à part Guy Debord et Jean louis Murat, je connais pas grand chose depuis la mort de Daladier ;-)) Il faudrait peut être que je m'actualise un petit peu tout en variant mes plaisirs.... ? Je compte sur vous ! Ah le blob technique ! vous êtes très optimiste ! en même temps je suis d'accord je partage votre enthousiasme, depuis que j'ai enfin accepté (récemment) cette idée qu' un ordinateur chez soi c'était pas forcément le diable (bonjour Orwell !) j'ai découvert par la même occasion qu'il y avait un gros tas de chouettes gens qui pensaient des trucs épatants dans des tout chtis coins de partout, et qu'on pouvait causer d'égal à égal avec des gens de ... paris ! ☆☆☆
ça m'a emerveillée (j'adore tomber de la lune !) ;Ce genre d'image faisant assez écho à vos propos. La patronne vous l'offre ! http://www.orwelltoday.com/gulliver1.jpg
En même temps, je ne peux pas m'empêcher de penser qu'il y risque quand même de se faire niquer à terme...oh ! ça se fera d'une façon très euh non pas douce ! allez ! je vous le ressors pernicieuse ! (c'est notre mot-vedette cette semaine ! pensez -zy !). C'est mon côté rabat-joie.On est forcés d'intégrer en nos modes de fonctionnement un paradoxe, s'il est trop intégré je trouve ça presque inquiétant... J'ai l'impression qu'avec ces moyens techniques fabuleux ( magique ! carrément !) on est obligés en même temps d'être encore plus en éveil, (bonjour Lao Tseu !) encore plus vigilants, disons que parallèllement aux belles possibilités, il y a une pression, et il y a une aliénation. Et moi je suis toujours un peu effrayée de constater que lorsque je m'absente trop longtemps de mon biniou je suis en manque ! ça me fait bizarre de constater aussi qu'il y a des amis chez qui je ne suis pas passée depuis des lustres parce que je passe plein de soirées à taper sur mon biniou et etc... etc... Je ne suis pourtant pas guique ! Déboulonner individuellement la machine, j'aime beaucoup ce projet evidemment ... ! Et je suis bien réciproquement ravie.

Écrit par : Frasby | lundi, 30 novembre 2009

Je crois décidément que Hyrok vous plaira, Frasby. NLR parle lui aussi très bien de tout ça...
(Et oui, difficile de se passer de ce fichu ordi, ça vous mord bien, hahaha ! Ceci dit, la rencontre "en vrai" finit toujours par arriver quand les affinités intellectuelles sont fortes. Et heureusement.)

Écrit par : Sophie K. | lundi, 30 novembre 2009

@Sophie K. : Hyrok oui, je crois que je vais le lire sans tarder.
J'aime beaucoup les parti-pris de Nicolaï Lo Russo et tout ce que j'ai lu à son propos me plaît carrément...
Je note les autres pistes.. Et j'irais visionner Chr. Sourgins demain sans doute , Là, je vais lâcher le biniou 24H00pour une plongée dans la "vivraie". Avec des vrais gens en chair et en os (quelle horreur ! ha ! ha! ;-))
Quant à la rencontre qui du virtuel passe au live, oui , là je vous suis très bien. Via les blogs par exemple ça m'est déjà arrivé (un peu), la logique était limpide et les rencontres évidentes à mon sens, pas de hiatus ou de chocs des mondes, j'ai vraiment apprécié de découvrir les gens comme ça, boire un verre, causer le bout de gras c'était bien chouette, le lien s'en trouve amplifié, j'aime beaucoup cette idée ...

Écrit par : Frasby | lundi, 30 novembre 2009

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