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samedi, 28 août 2010

Le son des rails

(Interlude)


 

Par contraste, le chaos contre l'indolence : une autre histoire sans parole à (re)découvrir ci-dessous

http://solko.hautetfort.com/archive/2010/06/27/histoires-...

La voix de son train vue par...

http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/02/26/an...

jeudi, 26 août 2010

Où ça ?

Aussi loin de moi-même que je puisse me trouver, je n'aurais jamais l'impression d'être ailleurs que là où je ne suis pas.

P.Y. MILLOT

L'arbre cache la forêt. Pour savoir où est la forêt il suffit de cliquer sur l'arbre.IMG_0053.JPG

J'ouvre la route à celui qui revient des pays du gamelan. (Prononcer gam'lane). Des petits cristaux étincellent autour de nous, pistils d'or et pétales irisés. Un ciel bleu, un vent de fin d'été, à peine chaud, juste frais, absorbe notre présence, l'entraîne près d'un vieux douglas (surnommé "géant cocotier" par les cueilleurs de mûres), qui fût longtemps le plus grand et le plus ancien refuge alcestien de toute la région, avant qu'un autre plus grand et plus impressionnant ne soit découvert par hasard, touchant le ciel encore plus loin. Depuis que l'autre a été révélé on a oublié celui-ci. Le sentier encore dégagé se prend au milieu de la forêt, sur la droite à partir d'un chemin, il faut connaître, sinon on passe à côté sans se douter qu'ici règne sans doute l'arbre le plus majestueux de tous les environs. Des sinuosités bordées de ronces, de fougères qu'il faut d'abord enjamber, puis dégager, nous y emmène. L'aventure est légère jusqu'à ce qu'un petit banc composé d'une branche posée à l'état naturel sur quatre autres branches maigres, (peut-être s'agit-il de pattes d'animaux ?) nous convie, juste là, à contempler le monstre, Sir Douglas, (gaélique Dúbhglas), dont cinq bras d'homme ne pourraient faire le tour, (cinq bras d'hommes vous paraîtra sans doute d'une logique aussi peu probable qu'exagérée, mais c'est notre mesure, on ne peut la contester). Ailleurs, nous écoutons des hommes faire ronfler les camions qui porteront en plusieurs voyages, quelques autres forêts de douglas plus petits et des épicéas en nombre qu'ils viennent tout simplement d'abattre. Deux déserts lumineux découvrent une dune chauve, une clairière dévastée, où ne subsistent que des brindilles et des tiges de plantes écrasées. Nous haïssons ces hommes.

Entre les deux hameaux du Nabirosina au point oublié de nulle part, il y a Bali et l'île de Java. Les sons graves et lents sur les troncs, les sons aigus, rapides, sur les feuilles et les fleurs. Le parfum de la pluie qui viendra cet automne, la clarté de la lune troublant le sommeil et l'esprit la nuit prochaine. Cette rencontre nourrit encore la terre et le ciel entre les branches, et ce tronc battu sans souci par le promeneur ou la chute des palais de bronze dans l'océan, tournant comme un petit vélo dans la tête d'un voyageur ami, tôt revenu d'Indonésie. Le battement est au coeur du gamelan, au coeur de la forêt enchevêtrant ses rythmes et ses cycles éternels, tout comme ici, ailleurs, des îlots délaissés et pulsés d'une beauté absurde portent les coups avec autant d'exubérance que l'éclat des cristaux, ou les pistils d'or, les pétales irisés de nos fleurs. A Bali, ici ou là, on croirait que le sculpteur est devenu fou, à moins qu'il nous rende fous. Rien qu'en regardant l'oeuvre, on en perçoit les sons ; les géographies se confondent, nous fondent au métal ou nous gravent dans le bois. Le rythme vient de partout. Nous sommes seuls ou en nombre pris dans l'éternité du vent, des feuilles, de tous les éléments à percuter encore, de végétaux en végétaux... Les racines fouettent l'écorce. Des tambours en peau de buffle donnent le tempo. Tout cela pourrait-il servir à faire de la musique ?

