dimanche, 14 novembre 2010
Plus loin
Ce texte part d'une variation antonymique du texte "Loin", que vous pouvez retrouver en cliquant sur l'image, autrement dit, une autre forme de fiction s'appuyant sur le détraquage du texte original, les procédés utilisés n'ont pas été strictement respectés, (loin s'en faut ) l'anticipation ayant pris le pas sur l'exercice de style, seule la trame narrative du texte "Loin" a servi d'ossature à ce texte "Plus loin"... (comprend qui peut :)
Elle regardait les tableaux d'une ville, les photos d'un tableau qui s'arrêtait ici même, peuplé de figures familières qu'elle semblait connaître depuis toujours. Il y avait les mêmes, ceux du désordre et du répit qui trahissaient leurs amitiés les plus récentes et ignoraient tout de la musique (des silences compliqués évoquaient la disparition, jusqu'aux silences des forêts, on avait supprimé bien sûr, l'usage des instruments à vent). Il y avait des bougies dans les chambres et des violons discrets, le programme, toutes ces cabanes en verre fumé fabriquées par les habitants et des jeux de lumière à venir, un peu sinistres. La terre ne donnait rien, sous le ciel uniforme nul ne semblait appartenir à l'univers. Il y avait des espaces inhabités à entretenir et des hommes, aucun Dieu, et pas de souvenir de ceux qui avaient précédé. Elle trouva dans le tableau le signe que des choses avaient dû exister avant. Le fleuve comme une grande mer d'huile, désolait la population, au pire, il finirait par s'assècher. Chaque vie tournait en rond dans un espace plat, horizontal, organisé par strates. Les strates servant à maintenir un climat tempéré, tout était divisé, achevé. Les strates hâtaient la mort de toute chose vouant leurs vertus à la ligne droite jusqu'à ce que survienne l'extinction .
Il y avait le monde vulgaire, les violons, les grelots, plus rarement, les banjos, cela générait chaque jour, des attroupements sur les places mais les hommes passaient rapidement, vite fatigués de ces mélodies à la mode. Elles étaient devenues trop simples pour attirer l'attention, la joie provoquée dans un premier temps, ne durait pas assez et les grelots qui ne se mélangeaient pas à d'autres sons, étaient des signaux de cadence, utiles à la population, quoique très lancinants, à force... Parfois un orchestre, était invité et jouait des chansons accompagnées à la guitare ou au banjo, chacun pouvait assister au concert gratuitement par la grâce des écrans qu'on avait installé partout, et tout s'arrêtait là, passant avec le reste dans l'indifférence générale. L'homme désormais dépossédé de son esprit d'observation n'était plus maître de ce monde qui s'achevait lentement dans la résignation d'une majorité qui ne semblait ni contente, ni mécontente. Quand parfois, revenait le bruit, hormis les grelots qui tintaient toutes les heures, c'étaient des gémissements de vieillards égarés au milieu de la ville, ils demandaient de l'aide. Les jeunes mettaient longtemps à réagir, les vieux pouvaient rester des jours entiers, voire des semaines plantés, là au milieu du bruit, gémissant seuls, ignorés, livrés à ces flux trop rapides pour eux. Cette lenteur à réagir ne présageait plus aucun combat vraiment sérieux, pas la moindre vélléité de résister à l'extinction promise. En regardant cette cohue de petits vieux, on savait que ce n'était pas une danse macabre, mais plutôt son évitement, tout se feutrait et s'annulait dans le bruit des grelots, qui durait, puis enfin, revenait le silence imposé par des gens de bien et de bon sens qui s'occupaient à faire tourner les existences de chacun sans remous, toutes à leur avantage autour de valeurs pragmatiques, de divertissements adaptés aux besoins de chacun afin que tout le monde s'y retrouve. On les avait tous coupé de leur passé, tous ignoraient la valeur de génération, de transmission ou d'héritage, cela permettait au peuple d'aborder sans trop d'appréhension, le futur proche. Il n'était pas question de futur éloigné. Il y avait l'immobilité, qui veillait sur le bien de tous. Les êtres ne choisissaient plus grand chose. Il n'était plus permis de jouer ni de travestir à sa guise la réalité, l'art avait été mis de côté nul n'en souffrait, il suffisait de se divertir, pour cela il y avait les violons, et les grelots pouvaient remplir ce rôle, entre tout, le silence recouvrait un petit tableau qui s'arrêtait ici.
