01 décembre 2009

Monter Décembre

Monter décembre661.JPGLes plus beaux jours de la fête des Lumière ce sont les huit jours qui précèdent la dé-fête finale. Ou Le grand huit (propagande officielle). Et pour celui ou celle qui a la chance (???) de vivre à Lyon, rien n'est plus extraordinaire que de s'y balader jour et nuit ces temps-ci, la tête dans les nuages ou presque, car on jurerait qu'une toute petite partie de la population, je veux dire,"les mécanos de la générale", vivent alors comme ces chats de légende et de contes enfantins, tout simplement perchés là haut. On en trouve dans les arbres, (brésars), accrochés sur les branches, d'autres plus exubérants, embrassent les poteaux, toute la ville semble alors comme un grand cri d'amour où mille fragilités se grisent en suspension. Chaque bosquet monte ses personnages aux plaisirs les plus hauts. Chaque branchage a son prétendant. Eros est sur tous les sommets. Même les blanches mains, jadis glacées de la sainte Vierge, caressent la nuque de ces messieurs qui se dépensent sans compter au souffle d'une "Chanson pour elle".

Que ton âme soit blanche ou noire,
Que fait ? Ta peau de jeune ivoire
Est rose et blanche et jaune un peu.
Elle sent bon, ta chair, perverse
Ou non, que fait ? puisqu'elle berce
La mienne de chair, nom de Dieu !

Ces êtres fols, on en trouve aussi sur les dames (pas des Saintes Vierges, my god !), l'électricité de France à leurs pieds, hommes fourrageant comme des castors à se demander si Décembre, n'est pas à Lyon par excellence, la saison d'une brusque poussée de fièvres mâles qu'une brume doucement retrouvée attiserait dans sa discrète gangue nourrie d'un petit lait frotté aux malins lumignons. La Dame de la forêt Morand, (exemple), qu'on savait de pierre (et de Paul) mais surtout liée à André Pieyre, n'est point farouche quant à laisser les coquins idolâtres chercher à fleur de sens sous un pli de jupon une faille en bris de plâtre qui révèlerait un coin de peau. Amours secrètes des petits génies de l'éclairage boudés par ceux de l'agriculture de l'industrie. Le génie pur et retrouvé, génie de la luminosité. Lyon tel une chaufferie d'amantes, encenserait ces butinages. Ainsi des vigueurs impensables, opèrent un curieux déplacement glissant peu à peu nos promenades aux sentiers d'une carte du tendre.

Quand les dames, les poteaux, les brésars, auront été amoureusement savourés, quand tous les mécanos de la générale, les goûteurs d'éclairages, et les employés doux du puissant GranydoL seront lassés des escalades, quand l'échéance, viendra sans bruit, replacer tout à l'ordinaire. Nous arriverons pile sur le soir du huit. L'heure qu'il est échappera peut-être, mais la procession s'imposera, qu'on le veuille ou non, dans toute sa tyrannie festive. Tout au plus une orgie molasse, après de très beaux précédents. On ne parlera jamais de "ça". La parenthèse qui enchanta, se refroidira comme le marbre, un caillou enfermé dans un coussin de Lyon et pas même un suçon (les suçons sont de Lyon) sur la face cachée du brésar. De ces somptueuses crapettes que vous ne vîtes point ou si peu, lecteurs chéris, (victimes, qui sait ?), je serai prête à parier, un voyage en ballon (avec Solko (?) sous les lampions de la Scala de Vaise) qu'on ne vous en jettera que les miettes. Peut être même un peu moins. Peu importe, que ce soit de l'amour ou du lard, il faudra bien suivre la fête...

Photo: La conquête de la Dame de pierre dans la forêt Morand par les mécanos de la générale du GranydoL, (qui sont de sacrés montagnards !). Lyon, place Lyautey. Première de Décembre 2009.  J - 4 avant les premiers allumages. © Frb.

19 novembre 2009

On a vraiment marché sur le coup de grâce

oui ça va mal
oui les temps sont critiques
et de tous les malheurs qui grognent à nos mollets
de tous les abandons qui nous vident le cœur
de toutes les défaites qui nous brisent la nuque
l’enfermement où dans ces heures poisseuses
on tient désormais la langue notre langue
la langue commune la langue partagée populaire
celle-là l’improbable la sauvage et la douce
qui dit la bonté de l’instant
et la chiennerie des jours
cet enfermement-là
qui n’apparaît pas
qu’on ne sent pas
qui ne s’avoue pas
de tous nos malheurs pourrait être le pire [...]

JEAN PIERRE SIMEON : 3 septembre 2003, (Source "Objection du poème" in "Etats généraux de la culture" à Lire intégralement  ICI Remerciements aux "Îles indigo", qui m'ont précisément insufflé l'envie de découvrir mieux J.P SIMEON , à découvrir également  ICI

coup de grace.JPG

Vous n'avez peut être pas souvenir de ce billet daté du 28 juin 2009, me perdant assez régulièrement dans mes archives, j'avais presque oublié moi-même. Naïve que j'étais ! ce billet titré "On a marché sur le coup de grâce", qui évoquait grosso modo cette notion du "coup fatal porté à l'homme ou l'animal", s'ensuivaient quelques autres questions, bref ! le reste peut se relire ICI ... Alors naïve ! évidemment ! car ce beau graff presque turquoise glissé sous la semelle, caressé tendrement sur un bout de trottoir m'avait persuadée (presque) sans l'ombre d'un doute, des bienfaits de la poésie urbaine et du talent quasi situationniste de nos graffeurs un peu poètes que j'avais même imaginé chouïa subversifs (!) si c'est-ti pas beau d'avoir des peaux de saucisses devant les yeux ! à l'heure qu'il est, et qui m'échappe plus que jamais, je maudis cette pauvre naïveté, qui m'a vouée à un enthousiasme louant une entreprise que vraiment, j'aurais préféré passer sous silence. Toujours ce retard d'arrière garde, qui met à l'abri des "tendances", donc à l'abri ? J'en doute ! Oserai je encore cette note d'espoir avec la même pauvre naïveté ? A moins que ce ne soit qu'un gros déni ? Chagrin larvé). A l'heure qu'il est, disais je, il vaudrait mieux sans doute prendre une retraite anticipée pour aller habiter d'autres fonctions, s'initier à la vie de la ferme (traire les vaches à Suzy les Charolles ?) ou hiberner (autômner ?) sur la plus haute branche d'un brésar tagué par d'adorables crottes de mésanges, au moins pour la pureté, la noblesse des intentions, ce seraient là de vrais graffs "à l'ancienne" complètement bio, que les oiseaux (mes anges !) balanceraient du ciel comme des confettis sans vendre rien. Et les nostalgies s'accèlèreraient sans doute. Regret d'une sauvagerie passée, d'une poésie urbaine intouchable, intouchée, il y a moins d'un an encore, à caresser des yeux toute la beauté d'un graff joli, polymorphe mais pas pervers.

