26 mai 2009
Fête des voisins (do it yourself !)
"Le voisin est un animal nuisible assez proche de l'Homme"
PIERRE DESPROGES.

J'ai nettoyé mon casque à pointe (au mirror), je suis allée chercher ma Kalashnikov cachée tout en haut du placard à balai, j'ai enfilé mes rangers, et ma combinaison de justicière (cela existe pour fille en métal avec lance-flammes intégré et petites fronces à la taille, d'un effet redoutable). J'ai mis à chauffer (thermostat maximum), une grande gamelle d'huile bouillante. J'ai pris la tronçonneuse pour les travaux de finition. Voilà. Je suis prête pour la fête des voisins (de ma voisine du dessus, surtout, ah ah ! ). N'oublions pas le marteau, pour péter ses versions technos de Britney Spears et de "La bamba". Tout est parfait. Il ne me reste plus qu'à aller chercher mon véhicule...
Ah... J'oubliais la musique ;-)
Arto Lindsay and Toni Nogueira "buy-one"
Lien utile :
http://www.troublesdevoisinage.com/
Photo: Ma nouvelle voiture modèle "Antivoisin 3000". Photographiée dans ma cuisine à Lyon en Mai 2009. ©Frb
00:47 Publié dans Art contemporain sauvage, De visu, Impromptus, Le nouveau Monde, Mémoire collective, Transports | Lien permanent | Commentaires (44) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : fête des voisins, liturgie moderne contemporaine, tank, de visu, colère, voisins, troubles de voisinage, impromptus, nuisances, vengeances
25 mai 2009
Petite note intermédiaire
Pense bête !

Je signale à nos lecteurs qu'ils peuvent trouver à la suite du billet "INCREVABLE 2009 :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/05/23/in...
La version apocalyptique, révélée par HOZAN KEBO : "INCREVABLE 2098"
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2009/05/21/in...
Ou si vous préférez vous pouvez redescendre dans les entrailles du blog, jusqu'au 18 Mai 2098 très exactement....Intervention d'HOZAN KEBO à découvrir par ici ⇑ ou par là ⇓
17:13 | Lien permanent | Commentaires (14) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : nota, hozan kebo increvable 2009, increvable 2098, dalida
24 mai 2009
Entre l'abîme et les cieux...
Comme un dimanche.
"Des Dieux ? ... - Par hasard j'ai pu naître,
Peut-être en est-il par hasard...
Ceux-là, s'ils veulent me connaître,
Me trouveront bien quelquepart ..."
TRISTAN CORBIERE. Extr. "Raccrocs. In "Les Amours jaunes". Editions Gallimard 1973.
"L'abîme et les cieux plein de noirceur" de HUGO ont croisé ce dimanche, les "raccrocs" de Tristan CORBIERE, sous les pas foulant presque en silence le gravier pastel du cimetière d'un village Moyen-Ageux.
Parmi les cinq poètes auxquels Paul VERLAINE a consacré quelques études (1884) sous le titre "Poètes Maudits", Tristan CORBIERE figure en tête. Peut-être s'agissait il de mettre les noms seulement par ordre alphabétique, mais cet ordre tombait juste. CORBIERE resta longtemps en France, le "Maudit" par excellence au sens où l'entendait VERLAINE c'est à dire le plus méconnu, (ou mal connu) et le plus secret. On avait prêté à VERLAINE, quelques jours seulement, ce livre rarissime : "Les Amours jaunes" (avec l'édition de LE GOFFIC, grand celtisant et lettré scrupuleux). Cette édition (introuvable aujourd'hui) montrait aussi une photo de CORBIERE en dandy. La vie si brève de CORBIERE apparaît comme une obstinée dérobade, non pas involontaire, mais désirée, maintenue avec une curieuse énergie. L'état maladif du poète lui interdisait toute activité utilitaire. CORBIERE mena toute sa vie le conflit avec le fait de n'être que ce qu'il était, un duel glissant presque dans la passion. Sa pensée se désarme et soumet à une sorte de vertige l'orgueil et l'humilité, les menant à l'extrême (cf. le dernier groupe de poèmes personnels "Paria") :
"Ma pensée est un souffle aride :
C'est l'air. L'air est à moi partout
Et ma parole est l'echo vide
Qui ne dit rien- et c'est tout."