Elle, rien ne l'amusait. A la fin elle quittait sa chambre, sans même s'intéresser au devenir de son prochain qui malgré sa continuelle présence et tous les points de convergence désignés par des traits sur les places, ne lui disaient plus rien. Chacun promenait une grosse tête pleine de culture horizontale, jouait par coeur le violon devant ses maîtres aux semblants doux, attentionnés, qui en douce cultivaient la condescendance ou quelque sentiment honteux bien camouflé, laissant chacun seul à sa place. Il n'était pas permis que les rôles s'inversent. On attendait tranquillement le jour, où il n'y aurait plus rien à apprendre. Chacun dans sa vie devenait de plus en plus dépendant et maladroit pour la défendre. On imaginait qu'il y aurait dans les motivations prochaines, des cerveaux vierges de tout souvenir, attachés aux valeurs du jour, à l'effort du travail bien fait et quelques récompenses pourraient leur être attribuées, en fin d'année qu'on présenterait comme des cadeaux. On prévoyait pour le futur proche que les corps ne bougeraient plus trop, et les esprits sans illusions, n'auraient même pas à en pâtir. Plus tard de cet effort qui tend vers le mouvement habituel et bienheureux du papier à musique, on s'arrangerait avec les scientifiques pour que celui-ci devienne un élan naturel, tout pareil à l'inclinaison des âmes, chacun gérant son minuscule domaine, on s'occuperait ensuite, d'apaiser ses humeurs négatives. C'était là, sur papier l'idéal, pour tenir jusqu'aux temps annoncés de l'extinction... Mais au fond, il y avait une faille. On sentait que déjà, nul ne tenait en place, tous rêvaient de débordement, du désalignement des strates, du démembrement des grelots. Les gens allaient, venaient, impavides entre des milliers de grelots, balayant le pays du nord au sud par des lignes d'organisation, le droit aux transports en commun, des assurances autos, pour les couches supérieures, l'abonnement gratuit aux revues distrayantes, hebdomataires ou mensuelles, pour les couches moyennes, la télévision sur les places assurait l'occupation du temps libre, tout autant que l'éducation manuelle et morale des couches les plus modestes.
Elle reprenait alors le livre du pays qui s'arrêtait là ; écoutait grincer dans la rue les grelots des tricycles ou le frottement des autoluges qui fermaient le jour en hiver. Des hommes remplissaient des poubelles, et c'était une grande communion, à la même heure, chacun vidant les mêmes ordures, dans des grands containers, c'était le seul moment où chacun trouvait de quoi se se relier à un autre. Le ciel était toujours parfaitement uniforme, la parole de chacun paraissait claire, compréhensible mais il n'en ressortait que des échanges de politesse gentils ou serviables, sans plus. Pour la première fois ils virent tous que la nuit n'était plus stratifiée mais dessinait un cercle, qui tournait sur lui même apportant des milliers de lettres, des paperasses ou prospectus comme tombés de la lune. Plus tard elle ne croisa pas le facteur sur son engin agrée par le centre des véhicules postaux de la Nation. L'engin pouvait se reconnaître à ses bruit de sirènes stridents comme ceux des fourgonnettes des fonctionnaires qui distribuaient toutes les bougies, le soir, dans les maisons. Pourtant elle avait bien reçu ses lettres, trop de lettres en une seule journée; elle se demanda qui les lui avait apportées. Elle crût voir là, le signe du dernier jour après quoi il n'y aurait plus d'attente possible, ce serait peut être la fin de tout, mais il n'y aurait pas de panique puisque depuis longtemps, c'est à cela qu'on les préparait.
