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dimanche, 01 février 2009

Comme un dimanche

comme un dimanche rue de l'alma.JPGDimanche, en l'un des plus beaux lieux du plateau de la Croix-Rousse à Lyon sur un sommet (désert), rue de L'Alma exactement, (presque à l'angle de la rue St François d'Assise) : on peut voir de très près, les toits des anciennes maisons semblant émerger d'herbes folles, et ici un clocher, règnant sur toute chose aussi gris que l'hiver. A quelques mètres de l'endroit, il y a foule, agitation : c'est la fin du marché, l'heure de l'apéritif; des bavardages et des fanfares...Le peuple Croix-Roussien traîne encore sur le boulevard, et ici, dans un grand silence, la ville, toute entière, tient presque dans la main...

Photo: Panorama presque irréel, sous un vrai ciel de traine, vu ce dimanche 01 février 2009, aux alentours de 13H30 © Frb

samedi, 31 janvier 2009

Après le déluge...

"Aussitôt que l'idée du Déluge se fut rassise, un lièvre s'arrêta dans les sainfoins et les clochettes mouvantes, et dit sa prière à l'arc-en-ciel à travers la toile de l'araignée.
Oh ! les pierres précieuses qui se cachaient, - les fleurs qui regardaient déjà.
Dans la grande rue sale, les étals se dressèrent, et l'on tira les barques vers la mer étagée là-haut comme sur les gravures.
Le sang coula, chez Barbe-Bleue, - aux abattoirs, - dans les cirques, où le sceau de Dieu blêmit les fenêtres. Le sang et le lait coulèrent.
Les castors bâtirent. Les "mazagrans" fumèrent dans les estaminets.
Dans la grande maison de vitres encore ruisselante, les enfants en deuil regardèrent les merveilleuses images. Une porte claqua - et, sur la place du hameau, l'enfant tourna ses bras, compris des girouettes et des coqs des clochers de partout, sous l'éclatante giboulée.
Madame *** établit un piano dans les Alpes. La messe et les premières communions se célébrèrent aux cent mille autels de la cathédrale.
Les caravanes partirent. Et le Splendide Hôtel fut bâti dans le chaos de glaces et de nuit du pôle.
Depuis lors, la Lune entendit les chacals piaulant par les déserts de thym, - et les églogues en sabots grognant dans le verger. Puis, dans la futaie violette, bourgeonnante, Eucharis me dit que c'était le printemps.
- Sourds, étang, - Ecume, roule sur le pont et passe par-dessus les bois ; - draps noirs et orgues, éclairs et tonnerre, - montez et roulez ; - Eaux et tristesses, montez et relevez les Déluges.
Car depuis qu'ils se sont dissipés, - oh, les pierres précieuses s'enfouissant, et les fleurs ouvertes ! - c'est un ennui ! et la Reine Sorcière qui allume sa braise dans le pot de terre, ne voudra jamais nous raconter ce qu'elle sait, et que nous ignorons."

ARTHUR RIMBAUD : Extr: "Après le déluge" in  "Les illuminations" ( ou 54 poèmes composés entre 1873 et 1876)

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Le titre du recueil "Illuminations" fait allusion au sens vieilli du mot "illumination" à prendre ici dans le sens d'enluminures... "Après le déluge" est une fable sur le thème de la révolte. sa morale - ou plutôt son appel est telle une injonction glissée entre les lignes : "Révoltons nous" encore et toujours. Et même si le succès est improbable, cet éveil est de mise, tant que nous n'aurons pas découvert le secret douloureux qui nous empêche d'être heureux. "Après le déluge" est une fable qui repose sur trois histoires enchevêtrées :

1 -L'histoire du Déluge c'est à dire l'Histoire universelle, l'Histoire de la civilisation depuis ses origines telles que la racontent les mythes. Après que la colère de Dieu contre les Hommes eût entraîné la destruction quasi totale de l'ancien monde, la vie recommença comme avant : Superstition, travail, commerce, violence, mystifications artistiques et religieuses, amours mensongères...

