09 juin 2009
Eloge de la fuite 2
L'herbe des champs
Libère sous mes semelles
Son parfum.
SHIKI MASAOKA (1867-1902) / (Haïku).
SHIKI MASAOKA poète, critique et journaliste japonais, a débuté dans l'univers des haïkus en critiquant le maître BASHO MATSUO. Dans son essai écrit en 1893 "variétés sur BASHO" / (Basho Zatsudan), il reprochait aux haïkus de BASHO de manquer de pureté poétique, d'être encore trop explicatifs. Il se sentait plus proche d'un autre grand faiseur de haïkus : BUSON YOSA, encore méconnu à l'époque et dont il admirait la finesse technique, et l'aisance à transmettre des impressions nettes aux lecteurs. Goûtez plutôt l'épure :
Soir du printemps.
À l'encens à moitié éteint,
J'en ajoute encore. (BUSON YOSA)
Après avoir découvert la philosophie occidentale, SHIKI MASAOKA, convaincu que les descriptions laconiques des faits et paysages étaient une voie d'efficacité poétique et picturale, insista sur l'importance du "Shasei" ou encore "description d'après nature". Il trouva un style simple pour décrire ce qu'il voyait. Son oeuvre renouvella le monde du haïku qui à son époque s'épuisait un peu, modernisant les formes traditionnelles du Waka et du haïku. SHIKI MASAOKA mourût très jeune, à l'âge de 35 ans.
A noter qu'il cotoya à Tokyo, l'admirable écrivain NATSUME SOSEKI qui rédigea aussi un ouvrage de haikus et des romans. Je vous conseille "le pauvre coeur des hommes" (1914) ou "les herbes du chemin"(1915), (entre autres)... Avant de reparler, ici, un jour (un certain jour ?) plus particulièrement de NATSUME SOSEKI.
Pour ceux qui n'aiment pas le Japon ni les couleurs du printemps, un russe vous offre son haïku :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/09/05/ru...
Pour ceux qui devant un ciel bleu (avec ou sans nuages) se sentent pris de vertige, C.J. vous fournit la question :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/05/16/qu...
Photo : La perle du monde. Ciel et nuages au dessus d'un champ de bleuets vus dans un accueillant paysage que nous appelerons : "Là bas" ou "là haut" ? Juin 2009. © Frb
01:44 Publié dans A tribute to, Balades, Ciels, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (41) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : ciel bleu, bleuets, champs, shiki masaoka, poésie, couleurs, fuite, éloge de la fuite, haïkus, japon, nature, champs de bleuets, basho
World
"Ne désespérez jamais, faites infuser davantage"
HENRI MICHAUX
N'espérez pas. Faites infuser...
Ici le ciel, le soleil et peut être l'écume de quelque océan incrée, (pour peu que l'on s'en persuade) ...
Là bas toujours. Ailleurs, où, renversé dans les nuages, patiemment infusé, le promeneur se fait cueillir sans arrachée...
Accueillir par le paysage.
Photo : La perle du Monde, sur le chemin de terre entre le Mont St Cyr et le domaine du marquis de Montrouan, visitée en Juin 2009. © Frb
Bonus : à voir, autres perles du Monde, issues des vergers du château de Montrouan :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/04/04/en...
Comment faire infuser les nuages dans un étang, (mode d'emploi) :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/10/29/30...
00:55 Publié dans Balades, Ciels, De visu, Impromptus, Le vieux Monde | Lien permanent | Commentaires (12) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : là bas, paysage, balade, bleu, ciel, nuages, champ, henri michaux, poésie, impromptu, nature, espace, désespoir
08 juin 2009
Lignes de fuite
"Je connais le désespoir dans ses grandes lignes. Le désespoir n'a pas d'ailes, il ne se tient pas nécessairement à une table desservie sur une terrasse, le soir, au bord de la mer.
C'est le désespoir et ce n'est pas le retour d'une quantité de petits faits comme des graines qui quittent à la nuit tombante un sillon pour un autre.
Ce n'est pas la mousse sur une pierre ou le verre à boire...
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes.
Le désespoir n'a pas de coeur, la main reste toujours au désespoir hors d'haleine, au désespoir dont les glaces ne nous disent jamais s'il est mort. Je vis de ce désespoir qui m'enchante.
J'aime cette mouche bleue qui vole dans le ciel à l'heure où les étoiles chantonnent.