Elle alla au centre de loisir pour ramasser les bons de loisirs qu'on lui devait, le stagiaire les distribuait toujours avec plaisir. Il aimait son métier. Elle marcha sur des strates amollies, eût presque honte de ressentir tout l'effet érogène d'un sol aussi doux sous ses pieds, les corps qui traversaient en même temps qu'elle, la grande place, d'ordinaire réservée aux fourgonnettes, ressentaient sous leurs pieds exactement le même effet. Elle entendit pour la première fois chanter ensemble l'anvette et l'aspireau. Les oiseaux n'avaient pas disparu comme on le racontait dans les livres. Et peut-être les oiseaux avaient-ils existé bien avant les grelots ? En réalité, elle n'en savait rien. Elle comprît que plus rien ne pourrait mourir désormais tel qu'on le lui avait appris dans le programme d'éducation pour filles de couche supérieure. Sous la peau il y avait un refrain qui semblait désarmer tous les êtres de l'intérieur. Partout des drôles de fleurs apparaissaient dans les esprits et puis des fruits, comme ceux d'une vision ancienne dans un jardin où quelque chose s'était produit. Elle comprit que cette vision ouvrait sur un grand labyrinthe d'apparence merveilleux, mais il fallait se méfier, des conséquences, elle résista à la tentation d'entrer à l'intérieur, comme le faisaient les autres, elle se rendit d'abord rue de la Petite Monnaie dans les quartiers modestes, pour récupérer des papiers de grande valeur afin de partir au plus vite, cette parenthèse qu'elle devinait d'ores et déjà très brève, lui permettrait de s'exiler sur une autre planète, en offrant ses bons de loisirs, au pilote d'une fusée elle pourrait peut être dormir ce soir sur la base 7. Après quoi, elle serait en zone libre, tandis qu'elle esquissait quelque plan d'avenir, elle s'aperçût qu'elle ne se souvenait plus des calculs d'algorythmes qu'on lui avait enseigné au centre d'orientation pour décoder les numéros d'immatriculation exigés avec la signature sur des papiers qui permettent normalement de quitter son quartier en validant son code dans la machine. Impossible de rejoindre la base 7, sans doute les calculs d'algorythmes étaient pure invention tout comme le reste, pour tous les retenir ici. Elle marcha un peu pour oublier que c'était sur la base 7 qu'on trouvait tous les livres, ceux qui disaient la vérité, la base 7 interdite, stockait les fichiers sur les origines certifiant les identités. Elle croisa des gens avec des corbeilles de fruits éclatés et juteux, d'autres soufflaient dans des ballons, mais toute cette euphorie, cette joie, malgré les expressions ravies, se faisait encore en silence. Elle s'aperçut que toutes les horloges dans la nuit s'étaient bizarrement déréglées, aucune d'elles n'indiquait l'heure exacte, et de cette horizontalité, ne subsistait que les ruines, les strates se décollaient plus rien n'était calé, plus d'heure pile, rien à sa place, pas même monsieur Jouvenot qu'elle rencontra plus loin à la place d'un autre qui devait se trouver là avant lui. Monsieur Jouvenot, assis à un autre bureau ne lui serra même pas la main comme d'habitude, soulagée elle ne fût pas obligée de lui sourire, en retour, telle la charte de bonne entente l'indiquait sur tous les panneaux dans les couloirs. En regardant au plafond pendre des fils, des milliers de fils et des sphères métalliques débranchées, elle sut que l'heure était venue d'être enfin libre, de composer rapidement un nouveau paysage avec cette liberté, puis vivre. C'était l'occasion, ou jamais... Devant la débâcle imprévue au programme, on vit déserter tous les maîtres. Les gens désormais ne seraient plus surveillés. Leur joie très vive, pourtant restait encore muette.Tous auraient dû ensemble s'en réjouir depuis le temps qu'ils attendaient d'être libérés sans pouvoir se le dire à cause de ces yeux qui partout les suivaient, les dénonçaient. Ils pourraient entendre à leur guise le souffle des forêts, et puis autoriser peu à peu les instruments à vents à revenir, interdits formellement depuis que les grelots avaient pris le pouvoir sur la musique.