Il semble que ces vers aient été écrits après que la surdité eût coupé CORBIERE de toute communication normale avec ses semblables. Il entre désormais dans le domaine où La paradoxale "Rapsodie du sourd" nous le montre comme précipité par une trahison de la vie.
Tout cela serait assez glorieux, si CORBIERE n'était pas touché par une grâce ironique qui désarme à son tour les "grands mots". Une pirouette bouffonne accompagne l'évocation des gouffres et la tourmente cosmique où toute existence humaine particulière finit toujours par se perdre.
"Je voudrais être point épousseté des masses,
un point mort balayé dans la nuit des espaces,
... et je ne le suis point !"
Le point résiste à la l'évaporation des sens. Sur ce, la plume de Victor HUGO passe, "Seul débris qui resta des deux ailes de l'Archange englouti"...
et caressant à peine le point endolori. Referme le couvercle sans s'en apercevoir.
Source: Extr de la préface par Henri THOMAS , à l'édition 1973 des "Amours jaunes" de TRISTAN CORBIERE.
Photo : De l'autre côté du mur, l'étrange sensation d'être suivie... Une Croix (avec vue) semble narguer le bord des routes, tandis que nous longeons le cimetière hébergeant les anciens boscomariens du village médiéval de Bois Ste Marie. (Les boscomariens est l'appelation générique des habitants de la commune de Bois Ste marie). Un lieu dont je vous reparlerai sans doute un (certain) jour, si je parviens à capturer, sous les voûtes de l'église romane, l'image cruelle, troublante, d'un de ses chapiteaux nommé "Le châtiment du bavard", hummmmm... A suivre. Un signe donc, en zone intermédiaire, vu dans le Brionnais fin Avril 2009 © Frb
18:26 Publié dans A tribute to, Balades, Certains jours ..., Ciels, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (2) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : tristan corbiere, poésie, victor hugo, ciels, cieux, cimetière, naissance, mort, temps, certains jours, dimanche, bois st marie, croix
23 mai 2009
Gamberges
"Parler même quand on parle de soi, c'est toujours prendre la place de quelqu'un, à la place de qui on prétend parler et à qui on refuse le droit de parler"
GILLES DELEUZE. Extr. "Pourparlers". Editions de Minuit 1990.
Je lisais cette phrase, assise sur un muret au bord du fleuve Rhône. (Oui, on vous montrera, un certain jour, le muret - avec quelqu'un d'autre assis dessus-), et je trouvais DELEUZE curieusement "Shadokéen". Comme chacun sait l'ancienne géométrie Shadok repose sur un postulat immortel:
"La ligne droite est le plus long chemin d'un point à un autre"
Après quoi, je me suis sentie en droit de me demander où allaient tous ces gens ...
Photo: Les berges du fleuve-Rhône sont impénétrables (le samedi ), berges aux marches grégaires, de pont en pont, la fourmillière. C'est pourquoi on est beaucoup mieux assis sur un muret. (J'allais écrire : "assis sur un billet" ; mais les positions de recueillement se réservent pour le billet suivant ou précédent selon la logique de chacun).
Berges du Rhône soliloquant à voir ici ↓
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/06/03/mo...
Vu à Lyon. Un samedi de Mai 2009. © Frb
07:02 Publié dans A tribute to, Balades, De visu, Impromptus, Le monde en marche, Le nouveau Monde, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (25) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : parler, gilles deleuze, pourparlers, communication, shadoks, logique, gamberges, altérité, multitude, moi, eux, les gens, le monde en marche
22 mai 2009
Un billet sur la rue
Il y eût un jour un mot pour une rue :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/08/20/la...
Voilà un billet sur la rue. Je ne saurais rien vous dire plus.
Photo: A Paray le Monial (ville très pieuse), on s'agenouille dans la rue Billet pour sanctifier la blogosphère qui aura désormais son lieu de pélerinage, (et la rue Billet, son billet). La rue Billet est située non loin de la rue Dame Dieu et tout près de la rue de la Visitation (où se trouve la célèbre Chapelle des apparitions de Ste Marguerite-Marie Alacoque). Vue en Avril 2009. © Frb
00:37 Publié dans Affiches,panneaux,vitrines, Chiffres,Lettres, De visu, Le vieux Monde, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (24) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : rue, rue billet, de visu, paray le monial, curiosité, province, promenade, mot, meta
21 mai 2009
Increvable (1 an après)
L'année dernière exactement le 18 Mai 2008, je découvrais sur le chemin de la "Tordette", une affiche qui était déjà là depuis un an et sept jours. Soit en Mai 2007, si mes calculs sont bons et les images ne mentent pas. Choc des photos, je vous convie à cliquer pour un petit rétropédalage attestant du vrai de toute cette histoire, (petite histoire, bien sûr ;-) :
http://certainsjours.hautetfort.com/archive/2008/05/19/in...