Comme je ne suis pas tout à fait en état de grâce avec mon époque, sinon juste trimballée par "l'absence de vie" cachée sous une pléthore d'expressions folles, je vais faire amende honorable, et avouer à mon lecteur (adoré), que sur ce coup là, ("de grâce !") je me suis carrément fourvoyée, et que pour la bonne cause (?) je me suis bien appliquée (à mon insu, evidemment !) à faire l'éloge de tout ce que j'abhorrais. C'est justement de me faire emballer "à mon insu" qui est consternant. Je me dis que ça pourrait aussi arriver à d'autres ...

Du mois de Juin (date de la découverte du graff) au très beau de Septembre, jusqu'à l'été de la St Martin, j'ai cuvé cette déception. Puis il y eût quelques pas qui firent avancer notre enquête. Kl-Loth dans le rôle (prestigieux) du détecteur de faux, spécialiste du "vrai" graff authentifié "sauvage", (ou "artistique" si ce mot a encore un sens en ce bas monde) avait déjà avant tous, pressenti depuis quelques temps que le vent du street art tournait, parfois bizarrement. J'en fus avisée au plus vite : ce graff qui me paraissait si fin, tellement malicieux sur son bout de bitume gris, posé en des lieux extrêmement choisis n'était peut être au fond qu'une opération de marketing (de plus ?), je cite la réaction du détecteur de faux Kl-Loth au début de l'enquête datant de Juin exactement : "La localisation de ces graffs à la sortie des stations de métro, me fait penser à une opération de marketing viral. Mais je n'ai pas encore trouvé de quoi il pourrait s'agir… Du dernier film Harry Potter ?". Evidemment, je persistais à croire que non. Ou comme le dit un personnage d'un petit film très intéressant datant de 2006, réalisé par Fabienne GODET qui a pour titre "Sauf le respect que je vous dois" je cite : "Quand on a la tête dans le sable, on ne voit pas qu'on a le cul à l'air" (une maxime pop qui ne marche pas seulement pour le marketing viral que des gneugneus dans mon genre (allez ! bon !) prennent pour de l'authentique (alors que ce dernier mot même manque déjà de définition). Ca marche pour tout, et beaucoup en ce moment, cette histoire de vessies et de lanternes. Quand on pense, (ma bonne dame !) que l'UMP a failli s'appeler "la maison bleue", à cause d'une vieille chanson rebelle, signée Maxime Leforestier, (je vous épargne le lien), on aurait assez envie de mettre la tête dans le sable et le cul au chaud, de s'offrir un sabordage extrême, tant qu'à se faire asphyxier autant choisir son atmosphère avant de se retrouver complètement pillé, le cerveau tambouillé vivant, dans la marmite des rappetous. Ce n'est pas d'avoir manqué d'intuition qui pique à ce point le nerf, (ça recuit un peu la vanité mais si ce n'est que cela, on s'en remet), non, ce qui pique mortellement le nerf c'est de constater jour après jour, progressivement, d'une manière implacable, que toutes les parcelles d'invention, toutes les improvisations, les expérimentations, les alambiques dingos, les élans formidables, les pages perdues des calepins de quelques artistes cherchant la modification celle-ci rimbaldienne parfois ("changer la vie" ?) ou non, sur un mode assez doux, sitôt inventées, sitôt se trouvent pliées, ciblées, organisées par les chasseurs de tout, experts en communication, créatifs colorés, qui seraient prêts à coacher des chèvres si ça leur rapportait. Toute la pub et ses publivores. Et pas si nouveau mais nouvellement proliférant, surfant sur nos petites vagues 'in" et "top", un truc qui sonne du feu de Dieu : "marketing viral". La formule, fût inventée, ainsi soit il ! à défaut d'y penser, elle nous distraira un moment.

Ainsi la nouveauté, force de vente, de la publicité urbaine, est donc de semer à présent, quelques phrases-mystères ici ou là, en des coins stratégiques de nos villes... Un peu à la manière des cadavres exquis des surréalistes, (sauf que le désir n'est plus tout à fait révolutionnaire), même "marketing viral", pourquoi pas, sur le mode des détournements situs ? Deux adjectifs feront l'affaire, pour les cibles du tout venant, vidés de sens, devenus peu à peu obscènes, saucés dans tous les récipents : "Ludique" et "atypique". Nos marketagueurs ont des lettres et du talent à revendre, ils savent réajuster la gamme sur d'anciens coups d'éclats, même historiques. On peut ainsi avoir beaucoup de talent et en même temps servir des causes de merde, les exemples ne manquent pas en voici un, entre autres (avertissement : la chute est assez désolante) ... Rien qu'aujourd'hui, cet après-midi, j'en ai croisé trois de machins de marketing du genre viral dont un annonçant la sortie du parfum d'Yves Saint Laurent, en pochoir mural "(contre) façon sauvage" sur toutes vos bonnes banques et autres murs de petits collèges. La pub jouant aussi dans la cour de ceux qu'elle nomme les "atypiques", (forcément ludiques) qu'elle porte aux nues quand ça l'arrange. Tout en free style on plie l'affaire ! saucissonnée, enzyme-gloutonnée dans le fatras, la poésie s'en retrouve ratiboisée mais peu importe! tout ça évoluant tranquillement sur son rien, finira par un magistral "prout sur ton portable" pour "foutre la honte à tes amis", bref,  pour un peu on deviendrait amer à constater que toute expression de révolte est désormais vouée à l'impuissance, épuisée sous le corps du poulpe qui nous mange du dedans mais bon joueur, daigne que notre coquille survive, comme si .