De retour, sans ses papiers, par le boulevard silencieux, alors qu'elle retrouvait l'espoir de faire peut être partie de l'élite, elle s'aperçut que rien n'avait changé et qu'il faudrait maintenant s'attendre à quelque chose de pire. N'ayant plus aucun maître afin de rassurer l'ensemble des habitants, chacun pour soi encore plus replié s'effrayait à présent de cet appel d'air trop vif. Dans le souvenir de l'odeur du maître, les plus forts décidèrent ensemble de bien organiser le temps qu'il leur restait à vivre. Il fût voté à l'unanimité que ce temps serait désormais employé, à réparer les caméras hypersensibles.
Photo : Plus loin c'est un petit bout de la "Tour Oxygène" drôle de nom pour une tour (c'est pas nous qu'on a trouvé ce nom), un gratte-ciel de 28 niveaux et de 115 m de haut, avec 45670 escalators ➝ (je plaisante ! voyons !), situé dans le quartier de la Part-Dieu à Lyon, inauguré il y a peu le 2 Juin 2010. Elle fait partie du projet "Oxygène" (c'est pas de Jean Michel Jarre non plus, quoique...) elle comprend également la construction d'un centre commercial, le "cours Oxygène". Le cours "oxygène" des choses me va comme un incendie, enfin bref le Drang Nyol dans toute sa splendeur. Photographié en hiver dans un lointain passé.© Frb 2009
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lundi, 08 novembre 2010
Reflection
Je pense que si je retombais
Sur terre, je m’effriterais ;
C’est si triste et beau
C’est le tremblement d’un rêve.
DYLAN THOMAS (1914-1953) extrait du recueil : "Ce monde est mon partage et celui du démon", éditions Points. Ecouter le poète ICI
A la fin tu sors épuisé de ces mondes mais quelque chose encore resplendit que tu ne sais pas. On dit que les autres voient cela quand ils te croisent. Ils ne voient qu'en deça. Tu as si longtemps fait figure d'exemple. Lassé de vivre parmi leurs compliments qui t'attachaient encore, tu as usé ton esprit à écouter, des heures entières, toutes leurs conversations, tu as fait semblant d'y participer, tu as tourné des pages de magazines de sport, de mode, ou d'actualité. Tu resservais dans les dîners, toutes les phrases que tu y lisais, "les apéritifs dinatoires" qu'ils disaient ! et puis, tu t'es lassé, tu as pris des trains, tu t'es perdu dans des villes sans jamais sortir du pays. Tu as croisé des foules enragées, des esclaves dans des défilés, ou dans des bars, tu as laissé des personnages t'arroser d'alcool fort, te renvoyer une sale image. Tu t'es fondu aux steppes, aux lacs tout bleus, tout gris, pris entre l'horreur de tes pensées et la profondeur adorable d'autres nuits. Pendant que les Dieux impuissants de tes anciennes vies essayaient de te consoler, tu as désaxé ta pensée jusqu'à t'empaler aux limites, tout raisonnable que tu étais. Tu as raccordé ton corps à ton âme. Tu as chinoisé sur quelques détails. La jalousie te revenait. Engrangeant des rixes et des drames, les beaux corps te rendaient malade. Tu as dû voyager partout, peut-être, assis sur une banquette de deuxième classe côté fenêtres, dans le dernier wagon fumeur qui existait sur terre. Tu as fumé cigarette sur cigarette, tu as rempli le cendrier, tu as traversé un domaine ni familier ni étranger, tu t'es retrouvé longtemps l'esprit entre deux paysages, des kilomètres interminables sur un viaduc qui s'effondrait, tu t'es penché par la fenêtre, la dernière fenêtre qui s'ouvrait, de ce train qui irait à la casse, après toi, après ton ultime traversée, c'était écrit d'avance, du moins à cet instant, il te fût bon de l'ignorer, ou bon d'ignorer que ce mal te serait ensuite profitable. Tu as pris la mesure des battements de ton coeur en te penchant sur les ruines du viaduc qui tremblait pendant que le train prenait de la vitesse, tu as pleuré comme un enfant submergé par l'angoisse dans une chambre sans lumière, tu as eu peur à cet instant