J'avais promis à mes lecteurs (chéris) que je retournerais en 2009, prendre des nouvelles de notre "increvable" DALIDA. Un an ce n'est rien dans une vie d'Homme, direz vous, certes ! mais un an pour une vie d'affiche livrée à tous les vents et autres hivers et printemps ... (quand on sait que certains graffs vivent une demi-journée à peine) bref. J'avais promis, et pour une fois (vous pouvez me remercier), je tiendrai ma promesse. Je suis donc retournée le 18 Mai 2009 sur les lieux de notre increvable. Juste pour voir...
Rien que du petit ordinaire qui n'empêchera certes pas, la naplète de tourner. Mais on dirait que ça serait comme une métaphore (du temps qui passe). Et ça serait comme si DALIDA s'accrocherait... Pour combien de temps encore ?
Rendez-vous donc le 19 MAI 2010 si l'on survit à DALIDA. Il serait tout de même impensable qu'elle nous survive ! Il va falloir encore attendre. Je sais c'est long mais bon...
Patience ! Patience...
A venir très bientôt (sur vos écrans) "Increvable 2098" remixed by Hozan Kebo. A suivre ici ou là...
Photo : Affiche du "Show Dalida 2007". Vue sur la place (dont j'ai encore oublié le nom !) tout près du parc de la Tête d'Or à Lyon. Ce qui s'appelle résister... Ou insister. Je vous laisse le libre choix du verbe, c'est la moindre des choses et surtout ne comptez pas sur moi pour vous coller ici une chanson de DALIDA. Ah ça ! non ... DALIDA, never, never. © Frb.
20:55 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, Balades, De visu, Mémoire collective | Lien permanent | Commentaires (20) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dalida, affiche, increvable, lyon, le temps perdu, le temps qui passe, mémoire, work in progress, parc de la tête d'or, ballade
INCREVABLE 2098, ou le futur révélé par HOZAN KEBO
19:40 Publié dans ???????????, Art contemporain sauvage, Arts visuels, De visu, Impromptus, Le nouveau Monde, Mémoire collective, ô les murs !, Tapis rouge ! | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : dalida, increvable 2098, remix, intervention hozan kebo, art contemporain sauvage, fiction, question, futur, anticipation, survivre
Voix et volutes
"J’appelle à moi les tornades et les ouragans
les tempêtes les typhons les cyclones
les raz de marée
les tremblements de terre
j’appelle à moi la fumée des volcans et celle des cigarettes
les ronds de fumée des cigares de luxe
j’appelle à moi les amours et les amoureux
j’appelle à moi les vivants et les morts ... "
ROBERT DESNOS. Extr. "La voix de Robert DESNOS" (14 dec 1926), in "Corps et biens". Editions Gallimard 1953.
Ros(s)er la vie en grises volutes. Les cigarettes de Robert D. ne connaîtront jamais, (on l'espère !), le sort de "la pipatati"... Desfois qu'il "leur" vienne à l'idée d'effacer carrément du poème, ces "ronds de fumée", et autres volutes Desnosiennes, pour livrer l'oeuvre enfin, nettoyée des scories, à nos chers têtes blondes. On enlèvera aussi peut-être des manuels, que Robert DESNOS était un mauvais élève, enfin, il n'aimait pas les cours, (ce n'est pas pareil), ni le patriotisme qui s'apprend dans les écoles, préférant lire des bandes dessinées, les revues "l'épatant", "l'intrépide" les feuilletons populaires, (dont Fantomas). Tout ce que les surréalistes nommeront plus tard : le merveilleux dans la naïveté populaire ou plus précisément encore je cite : "la poésie involontaire".