2 - l'histoire de la Commune, c'est à dire pour RIMBAUD, l'histoire immédiate, les stéréotypes à valeur allégorique, utilisés par le poète évoquent THIERS, bourreau de la Commune, les grands travaux Haussmanniens, les expéditions coloniales de la III eme république, les affaires qui reprennent, le tourisme de luxe qui refleurit, les débats des milieux littéraires, et les divisions consécutives au "déluge révolutionnaire"...

3- L'histoire personnelle de RIMBAUD, sous une forme stylisée et quelque peu mythique, façonnée de texte en texte : enfance, départ, vagabondage, réinvention de l'Amour, révolte...

Ces trois histoires sont toutes trois des histoires de ruptures entre l'ancien et le nouveau.

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Photos: pierres figées au bord du lac gelé et puis lac en dégel avec, au loin vue sur le parc et les fermes du château en terres brionnaises. Décembre 2008.© Frb.

vendredi, 30 janvier 2009

Les pavés parlent aux oiseaux...

"Commence par faire le nécessaire, puis fais ce qu'il est possible de faire et tu réaliseras l'impossible sans t'en apercevoir"

SAINT FRANCOIS D'ASSISE

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Les pavés parlent aux oiseaux... rue St François d'Assise.

A découvrir par la voie buissonnière : O. MESSIAEN et les oiseaux :

http://www.youtube.com/watch?v=3hYQHfBIwLI&feature=re...

Photo: Les pavés de la rue St François d'Assise sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon. Foulés le 30 janvier 2009 © Frb

jeudi, 29 janvier 2009

Au pied levé

"Il n'y aura plus de regardeurs dans ma cité, plus rien que des acteurs"

JEAN DUBUFFET  (auteur de l'HOURLOUPE, entre autres )

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J.DUBUFFET  remplaça l'ancienne sculpture en dur par la sculpture pénétrable. Il n'était désormais pas interdit, pour lui, (et nous !) d'imaginer d'autres déchiffrements du monde...

"Assez de représentants du peuple, nous voulons le peuple en personne", reprendra le tribun plagiaire qui s'ignore...

Et la colère montera, pas seulement sous bannière. "Nous allons voir ce que nous allons voir". Juste des gens, enfin j'espère. Pénétrante colère ...

A lire absolument  :

http://humeurnoirte.hautetfort.com/archive/2009/01/27/jeu...

Photo: Belle injonction sauvage, à l'accent circonflexe, le tout d'un rose (sans parti pris ;-) vue place Morel en montant sur le plateau de la Croix-Rousse, pas très loin de la mythique Montée des Carmélites à Lyon. Ce jeudi 29/01/09. Jour de grève à Lyon et ailleurs... © Frb

Cette grève que personne n'aperçoit...

IMG_0130.JPGUn jeudi comme un autre en bord de Saône à Lyon. Rien à signaler. Les citoyens sont au chaud. Les ouvriers vont à l'ouvrage, les fonctionnaires à leurs fonctions. Les Lycéens à leurs lycée. Les enseignants à leurs enseignes. Je crois qu'il en est de même à Paris et dans toutes les villes de France. Ainsi je me permets de féliciter notre président de sa formidable intuition émise avec panache juste au printemps dernier.

Revoir ou ré-écouter : La perle visionnaire (très applaudie par les cadres de L'UMP) datant du 05/07/2008 :

http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/07/07/un...

http://www.dailymotion.com/video/k5jD3VZt20TQWHGy5d

Pour le reste notre photo du jour faisant foi, on ne cessera de s'extasier sur les flots doux et tranquilles de nos beaux paysages de France...

mercredi, 28 janvier 2009

Et doux rossignol et merle moqueur...

Comme un mercredi ... Précédant un jeudi noir

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Quelquechose se prépare, comme dans un roman de Julien Gracq : on ne sait pas encore trop quoi. Le ciel est sombre, des signes viennent...

http://www.youtube.com/watch?v=I_6TRfu8Nxg&feature=re...