Le grand tambour fait son marché  jusqu'à la confusion des genres, vessies, lanternes dans le même panier... Non pas qu'il me viendrait à l'idée de critiquer une revue d'art (oh non, quand même ! surtout une d'art contemporain, (quoique... Peu m'en chaut !) laquelle justement, et on se demande par quel hasard même (inconsciemment) politique ? s'appelle "le coup de grâce" (en vente à l'occasion de la biennale, 5 euros) et dont le slogan d'emblée nous prouve tant de bonnes intentions : "car la culture est un art de vivre", bon d'accord. Et alors ? Là encore je peux me planter et dans deux mois, je vous conseillerai peut être de la lire cette revue. "La culture est un art de vivre", aujourd'hui pourquoi pas ? S'il s'agit d'art de vivre. Ca ou un catalogue de meubles scandinaves...

"A ce mouvement essentiel du spectacle, qui consiste à reprendre en lui tout ce qui existait dans l'activité humaine à l'état fluide, pour le posséder à l'état coagulé, en tant que choses qui sont devenues la valeur exclusive par leur formulation en négatif de la valeur vécue, nous reconnaissons notre vieille ennemie qui sait si bien paraître au premier coup d'oeil quelque chose de trivial et se comprenant de soi-même, alors qu'elle est au contraire si complexe et si pleine de subtilités métaphysiques, la marchandise."

GUY DEBORD : Extr "La société du spectacle" 1967 editions Buchet /Chastel.

Photo : La cruelle vérité. Le coup de grâce démasqué, affiche photographiée, derrière une vitre, rue de la République, au niveau de la bouche (vorace) de la station Hotel de ville à Lyon presqu'île. Octobre 2009. © Frb

08 novembre 2009

Le croûton, l'oiseau, et le Grand collisionneur de hadrons

PIGEONS0007_2.JPGUn oiseau laisse choir un croûton de pain et c'est l'apocalypse au royaume des particules. Monsieur oiseau (on soupçonne fortement un Tangre de Ranchal autre nom de la chouette (!), transportait dans son bec un croûton. En survolant l'accélérateur de particules du CERN, le bel oiseau, lâcha (par distraction sans doute, quoique la thèse soit controversée), des petits bouts de son croûton sur une installation électrique. Jusque là, tout va bien et je ne suis pas si décalée que cela, puisque l'incident a eu lieu mardi dernier (03 novembre 09) or, nous ne l'apprendrons que 09 Novembre, (on nous cache tout, on nous dit rien) mais comme cette date, n'est pas encore apparue dans notre calendrier certinjournien. Je vais être la première dans cette dimension du temps unique au monde, à vous dévoiler le grand secret :

Je rapporte ce que j'ai lu en toutes lettres dans ma boule de cristal, un papier adorable écrit par un journaliste (bien sympathique), sans doute sorti des grandes écoles, lisez :

"L’oiseau - pour une raison encore indéterminée - a lâché ces miettes, pile où il ne fallait pas, sur l’installation qui alimente les secteurs 7-8 et 8-1" de l’accélérateur, autrement appelé LHC ou Grand collisionneur de hadrons. De quoi provoquer "les mêmes effets qu’une coupure de courant normale pour laquelle les systèmes de protection de la machine sont très bien préparés", assure la note du Cern."

Nous y sommes. Lâcher un croûton, certes, est une chose à la portée de toutes les créatures, à deux, trois ou quatre pattes, mais lâcher un croûton pile poil sur les secteurs 7-8 et 8-1 du Grand collisionneur de hadrons, moi je dis : "chapeau l'oiseau !". Evidemment Interpol est sur les dents, pour DETERMINER LA RAISON (!) qui aurait pu pousser l'oiseau (ce terroriste ?), à jeter un croûton juste "là où il ne fallait pas". Quant aux 7000 scientifiques qui ont été mobilisés durant plus de douze ans pour la construction du plus grand accélérateur de particules du monde, (un instrument de physique d'une précision inégalée) ils n'en pensent rien.

Sur d'autres articles parcourus, on appréciera quelques formules bien mignonnes, assez hautes en couleur mais nullement romancées. D'ordinaire j'invente tout, mais là, je n'ai plus besoin de me creuser la tête, la réalité portant à bout de bras son grain de sable, on ne se privera pas d'exulter (l'oiseau distrait étant au CERN ce que Tony est au convoyage de fond), vous comprendrez que ce genre de petite nouvelle, bien calée dans sa presse, entre une déclaration de monsieur Besson, et les remous provoqués par le débat sur l'identité nationale puisse combler d'aise les philosophes, et nous distraire abondamment. (On en a urgemment besoin).