que le viaduc ne puisse pas supporter le poids du train, ton propre poids, coupable de ce déséquilibre, tu as eu peur de regarder ta mort en face tu l'as vue et tu l'as ressentie dans ton corps pendant que ta vie entière défilait, te revenaient les images imbéciles de vacances à Romorantin, le souvenir du corsage à pois blancs d'une cousine que tu détestais. Pendant ce temps le train aura passé l'obstacle, le viaduc derrière toi sera loin, en l'oubliant il deviendra comme réparé, tu oublieras avec le temps, tu te retrouveras dans la neige, un paysage immaculé, recouvrant ta mémoire ancienne, tu rencontreras celle qui mène ta vie au degré le plus pur d'immaturité. Une source de rayonnement stellaire, un peu de sucre cristallisé semé en une infinités de manières, le grain fin de cet allègement te donnera un air souverain. Plus tard, tout seul, avec ta pelle, ton rateau, tes outils d'enfant, tu tenteras dans le sable aussi fin que la neige de construire un vrai château avec des oubliettes pour deux. Tu te dis que tous deux réfugiés dans un coin, il ne pourra rien t'arriver, elle ne saurait aisément t'échapper, tu auras jour et nuit l'oeil sur elle, et sans même savoir si elle consent à te suivre, tu iras la chercher, tu forceras sa porte, et l'emmèneras très loin. Loin de ses amis, loin de tes chaînes. Tu feras le vide autour d'elle. Tu seras épuisé peut être, mais c'est cela qui resplendit, comme si le déplacement de ces vies t'amenait à un certain flou, toi, unique au milieu de tes constructions, tu contempleras une figure, au contour estompé, marquée par un regard immense uni à ta propre terreur, aux créatures que tu inventes pour les glisser en elle, rêvées incessamment crayonnées dans la peine, comme si la netteté de toutes les expériences, la même expérience à chaque fois, devait se découper en milliers de petits lambeaux tous identiques, recousus à la perfection. Et ce don se reflète en toi, te dédouble ou te multiplie, tandis que l'autre, elle disparaît, couchée sur ta peau de chagrin. Elle ne pourra jamais retourner d'où elle vient. Tu veilles au grain. C'est bien la seule histoire possible. Une création fabriquée pour en rêver la vie entière qui exige en retour un très grand sacrifice humain afin d'apaiser la terreur de ce jour où tu te vis mort, englouti sous les pierres d'un viaduc, repoussé au dehors, glissant dans l'espace glissant éternellement, ton esprit dans l'espace et ton corps qu'on ramasse à la petite cuillère entre des rails, ton apaisement, tu lui donnes un autre nom, c'est l'amour, comme si tous ces souvenirs que tu couvres de fanfreluches avaient trop longtemps affamé cette histoire, plus floue dans le monde alentour, tu regardes tout cela comme un phénomène étranger à toi, un principe d'irréalité, ta vie entière est noyée d'encre, cette vague qui toujours te revient, désintègre ta réflexion ; à mesure que tu réalises et mets à jour tes songes, tu vois grossir la peau de chagrin et tu ne peux plus arrêter cela, malgré ta volonté, ce cauchemar inversé qui condense ton amour en ce point minuscule, résumé, ou perdu au milieu d'un tapis, le dessin de plus en plus volumineux refermera l'espace, il suivra vaguement le trajet d'une ligne disparue, les arcs tendres, délabrés, d'un viaduc accroché au flanc de la montagne, mais tu as beau chercher, faire marche arrière, cela ne te rappelle rien de précis, rien que tu aies jamais connu.
Photo : Jeux de pluie entre deux mondes tout comme figés, le ciel à terre se transforme en peinture de fleuve ou d'autre chose. photographiés après l'ondée, dans une ruelle sinistre pas loin du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon, début Novembre.© Frb 2010.
03:53 Publié dans Art contemporain sauvage, Balades, Ciels, De la musique avant toute chose, De visu, Impromptus, Mémoire collective | Lien permanent