 

Gamelan extrait

podcast


Détours pour peut-être s'instruire, à voir surtout entendre :

http://www.youtube.com/watch?v=wqH_L7uZkqA&feature=re...

http://www.youtube.com/watch?v=zq2lGxCi9rw

En savoir plus :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Gamelan

 http://www.gamelan.fr/blog-hommage-sapto

 

Photo : une vue partielle du tronc de Sir douglas l'ancêtre quasi mythique, et déjà répudié, photographié dans la forêt nommée du Clos botteret, on ne sait où. Je crois qu'il est préférable pour notre vénérable de garder le point précis du domaine au secret. Je dédie en passant ce billet à un certain illuminé et ami de toujours (il se reconnaîtra) qui dort ces jours dans les forêts puis s'en repart à l'aube, pour remonter jusqu'à la capitale par un détour à Bali, Java, j'en oublie, et le tout, à vélo bien sûr ! (ou presque le tout) ce qui vaut tout de même un petit hommage sonore, légèrement arboré. (Que ceux qui n'arrivent pas à suivre se rassurent, moi non plus, c'est normal. Captation: Nabirosina. Fin Août 2010.© Frb

mercredi, 25 août 2010

Non-recette de la gelée de mûrons (par HK/RL)

 Si vous ignorez ce qui a inspiré la beauté de ces pots, il suffit de cliquer sur l'image

aout-001.jpg 

Depuis longtemps je n'écris plus de poèmes

ni tard

ni tôt

ça me manque un peu de ne plus écrire de poèmes

tard ou tôt

à la place (ou parce que ?)

je cueille des mûres

deux pleins seaux ce jour d'hui

puis patient travail alchimique ensuite

pour les transformer en gélée

ou alors je sème de la mâche pour l'hiver

et recouvre ma semaison de fougères

coupées dans les bois dits « de Vaux »

il y avait longtemps que j'avais envie

de mettre ces bois « de Vaux »

dans un poème

c'est pour cette simple raison

que je me suis dit « tiens gars écris donc

un poème ce soir avec les bois « de Vaux »

dedans

il n'est ni tard ni tôt

j'espère que la gelée de mûres

sera bien « prise »

ni trop ni pas assez

juste « comme il faut »

 

HK/RL  (2010)

 

Remerciements. A nos deux alchimistes z'et amis HOZAN KEBO  (HK) et ROGER LAHU  (RL), qui ont par la grâce d'une complicité étonnante, préparé amoureusement de quoi combler nos longs après midis d'hiver. La pâtissière de certains jours dans son immense générosité fournira gratuitement les boudoirs et les tuiles aux amandes (desfois que ça suffirait pas) à tous les volontaires audacieux qui se présenteront pour mettre les doigts dans le pot. Le défi étant :"Pas vus, pas pris". Merci donc à ROGER LAHU et HOZAN KEBO de nous avoir également glissé les bois de Vaux, dans un poème, autant dire un cadeau encore mieux que juste "comme il faut"...

Photo : Pour preuve de l'alchimie, desfois que le lecteur s'imaginerait en train de rêver. Et pour garantir l'authenticité de la gourmandise, nous assurons que la photo a été réalisée sans trucage, par nos deux inséparables tentateurs, HK/RL, (encore eux), on imagine qu'elle fût prise (elle est bien prise) pas très loin des bois de Vaux. A noter que cette création a obtenu le soutien du MARC (mouvement d'art rural contemporain) et le prix spécial du jury, dans le cadre du bicentenaire de "La mûre en liberté" organisé par le MARS (Musée d'art contemporain sauvage) en Août 2010.

mardi, 24 août 2010

Le premier mouvement de l'automne

Avant de nous promener sur les routes, il nous faut nous envelopper d'éternel.

ANDRE DHÔTEL,  extr. "La chronique fabuleuse", éditions Mercure de France (2000)

 

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BELA KAROLI : "Summertime" (cover)


podcast



Photos : Avant première. L'automne n'étant pas encore proclamé le premier mouvement sera sans légende, (pour l'instant), mais nous tâcherons de suivre la petite histoire de très près, au fil des jours et des mois à venir. Photographié à travers les bois du marquis et les champs de la princesse entre les hameau de Montrouan et Vicelaire, non loin du Mont St Cyr. Nabirosina. Fin Août 2010.© Frb.