Pour en revenir aux articles dits de "pure information (!)" on peut lire sous forme de depêche, celle-ci, diffusée un petit peu partout : "Mardi 3 novembre, un oiseau, présumé être une chouette, transportant une baguette de pain a provoqué un court circuit sur une installation électrique extérieure alimentant les secteurs 7-8 et 8-1 du LHC, le Grand collisionneur de hadrons, explique le CERN dans une note interne dont l'AFP a obtenu une copie. Le choc a provoqué «une interruption des opérations du système cryogénique du LHC, ajoute le CERN. "Ces morceaux ou miettes de pain" ont causé "un faible réchauffement du zéro absolu (-273,15°C) à -268 degré celsius", a précisé à l'AFP une porte-parole du CERN, Renilde Vanden Broeck"

Comme vous voyez l'affaire est très sérieuse. La chouette part chercher sa baguette de pain, comme le ferait n'importe qui. Et là, pour une raison indéterminée, un bout de croûton se fait la belle. (La chouette avait-elle l'intention de goûter prématurément sa baguette par le croûton ? (Comme chacun aime le faire, quand il revient de chercher le pain ? Que celui qui n'a pas grignoté prématurément son croûton de pain en route, lui jette la première pierre !), mais de cela on n'est même pas sûrs. Le fait est que le système de sécurité du grand collisionneur de hadrons (LHC) s'est enclenché. (Panique à bord ! les particules et les aimants sans dessus ni dessous eurent soudain très peur du croûton), et conclusion : il aura fallu trois jours (seulement !) pour que tout rentre l'ordre.

Rendez-vous compte ! un tout petit oiseau de rien du tout ! on l'imagine dépenaillé, sur ses pattes chétives, parti chercher son pain (pour nourrir maman oiselette et les pious pious) capable de paralyser l'accélérateur de particules le plus puissant du monde ! l'invention qui espère reconstituer la minute d'après le big bang, (comme si vous y étiez) un bidule dont le CERN a déjà tant de mal à venir à bout. Pas besoin de sortir des grandes écoles pour en tirer une belle leçon. On imagine d'ici, une fable de La Fontaine et sa moralité grosso modo du genre que la vanité de l'homme, elle en prendrait un sacré coup (je n'ose dire "dans l'aile"). "La sotte vanité..." Il faut dire qu'il aimait drôlement les oiseaux, le vieux Jean ! (Souvenez vous : "Le héron au long bec emmanché d'un long cou") ...Si je puis me permettre une parenthèse un petit peu fabuliste ou une pause. (Pour une fois que ce ne sera pas de publicité quoiqu'elle se glissera bien au travers, hélas !)

http://www.la-fontaine-ch-thierry.net/hiroiso.htm

http://www.dinosoria.com/fable_02.htm

http://saphoria.blog.fr/2009/11/04/la-colombe-et-la-fourm...

http://www.dinosoria.com/fable_07_04.htm

Pour en revenir à notre chouette. Une "Fable oiseuse" racontée un journaliste du "Temps" émet  deux hypothèses, la première (hitchcockienne), c'est que l'oiseau en voudrait au CERN, par peut-être une mystérieuse prescience animale qui lui dirait que le Grand collisionneur de hadrons est dangereux, et donc, la petite bête, chouia lettrée, (connaissant l'histoire du grain de sable), délibérément armée d'une baguette, serait partie attaquer le monstre... Hélas le monstre a survécu quand même ! nul ne sait encore à ce jour si la planète pourra survivre. Comme on ne nous dit pas tout, les conséquences rétroactives seront peut être effroyables mais comme dit aussi notre amie l'autruche (sic) : "tant que c'est pas fait, c'est jamais sûr". En attendant, pas question de changer nos habitudes ! nous danserons donc sur le Grand collisionneur de hadrons comme on le fait à peu près sur tout.

Deuxième hypothèse, très morale celle-ci : au contact de la modernité, notre chouette se serait ramollie, oubliant l'art de ses ancêtres, elle ne chasserait plus dans la nature, les petits grains ou vermisseaux mais chouraverait à la cantine du CERN, (racaille d'oiseau !) un bout de lard, une patate, ou une baguette à partir de quoi elle fabriquerait ses miettes et (toujours selon ce journaliste du "temps"), je cite : "son intervention dans le processus de refroidissement du grand accelérateur de hadrons (LHC) pourrait être un avertissement, comme la grippe porcine ou la crise de la vache folle. L'avenir dira s'il aura été entendu". Prudente, je déclinerai toute responsabilité quant à cette dernière conclusion ;-) ...

Le plus rigolo de cette histoire, c'est que dans l'absolu, sérieusement et très concrètement (???), le Grand collisionneur de hadrons est destiné à percer les mystères de la physique et notamment à aider à détecter des traces de l'invisible "matière noire"... On peut être à la fois effrayé et rassuré que le fonctionnement de la haute technologie tienne à si peu de chose. On pourrait aussi se rêver une vie en forme de croûton vogueur qui aurait pour seul but de se faire promener par les oiseaux et de distraire son homme (+ quelques particules), mais cela est une autre histoire que je vous raconterai un autre (certain) jour...

Pour tous les incrédules, ci-joint le pack de vérité : http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gBAjaN...

http://www.futura-sciences.com/fr/news/t/physique-1/d/en-...

Pour les passionnés de Grand collisionneur de hadrons et autres merveilles scientifiques ci-joint le site du CERN : http://public.web.cern.ch/Public/Welcome-fr.html

Et pour les amateurs d'énigmes, de beaux chiffres et de belle lettres, lire ici, notre "fine" sélection (pdf) : "particules" (traducteurs bienvenus) :

Photo : Au delà de la chouette distraite (ou terroriste), perturbant les beaux jouets du CERN,  il y a pire ! les pigeons. Grands collisionneurs de chenaux. Des oiseaux de malheur pas très affectueux, capables de ravager des villes entières. Pour les ultras phobiques (dont je suis) de ces monstres stupides (et ailés !), la fin du marché peut virer au cauchemar. Ici une photo (ce n'est que le début, ils ne sont encore pas très nombreux) de l'hitchcockienne fin du marché de la Croix Rousse. On est sûrs que ceux là ne chouravent pas à la cantine du café des écoles. En outre (de surcroît!) lorsqu' ils prennent leur envol, s'ils se coincent une aile dans les cheveux des filles (kaïe ! kaïe !), je peux vous dire qu'à côté, un petit crouton de chouette dans un Grand collisionneur de hadrons même le plus puissant du monde, c'est pas grand chose. Et je sais de quoi je parle ! Vus à Lyon sur la colline qui travaille (et qui fait le marché tous les jours sauf le lundi au grand désespoir de monsieur PAG et de quelques autres cruci-roux férocement antilundiens). Début Novembre 2009.© Frb