Je connais dans ses grandes lignes le désespoir aux longs étonnements grêles, le désespoir de la fierté, le désespoir de la colère. Je me lève chaque jour comme tout le monde et je détends les bras sur un papier à fleurs, je ne me souviens de rien, et c'est toujours avec désespoir que je découvre les beaux arbres déracinés de la nuit.
Je connais le désespoir dans ses grandes lignes.
C'est comme le vent du rideau qui me tend la perche. A-t-on idée d'un désespoir pareil !
Tas de sable, espèce de tas de sable!
Dans ses grandes lignes le désespoir n'a pas d'importance.
C'est une corvée d'arbres qui va encore faire une forêt, c'est une corvée d'étoiles qui va encore faire un jour de moins, c'est une corvée de jours de moins qui va encore faire ma vie."
ANDRE BRETON. Extrait : "Le revolver à cheveux blanc" in "Clair de terre". Poésie/Gallimard 1966.
VIRULENT VIOLINS "Alentejo train"
Eloge de la fuite : le désespoir dans ses volutes. Voir ci-dessous :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/06/24/pa...
Photos : Le désespoir dans ses grandes lignes. Un fragment de la perte du monde : (Photos 1, 2) . Alentours aux couleurs de rouille, vieilles carcasses à l'abandon, entre deux villages, juste après la haute vallée d'Azergues et puis, soudain entre les lignes (photo 3) : la perle du monde... Trois vues saisies derrière la vitre du train 16846 à destination de LCB. Juin 2009. © Frb.
22:59 Publié dans A tribute to, Art contemporain sauvage, Balades, De visu, Impromptus, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : train, voyages, desespoir, andré breton, clair de terre, partir, ruines, fuite, lignes, parallèles, chemins de fer, poésie, vallée d'azergues
Comme un lundi (mouvant)
"Lentement, difficilement, la cité progressait sur le sol inconnu d'une planète effrayante. Pour survivre, il fallait se rapprocher d'un point situé dans le futur : l'Optimum. Et l'Optimum se dérobait sans cesse. Impossible de s'écarter du chemin : la réalité physique se disloquait aussitôt. Un ravin se refermait, une montagne s'élargissait ou s'aplanissait, les êtres vivants eux-mêmes étaient soumis à des métamorphoses monstrueuses. Dans cet univers-là, le temps se comptait en kilomètres. Et il n'arrêtait pas."
CHRISTOPHER PRIEST extr: "The inverted world", (traduit de l'anglais par Bruno Martin). Editions Calmann-Levy 1975
"Où que se tourne mon regard, ce ne sont que des choses étranges, pourtant rien de nouveau"...(Cf. Samuel JOHNSON)
Sinon peut-être que les murs se sont mis doucement à parler à ma place et à me dire tout haut ce que mon regard à mesure modifiait.
Les murs parlaient doucement à ma place, et les affiches aussi. Demain ce seraient les objets...
Nous étions loin de l'Optimum, il fallait encore avancer...
Photo : Une affiche qui pense à ma place vue non pas place Bellecour, (comme je l'ai présenté bêtement, où l'affiche "je change", se trouve aussi, mais pas ce mystérieux immeuble. Une erreur (ou inversion) de ma part que je m'empresse de rectifier (-merci kl-loth-) En espérant que le lecteur indulgent acceptera toutes mes excuses pour cette inversion topologique dûe à une confusion d'archives ;-) ou une erreur d'inattention, un comble ! vue donc rue D'Algerie, dans le quartier des Terreaux, à Lyon en Juin 2009. © Frb
05:51 Publié dans Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, Balades, Certains jours ..., De visu, Impromptus, Le nouveau Monde, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : lundi, certains jours, anticipation, fuite du temps, changement, affiches, rues, lyon, regard, modification, de visu, optimum, persévérance
07 juin 2009
Comme un dimanche (chancelant)
"L'Europe ne peut être tranquille tant que la France n'est pas contente."
VICTOR HUGO
Pour lire cliquez 2X sur la vidéo.
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-resultats-...
http://www.france24.com/fr/20090608-abstention-record-vic...
http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...
Vue animée : Le drapeau européen livré à lui-même. Ou peut-être une prémonition ? Mini-filmée, à deux pas du pont Morand à Lyon, deux jours avant les élections européennes de Juin 2009. © Frb
01:34 Publié dans Actualité, Certains jours ..., Ciels, De visu, Le nouveau Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (9) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : election européennes juin 2009, drapeau européen, dimanche, certains jours, vote, abstention, signes, victor hugo, confusion, déception, actualité, politique, constitution