Les poèmes de R. DESNOS, de la fin des années 20's et des années 30's se sont inspirés de cet imaginaire très enfantin. Héros grandiloquents, Far West, et autres invincibles fous d'aventures. Les surréalistes reprocheront à DESNOS certaines oeuvres, oubliant que DESNOS fût d'abord un autodidacte à la vaste culture mais jamais un lettré, ni un savant. Il est vrai que quand DESNOS se lance dans l'alexandrin, celui ci a parfois treize pieds. Quelle importance ? Le treizième n'est peut-être (qui sait ?) qu'un petit vers offert par la maison et jeté par dessus les fagots comme il l'écrira avec belle conscience :
"Je ne suis pas philosophe, je ne suis pas métaphysicien ... Et j'aime le vin pur".
Ah ! l'imprudent ! après la cigarette, les cigares de luxe, le vin pur ! Il faudrait coller un avertissement sur ses livres : "Lire DESNOS nuit gravement à votre santé et à celle de votre entourage". Juste par acquis de conscience. Pas interdire. Prévenir nos jeunes ;-)
DESNOS, L'enfant terrible, le fou de liberté, appelant par sa voix, à minuit triomphant, les breffrois et les peupliers pour les plier à son désir. DESNOS se laissant adorer par des femmes qu'il n'adore pas, qui viennent à lui et obéissent. DESNOS faisant rougir sur ses lèvres les ouragans, gronder à ses pieds les tempêtes...
(Voilà ce qui arrive quand on boit trop de vin pur, quand on fume trop. Plus de bon sens !)
DESNOS appelant les fossoyeurs, les assassins, les bourreaux, les pilotes, les maçons, les architectes. DESNOS invoquant même la chair. (de sa chère) :
J’appelle la chair
j’appelle celle que j’aime
j’appelle celle que j’aime
j’appelle celle que j’aime...
DESNOS invoquant les vieux cadavres, les jeunes chênes coupés, les lambeaux d'étoffes pourrissant, le linge sèchant aux alentours des fermes, DESNOS par sa voix ressucitant les vieux cadavres, DESNOS rendant la verdure aux jeunes chênes coupés, DESNOS recevant les baisers d'ivresse des cyclones, DESNOS revêtant les vapeurs des fumées des volcans...
"Et Les ronds de fumée des cigares me couronnent".
Toujours par le pouvoir presque invincible d'une voix.
Ainsi monte l'appel. Et dans la nuit, la ritournelle, triture son fil*. DESNOS sait pourtant où il va. ( "Yvonne"* !). Il en appelle à tout ce qui existe, existera, gronde ou subsiste. Jusqu'au chaos. La solitude la plus extrême. Ce qui est effrayant dans le chaos, ce n'est pas la menace même, mais l'absence de tout repère fixe. Il y en a un pourtant. Yvonne. La seule que sa voix n'atteint pas. Unique chère (de sa chaire). Cette unique qui n'entend pas :
"Les maçons ont le vertige en m’écoutant
les architectes partent pour le désert
les assassins me bénissent
la chair palpite à mon appel
celle que j’aime ne m’écoute pas
celle que j’aime ne m’entend pas
celle que j’aime ne me répond pas."
http://kl-loth-dailylife.hautetfort.com/archive/2009/05/2...
Photo : Les rôle s'inversent sur cette affiche qui fait un peu penser à certains graphismes fin 60's début 70's, (à certaines images situationnistes entre autres). Supposons que ce soit Yvonne...
"Attendre que quelqu'un veuille bien m'écouter, que quelqu'un veuille bien me comprendre... Ils ne peuvent accepter une idée qui ..."
Une idée qui... Quoi ?
Attendre. Ne pas entendre... A quelques lettres près. Mondes en instance. Irréciprocités. Loi de l'offre et de la demande. Quête incessante... Ici l'affiche épouse le grain du mur. Un visage toise le promeneur d'un sourire mitigé. Des questions sont posées. Essentielles. Vu rue de Crimée (la belle graffée) sur le plateau de la Croix-Rousse à Lyon. Mai 2009. © Frb.
18:07 Publié dans A tribute to, Affiches,panneaux,vitrines, Art contemporain sauvage, Arts visuels, De visu, Mémoire collective, ô les murs ! | Lien permanent | Commentaires (6) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : robert desnos, voix, la voix de robert desnos, invocation, entendre, ecouter, aimer, yvonne georges, affiche, lyon, de visu, croix-rousse, les vivants