25 septembre 2009

Pyromane II

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Il n'est pas dans mon habitude de re-publier des images d'anciens billets. Or celle-ci datant du 31 d'Aôut 2008, me trouble assez (du moins, son intitulé) "Pyromane", titre innocent, à l'époque, insoupçonnable. Juste posé pour désigner un ciel flambloyant au dessus de l'Hôtel Dieu, (où règne, toujours présente, la mémoire d'une ville, et très majestueux, vu de l'intérieur, le dôme fascinant du grand architecte Soufflot). Aujourd'hui, fin Septembre 2009 sans avoir pu imaginer ce qu'il adviendrait de cet Hôtel-Dieu, (au destin déjà suspendu, à l'époque), cet intitulé prend un sens très différent, voire improbable, quelque peu ironique. "Pyromane" oui, mais ce n'est plus le ciel qui brûle ... C'est l'édifice.

LISEZ : http://solko.hautetfort.com/archive/2009/09/29/l-hotel-di...

Je ne rédigerai pas exactement ce qu'on appelle stricto-sensu un billet (dans le jargon). Tout ce qui est indécent, hideux dans ce projet de réamènagement de l'hôtel-Dieu, tout ce qui fait injure à la mémoire des gens, la mémoire d'une ville, réduit à un simple décor (vitrine) ce qui constitue une histoire depuis des siècles, et dépouillera prochainement cette histoire de son site pour les temps présents et futurs, a très bien été exprimé par Solko (un blog plus qu'ami) que je rejoins complètement dans son écoeurement et son indignation. Une lecture attentive des billets de Solko pourra davantage éclairer le lecteur (lyonnais ou non) quant à l'histoire de l'Hôtel-Dieu, (et de son dôme, bien sûr !) Hotel-Dieu d'hier, jusqu'à ce vulgaire aujourd'hui augurant un très regrettable "demain ?" Vidé de sa substance. Encore et toujours, il est question de la mémoire qui nous rattache aux lieux. De ce retour et liens aux racines pour faire en sorte que les paysages, les personnages qui le parcourent, ne se transforment pas en "coquilles vides"... Parallèlement existent, L'âme d'une ville et, sans concertation, ce coeur qu'on nous arrache. On pourrait annoter le chapitre - De la présence de l'Hôtel Dieu à l'avènement d'une future  coquille vide - C'est déjà un thème très brûlant, sauf s'il se trouve assez de gens affectionnant autant "le paysage" que son sens même, pour essayer d'empêcher ça... (A lire encore) :

http://solko.hautetfort.com/archive/2009/10/02/sale-vendr...

Lorsqu'en Août 2008, on consultait le Wiki à propos de l'Hôtel-Dieu on pouvait lire ceci: "L'Hôtel Dieu est actuellement un centre hospitalo-universitaire dépendant des Hospices Civils de Lyon. Il renferme également le Musée des Hospices Civils de Lyon, témoin de son riche passé. Sa désaffectation est prévue pour 2010, il semble que les bâtiments historiques puissent être convertis en grand musée médical et anatomique. Aucune décision officielle n'a été encore rendue."

Grand Musée médical, soit ! on attendait ... Réactualisé à la saison d'automne 2009, (J'ose espérer que le lecteur me pardonnera quelques incohérences et antidates dûes à certains retards auxquels ce blog s'attache, j'espère surtout que cela ne gênera pas la compréhension du problème de cette reconversion de l'hôtel-Dieu,) bref ! comme il y a le feu à l'édifice, je tiens à faire passer aujourd'hui ce billet avant tous les autres. Donc automne 2009, dans Wiki toujours on peut lire :

"L'Hotel Dieu sera reconverti en hotel 4 étoiles sous le magnifique dôme de 30 mètres de haut. les cours intérieures accueilleront des boutiques de luxe. C'est ce qui fait suite à la décision prise par Gérard Colomb le 25 Septembre."

Quand j'ai lu ça, j'ai eu peine à croire... (La peine, dans les 2 sens du terme on peut dire). Etait ce une blague ? Peut être une provocation ? Puis il y  eût "Libération" (pas celle que vous croyez qui font les heureux dénouements, faut pas rêver ! on est à Lyon !)

"Luxueuse reconversion pour l'hôtel-Dieu lyonnais" c'est le titre ! Là encore, on en apprend sur les merveilleuses méthodes de concertation de notre maire ou comment vite fait, bien fait on scelle le sort d'un lieu cher à son peuple, (4 ou 5 étoiles ! ben voyons !) de la haute cabriole (cabriolet ?) sur l'histoire, injure assez décontractée à la mémoire encore très vivante du lieu. Projet d'une insolente vulgarité. Qui s'en soucie ? Quelques uns... ? Seront ils assez nombreux ? Est-il permis d'espérer ?

http://www.libelyon.fr/info/2009/09/luxueuse-reconversion...

C'est vrai, elles n'ont l'air de rien ces petites phrases comme ça mises bout à bout. Allez, je vous recolle les plus neutres, celles du Wiki, pour le déplaisir (ou la réaction allergique qui pourrait se manifester à la deuxième lecture) :

"L'Hotel Dieu sera reconverti en hôtel 4 étoiles sous le magnifique dôme de 30 mètres de haut" [...]

"les cours intérieures accueilleront des boutiques de luxe".

Hormis qu'on dirait de la réclame. Ca ne vous choque pas ? Bon. Pendant que le vieux polémiste dort, j'enfonce le clou... (Lisez, lisez...)

http://solko.hautetfort.com/archive/2009/10/05/d-un-dome-...