Photo: Merle moqueur, retrouvé guettant le jour à venir, sur les brindilles montées en barricades, non loin de la place Flammarion dans un quartier de la Croix-Rousse à Lyon. © Frb

mardi, 27 janvier 2009

Forêt Morand

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Les esprits enchanteurs se réveillent dans la forêt Morand à Lyon, même en plein jour. Comme si de l'autre côté des brumes, un génie de la marionnette tirait du ciel quelques ficelles déguisées en mantilles, suggérant de la terre aux cieux, un passage insolite. Ainsi, agitant en tous sens leurs bras noueux, deux arbres me hélèrent et tandis que je m'approchai, l'un agrippa mon bras, et me murmura à l'oreille : "André Pieyre de Mandiargues est là. Il a quelque chose à te dire..."

Ensevelissement du poète dans la Forêt Morand

"Je t'ai vue, j'ai vu le temps
Percé d'un passage insolite
Où je voudrais que tu veuilles
M'ensevelir sous les feuilles"

ANDRE PIEYRE DE MANDIARGUES. Extr. "Ruisseau des solitudes". Cinquième cahier de poésie. Editions Gallimard 1968.

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Que votre volonté soit faite! cher André-Pieyre, puisque pour vous, je suis venue... Dans la forêt Morand, j'ai trouvé le passage. Vous dormiez aux pieds d'une Dame et de quelques génies. Il me vint cette idée de secouer les arbres. Les feuilles sont tombées et vous voici enseveli.

Si vous aimez les histoires vraies toujours sous les platanes de la forêt Morand vous pouvez poursuivre la ballade ci dessous

http://ruesdelyon.blogspirit.com/archive/2009/01/31/vitton-cours.html

Photo: Perdue en plein coeur de la "Forêt Morand", pour l'Amour de MANDIARGUES. Entre les branches dénudées, un passage, et du gris, au dessus de la Place Liautey, (feu place Morand). A deux pas de "Morand Pétanque". A Cinq pas de "la Dame de pierre" et de sa fontaine aux génies. Lyon, vu (vécu) un mardi gris de Janvier 2009.© Frb

Epitaphe

IMG_0042.JPGGloire à Morand ! roi de la pétanque qui mourût (!) en pointant, sur la place Lyautey à Lyon (hélas ! feu, place Morand, ce qu'on ne cesse de répéter désespérément sur ce blog). Ce terrain de jeux, pour bons vivants, complètement déserté en hiver, nous laisse donc supposer que les pétanqueurs, du sixième sont bien frileux (Aberration, ce mot "Pétanque" dans une ville où la" boule" fait la toute différence, Car voyez vous, on m'a toujours appris, qu'à Lyon, on ne jouait pas à la pétanque, mais à la boule lyonnaise ! alors pourquoi ce mot "pétanque"? Est ce que les beaux quartiers trouveraient trop vulgaire notre boule ? Je suis bien incapable de vous l'expliquer. Ni de vous livrer les subtiles différences entre "boules" et "pétanque" mais je sais qu'il y en a, et qu'il ne faut surtout pas dire à un joueur de boule lyonnaise qu'il joue à la pétanque, sinon ça le vexe. Bref... Pour ceux qui ont loupé le début, je précise que "Morand Pétanque" se situe dans le sixième arrondissement de Lyon, secteur réputé chic... et qu'aux heures où je passe souvent, l'ère de jeux est bien vide. Les pétanqueurs des beaux quartiers, (pardon messieurs!) devraient peut être aller se réchauffer chez leurs copains de la Place Tabareau (ou du Clos Jouve) sur le plateau de la Croix-Rousse, (toujours à Lyon), haut lieu des boules devant l'éternel, où, été comme hiver, on joue. Où, même par - 8°, à la tombée de la nuit, qu'il grêle, qu'il vente, qu'il neige, le promeneur peut entendre le léger cliquement des boules qui s'entrechoquent, et les exclamations des joueurs en bras de chemises qui s'exclament : "Oh! oui ! joli !" "A toi Roger! vas-z'y doucement !" (sic)... Enfin bon. Tout ça pour dire que la pétanque c'est pas la boule.