Pyromane, nous voilà ! qu'elle soit de gauche ou de droite, cela s'appelle toujours de la décomplexion. Et ce qu'il y a d'ennuyeux avec la décomplexion, c'est qu'elle est aujourd'hui tellement partout, qu'elle aurait tendance à passer "comme une lettre à la poste", (si j'ose dire !). Et les autres effarés, les "pas d'accord", (les "complexés?"), évidemment non concertés, qui se sentent passablement injuriés, écrasés par tout ça, finiront peut-être par se dire : "à quoi bon ?" on lit tellement de trucs obscènes jour après jour, qu'un de plus un de moins... N'est ce pas ? Et bien non. Un de moins c'est mieux. Toujours ça de mieux.

Je ne suis pas une abonnée de la pétition à tous vents, mais là, je soutiens celle du collectif Hotel Dieu parce qu'elle propose un projet réfléchi, intelligent qui rend encore son sens profond, une cohérence à cet unique hôpital public du centre-ville. Cette pétition propose la création d'un centre de promotion de la Santé à l'Hôtel Dieu, vous trouverez le projet dans le lien ci dessous, tout autant que la possibilité de signer cette pétition.

http://jesigne.fr/promotionsantehoteldieulyon

La voie qui mène encore à défendre l'Hôtel-Dieu et le projet du collectif de l'Hotel Dieu, au lieu d'accepter passivement le travestissement de l'édifice en centre commercial haut de gamme, pur cauchemar, annoncé en fanfare, (et bientôt coupé au ruban ?) est encore à lire chez Solko, (tout très bien expliqué), et je crois que vous aurez tout, enfin tout ce qu'il faut pour vous faire une idée de la situation. Il me reste à remercier Solko, pour ses beaux textes, à raison réactifs, doublés d'une recherche fort documentée effectuée pour nous informer quant à l'histoire de cet hôpital public unique à Lyon, dont le relifting en temple marchand dévoué aux petites joies éphémères des créatures bling bling (et aux rêves inacessibles de la plèbe ?), nous donne d'ores et déjà, la nausée... Vous pouvez choisir vos chemins. Les deux mènent à la pétition. La signer ce n'est pas rien. ... Comme vous l'avez vu à Lyon, cette rentrée se voit dans de différents domaines, sinistrée. De très beaux endroits risquent bientôt d'être intégralement dévitalisés... Transformations qui ne sont pas très glorieuse pour cette ville. Et ne lui font pas honneur... Autre chemin donc + quelques liens dans le lien, et j'en termine.

http://solko.hautetfort.com/archive/2009/10/03/8d0b544274...

Après quoi, on ira se promener... A l'hotel Dieu exactement. Dans la cour pavée, sous les arcades silencieuses, paisibles... On écoutera les pierres, le bruit des pas dans les allées, discrets, respectueux...On regardera les pigeons s'envoler et on ramènera des images, avant liquidation, salopage intégral d'une mémoire, décérébrage du dôme. Avant copie conforme des vitrines à Gucci et autres Zilli and co... Avant de croiser des coquilles vides portant des sacs à lisières dorées, avant de contempler le spectacle de clones sarkozoïdes "tendance" veste en velours gold à losanges surpiquées, déambulant dans les allées  avec leur guide "shopping", infiniment "fashionable", et les autres, qui viendront rêver avec leur sac plastique en faux Vichy Tati, à tout ce qu'ils ne peuvent pas se payer. Consommateurs fantômes traînant au grand hôtel une toute autre maladie... Comme celle des fantômes du 8 Décembre qu'on voit errer dans les lumières plus absents que ceux des cimetières, déracinés, coupés du sens. Lierres en pot de chez Jardiland, légumes en serre, proliférant, sur toute cette belle tristesse dorée, tout sans histoire. Soufflot souffrant, mais pété de tunes. L'hôpital public saigné à blanc, mais à la mode mash potatoes relooké par Ferragamo...

Photo : L'Hotel-Dieu encore intouché sous un beau ciel en feu (profitez !). Prochainement dans les "flammes du pognon", en Dolby stéréo, écran géant, fashionorama, (images à suivre en 2010...)  On ne détruit pas le bâtiment, non, juste ce qu'il y a dedans ( une mémoire, quelques broutilles, en somme). A suivre donc... Lyon, vue des quais du Rhône. Août 2008. © Frb

18 septembre 2009

HOP

35 PLIS est de retour, et vient de nous sortir une petite perle hypnotique et pas piquée des verts, ânetons... Une vidéo fameuse avec des invités d'honneur, (que du beau linge !). Certains jours adore 35 PLIS, donc certains jours (dans son immense générosité) vous l'offre. Goûtez-moi ça. Vous m'en direz des nouvelles. Et que ça saute ! Allez HOP !

Remerciements à Sam Quentin et 35 PLIS de nous avoir communiqué la désopilante merveille. (Et pour la suite, Sam, c'est quand tu veux...)

Pour ceux qui ne connaissent pas encore 35 PLIS quelques liens :

http://www.samquentin.com/

http://www.myspace.com/35plis

04 septembre 2009

Des yeux pour voir

Il y a PERIL en la DEMEURE...


SILENCE on ferme.JPGPardonnez de déranger le gentil cours de la rentrée. J'ajoute d'urgence un billet relayant tous les autres billets qui ont déjà évoqué le sujet sur la toile et dans la presse +  la colère des cinéphiles, et autres passionnés (de Lyon et de Navarre) scandalisés par la nouvelle. Je pense tout particulièrement aux personnes qui ont oeuvré, qui oeuvrent et oeuvreront encore, on l'espère, dans tous les CNP pour nous faire découvrir un cinéma d'auteur, intelligent, exigeant, souvent sublime, des qui n'ont pas chômé pour tirer vers le haut notre plaisir et qu'on aimerait ne pas voir disparaître du paysage culturel de notre ville.

Trois cinémas lyonnais sont en effet menacés de fermeture définitive. Trois cinémas qui sont précieux pour Lyon et aimés des Lyonnais. Le premier, le cultissime cinéma ODEON de la rue Grôlée a déjà vu ses portes se fermer. Les deux autres CNP BELLECOUR, CNP TERREAUX, sont en attente de leur sort. Je ne recopierai pas le billet de SOLKO dans son intégralité, il est clair et précis, le billet de KL-LOTH, l'est aussi, pour mieux comprendre : LISEZ.

http://solko.hautetfort.com/archive/2009/09/01/fin-de-l-o...

http://kl-loth-dailylife.hautetfort.com/archive/2009/09/0...

Je suis passée cet après midi rue Grôlée, le titre s'affiche en rouge sur fond noir, mais c'est n'est pas un film. On aurait pourtant préféré...

Il y a déjà eu beaucoup de réactions contre cette décision inacceptable, un soutien réel qui peut encore modifier quelquechose. Le pétitionnisme n'est d'ordinaire pas mon fort, mais on a vu récemment des lieux à Lyon clairement menacés, être sauvés par la grâce de puissantes pétitions. Ces pétitions existent sous deux formes, l'une papier, sur les sites de Terreaux et Bellecour, (mais à l'heure où j'écris, il est trop tard pour se rendre sur les sites), l'autre lien ci-dessous, peut encore accueillir largement votre soutien.

http://www.mesopinions.com/Je-soutiens-les-cinemas-CNP-de...

Je vous livre la suite d'un courrier dont je ne prends connaissance hélas que ce soir (merci L.C.) :

"Nous présenterons ces pétitions à la mairie samedi 05/09/2009, au matin. Aussi, si ce n'est déjà fait, nous vous invitons à y joindre votre signature*.

La journée de samedi se déroulera en deux temps:

- Rassemblement à 9h30 place des Terreaux,
- A partir de midi, nous vous invitons à vous joindre à nous au CNP Odéon pour un buffet froid. Vous pourrez y contribuer librement en amenant un plat à partager.
- S'en suivra une ultime série de projections, et ce jusque tard dans la nuit. Nous vous réservons la surprise de la programmation concoctée par
l'association des Inattendus.

Prévoyez des coussins!

Merci de faire circuler l'information.

A très bientôt!

Le collectif
collectifsoutiencnp@gmail.com
www.soutenirlescinemascnp.org

Nous remercions "les inattendus", qui ont tiré le signal d'alarme, et font par ailleurs un travail remarquable, pour défendre le cinéma indépendant. Ceux qui les connaissent savent que c'est une équipe accueillante, passionnée, dont la démarche artistique et le festival étonnent à chaque fois, et permettent à un public de s'ouvrir à des créations, de "rebondir" sur d'autres découvertes voire de se rencontrer, ou d'échanger avec des artistes. Cela est vital, par les temps qui courent. Vous trouverez donc ici, le lien menant à leur site.

http://www.inattendus.com/

cnp int.JPG

En ce qui concerne la défense d'une culture qui ne s'occupe pas seulement de divertir, mais ouvre les perspectives d'univers artistiques aux propositions multiples qui font sens, j'espère que vous n'hésiterez pas à ajouter votre voix d'une manière ou d'une autre. Chaque intervention pesant de tout son poids. Je lisais parmi les commentaires qui peuvent s'ajouter aux côtés de la pétition, le dégoût, toute la honte, et l'indignation unanime que l'arrêt d'un cinéma tel que Le CNP ODEON (+ autres incertitudes du même sinistre lot), peuvent inspirer, non seulement aux purs cinéphiles, mais aussi aux citoyens lyonnais qui ont grandi avec ces cinémas, et ne veulent pas que le cinéma devienne celui structurellement unique des complexes semblables à des supermarchés, avec des films livrés au plus grand nombre, aux lois des box offices, qui laissent aux cinéastes indépendants le seul choix de crever dans leur marge ou de crever tout court. Quant au public, on lui refilera un hyperchoix de pacotille, étalonnant progressivement la culture vers le bas, par la volonté de patrons assez peu philanthropes et autres stratèges (ou "petits" commerciaux) qui n'ont pour souci, que de "cibler" (bizzness oblige !) en se faisant beaucoup de pognon sur le dos de la culture. Mais il y a aussi une marge (d'une toute autre dimension), entre ce qui se décide par décret ou en douce, et ce que désirent les gens. Il serait dommage de s'en tenir à une fatalité, un "c'est comme ça" qui ne ferait qu'ajouter à notre frustration. Pour les belles entreprises artistiques brutalement explosées, il faut croire que Lyon (capitale de la culture ? A d'autres !) est devenue spécialiste de ce genre de démolition. A quoi bon exhiber des vitrines si l'on a rien à mettre dedans ? Sinon du vide, encore du vide, qu'on appelle, (encore un terme qui leurre, non sans cynisme, sa "clientèle") : "le divertissement". Non, ce n'est pas forcément "comme ça". Beaucoup d'entre nous, grâce à ces CNP ont pu découvrir, Godard, Greenaway, Chris Marker, Carax, Resnais, Bresson, Tarkovsky, Cassavettes et j'en passe... Ou redécouvrir des classiques comme Fellini, Losey, Ozu, Kubrick, Antonioni, Wenders, Nicholas Ray  etc... Ou, plus risqué, des courts métrages tout à fait fulgurants de parfaits inconnus. Ceux qui finissent parfois par révéler un jour, de très grands réalisateurs. Si je citais tout le travail, effectué durant toutes ces années par les équipes dévouées aux CNP, ce blog entier n'y suffirait certainement pas... Il est assez logique que beaucoup d'entre nous soient choqués de voir que Lyon, ville qui a vu naître le cinéma, qui se vante (toujours en vitrine) d'être la ville des "frères Lumière" s'applique aujourd'hui sans grande concertation, ni respect, à faire mourir ce cinéma.

Il ne tient peut être qu'à nous. Faisons au mieux avec le peu que nous pouvons. Le coup porté aux CNP, étant aussi un mépris adressé au public, à la nécessité d'une grande ville et puis bien sûr au cinéma, il serait plus que regrettable de ne pas tenter quelquechose...

A suivre donc ...

Photo 1 :  Vue de la rue Grôlée, zoom sur l'affiche noire du CNP ODEON, beau cinéma, mais ce faire part est tout à fait intolérable.