(1) LA FANNY : Célèbre et légendaire était fille du plateau, dit-on, c'est là qu'entre 1860, et 1870 elle promenait ses avantages pour le grand plaisir des vaincus (qui devaient l'embrasser à un endroit bien particulier "que la pudeur m'interdit de nommer ici" ;-). On attribue aussi l'origine de cette tradition à la Savoie, La "Fanny originelle" aurait été serveuse au café de Grand Lemps, juste avant la première guerre mondiale. La légende dit que par gentillesse, elle se laissait embrasser par les clients qui venaient de perdre aux boules sans marquer le moindre petit point. La bise se faisait alors sur la joue jusqu'au jour où toujours selon la légende, le maire du village perdît à son tour et vint quémander sa récompense. Fanny avait-elle une dent contre monsieur le maire, où désira-t-elle l'humilier publiquement ? Nul ne le sait, ce qui est sûr, c'est qu'elle grimpa sur une chaise releva ses cotillons et lui tendit une toute autre partie de son corps (que je ne décrirai point pour faire rêver les messieurs avec un peu d' évanescence). Le maire ne se démonta pas. Et deux baisers retentissants résonnèrent dans le café (jusqu'aux régions environnantes). Ce fût là, le début d'une longue tradition. Le problème c'est que les joueurs n'ont pas toujours une "Fanny" sous la main, ni une "Fanny" pas trop farouche, qui accepte de dévoiler ses audaces, c'est pourquoi, normalement, dans tous les lieux où l'on joue aux boules, une place d'honneur est réservée à une "fanny postiche", les malheureux perdants sont alors obligés d'embrasser en public, l'endroit rebondi d'une Fanny représentée sous forme de tableau, de poterie ou de sculpture. Ainsi "embrasser la Fanny" ou "baiser la Fanny", n'est dans ce cas, pas tout à fait une récompense, ni un lot de consolation, plutôt une humiliation publique pour le pauvre perdant. (Je sens déjà, pointer sur ce billet les griffes de quelques chiennes de garde, et autres MLF "bouliste macho la femme aura ta peau", "image dégradée de la femme", "femme-objet" "délivrons la Fanny" etc...) mais non, de grâce ! mesdames, ne nous fâchons pas!  bien sûr, que c'est un peu paillard, mais La Fanny, elle est d'accord, nul ne la force, elle aime bien ça. Et puis c'est presque un acte politique, héroïque même, par les temps qui courent de récompenser les plus faibles. Les perdants.

Quelques liens utiles sur la "Boule Lyonnaise" : http://www.ffsb.asso.fr/chapitre/FFSB/histo.htm

Et la"pétanque" (avec un petit peu de boules quand même ;-) : http://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9tanque

lundi, 26 janvier 2009

Le parking de la rue Burdeau

Comme un lundi

" C'est tout de même dur de quitter la campagne pour aller travailler. Quand je pense que dans quelques heures nous serons dans les embouteillages ... "

CHRISTINE ANGRIS : "Quitter la campagne". Editions Graciles. Paris, 2006.

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Photo : Ma petite voiture violette, (une Twingo téléguidée, je ne sais pas conduire), vue sur le parking (n'est ce pas qu'il est charmant?), de la rue Burdeau à Lyon. Ce parking est évidemment le plus beau des parkings de Lyon. C'est pourquoi il est voué à la destruction : bientôt (enfin, je suppose) à cet emplacement, une résidence (grand luxe) se construira, (avec terrasses, digicodes, ascenseurs, garage. etc...) et donc, le trou (vert) c'est pour ça. Image volée entre les grilles d'un échafaudage, un lundi de janvier 2009. © Frb.