Photo 2 : CNP ODEON, intérieur jour. Une entrée magnifique, et déjà, une note un peu triste, dans ce hall complètement vide. Dehors (hors champs) un groupe de gens discute, je n'entends pas, ça a l'air grave. En face, le magasin Zilli, en toute décomplexion, affiche une santé du diable, un hasard insolent : l'ironie du choc des mondes, (c'est ausi cela "Vivre à Lyon"), mais ne viendrait à personne, l'idée d'en sourire un instant... Lyon. Premier arrondissement. 04 Septembre 2009. ©

20 juin 2009

Antimatière

Le poteau noir *

Nous sommes depuis plusieurs jours déjà dans la région
du poteau
Je sais bien que l’on écrit depuis toujours le pot au noir
Mais ici à bord on dit le poteau
.

poteau noir.JPG

Le poteau est un poteau noir au milieu de l’océan où
tous les bateaux s’arrêtent histoire de mettre
une lettre à la poste
Le poteau est un poteau noir enduit de goudron où l’on
attachait autrefois les matelots punis de corde ou de
schlague
Le poteau est un poteau noir contre lequel vient se frotter
le chat à neuf queues.

Assurément quand l’orage est sur vous on est comme dans
un pot de noir
Mais quand l’orage se forme on voit une barre noire
dans le ciel et cette barre noircît s’avance, menace et
dame le matelot le matelot qui n’a pas la conscience
tranquille pense au pot au noir
D’ailleurs même si j’ai tort j’écrirai le poteau noir et
non le pot au noir car j’aime le parler populaire et
rien ne me prouve que ce terme n’est pas en train de muer ...

poteau23.JPG

Tous les hommes du Formose donnent raison à CENDRARS qui dans "sa feuille de route" partie du rapide de 19H40, explore "le coeur du Monde" en 1924.

Bien sûr c'était avant la catastrophe. Et puis c'était avant qu'on zappe un peu la catastrophe à cause de Michaël JACKSON, "le roi de la pop", dont nous ne sommes pas censés connaître la mort puisque ce billet datant du 20 Juin 2009 ne nous permet pas de communiquer des faits qui ne sont pas encore arrivés. Mais ce que notre Blaise ne nous dit pas (et que nous sommes bien obligés de constater), c'est que si l'on fixe longtemps le pot au noir, on peut lire l'avenir sans grande marge d'erreur. Vous n'avez qu'à tester. Encore faut il y croire très fort. Mais je ne pense pas qu'au regard d'une telle évidence, nos lecteurs aient l'outrecuidance d'en douter...

* "Le poteau noir" par  BLAISE CENDRARS in "Feuilles de routes", (le Formose), extrait de "Au coeur du monde" (poésies complètes 1924-1929). Editions Denoël 1947.

Photo: Le poteau noir (et ses  métamorphoses) dans la boîte noire. A la périphérie de quelquechose très difficile à situer sur la mappemonde. Juin 2009. ©

07 juin 2009

Comme un dimanche (chancelant)

"L'Europe ne peut être tranquille tant que la France n'est pas contente."

VICTOR HUGO

Pour lire cliquez 2X sur la vidéo.

http://www.lexpress.fr/actualite/politique/les-resultats-...

http://www.france24.com/fr/20090608-abstention-record-vic...

http://www.lemonde.fr/elections-europeennes/article/2009/...

Vue animée : Le drapeau européen livré à lui-même. Ou peut-être une prémonition ? Mini-filmée, à deux pas du pont Morand à Lyon, deux jours avant les élections européennes de Juin 2009. © Frb

02 juin 2009

L'anathème, tu briseras !

Tu briseras l'anathème.JPG"Mais non ! ce n'est pas son nouvel album ! notre Francis national se présente aux élections Européennes, les cheveux libres, en hypnotiseur écolo, (c'est nouveau, ça vient de sortir). Encore faut il savoir d'où vient "l'anathème" si vous avez loupé le début... Et si vous ne savez pas du tout ce que c'est que l'anathème, Wiki vous l'étymologise :

"Le mot vient du mot grec ανάθημα / anathêma, littéralement "suspendu", de ανά / ana, "en haut de" et de τίθημι / tithêmi, "placer", "poser" : "offrande religieuse", puis "voué aux Enfers".

Donc l'anathème, on brise ! pour sauver la planète. Ce qui est incroyable chez ce garçon, c'est son engagement sans limite, (oui, il en fait beaucoup, énormément,) et là encore pour la bonne cause : l'Alliance écologiste indépendante. Enfin, la bonne cause ! (une cause pas détestable, tout de même !) Lisez plutôt :

"Ce que l'on prône, c'est le gouvernement de l'humain par l'humain pour l'humain et pas le gouvernement de la croissance pour la croissance".

Très bien. Rien à redire. Tout le monde sera d'accord avec ça, n'est-ce pas ?

Et pourtant en regardant cette affiche, je ne sais pas si c'est dans le slogan, la photo ou le bonhomme, je me dis qu'il y a comme un petit quelquechose qui vrille... Les cuissardes peut-être ?

(Je rappelle à nos lecteurs que ce blog ne fait pas de politique ;-)

Photo : Francis LALANNE (l'extra-terrestre) se présente aux élections européennes 2009. Affiche officielle, vue rue de... Condé (oui ! authentiquement), à Lyon en Mai 2009. © Frb

Debout La République sera !

"Etre gaulliste c'est être au delà de la droite et de la gauche quand l'interêt national est en jeu"

NICOLAS DUPONT-AIGNAN (Forum RMC 04/06/2009)

les nouveaux romantiques.JPGLes nouveaux romantiques à la recherche du Général Nini.

http://www.rmc.fr/media/audio/Ecgn3i4crBemSkhc8SdUir6rjFn...

Photo: Elections européennes 2009. "Debout la république" sur fond mauve (à cause du "petit livre mauve"). Affiche vue sur le boulevard de la Croix-Rousse à Lyon en Mai 2009. © Frb.

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